Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a évité d’entrer en conflit avec le juge Juan Carlos Peinado, comme l’ont fait les ministres socialistes après avoir clôturé l’enquête sur le cas Begoña Gómez pour poursuivre son épouse pour quatre délits. Ce qu’il a exprimé, c’est sa conviction que « le temps remettra chaque chose et chacun à sa place ». Justement, le ministre de la Présidence et de la Justice, Félix Bolaños, a exprimé ce lundi sa « confiance absolue qu’un tribunal supérieur et impartial révoquera les décisions qui figurent dans cette instruction », ce sur quoi il a insisté ce mardi.
« Ce que je demande à la justice, c’est de rendre la justice », a simplement ajouté Sánchez lors d’une conférence de presse depuis la Chine ce mardi, après sa rencontre avec le président Xi Jinping, afin de ne pas détourner l’attention du message politique et économique du voyage. Il a ainsi tenté de régler l’affaire sans rentrer dans le sujet lorsqu’il est interrogé par les journalistes. Sous la direction de Ferraz, ils ont défiguré ce lundi que Peinado tenterait de compromettre la comparution aujourd’hui de Pedro Sánchez de Pékin, comme cela s’est produit lors d’autres voyages internationaux, en faisant coïncider ses décisions judiciaires avec elles.
Avec sa décision, le magistrat a refusé d’élargir l’enquête en ordonnant d’ouvrir la procédure pour délit d’intrusion professionnelle et de poursuivre la procédure contre Cristina Álvarez, conseillère de Gómez, pour les mêmes délits et contre l’homme d’affaires Juan Carlos Barrabés pour les deux premiers.
La résolution a suscité l’indignation, mais pas la surprise au sein du PSOE. Des sources du Parti Socialiste ont souligné que « au moment où il y aura une conférence de presse du Président du Gouvernement en voyage international » ou « lorsque l’on connaît des développements judiciaires qui affectent la direction du PP ou Mariano Rajoy », en référence à la séance de lundi du procès dans l’affaire Kitchen, « le juge Peinado nous surprend avec une résolution qui affecte l’épouse du président ».
Le chef de l’exécutif a rencontré mardi le président chinois, Xi Jinping, et a assisté au banquet officiel qui lui a été offert au Grand Palais du Peuple. Son agenda se poursuivra par une rencontre avec le président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale, Zhao Leji, et il assistera ensuite à la cérémonie de bienvenue offerte par le Premier ministre Li Qiang. Après avoir rencontré ce dernier, il signera un total de 19 accords bilatéraux, allant des domaines économique, éducatif et technologique jusqu’aux échanges culturels.
Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez (i), et le président chinois, Xi Jinping, avant leur rencontre ce mardi, à Pékin (Chine). / Borja Puig de la Bellacasa / Moncloa
Sánchez a commencé son programme de cette deuxième journée de visite officielle par une rencontre avec des investisseurs chinois. L’un des objectifs du voyage, outre la correction du déficit commercial, est précisément de conditionner les investissements chinois en Espagne pour que leurs bénéfices se fassent sentir dans le pays. Comme cela a été communiqué aux autorités chinoises, dans les conversations avec les investisseurs, l’accent a été mis sur des questions considérées comme essentielles et déjà en cours de négociation, comme par exemple si ces investissements génèrent des emplois locaux en Espagne et de la valeur ajoutée.