Jusqu’à 751.200 personnes tenteront d’accéder au processus de régularisation extraordinaire que le Conseil des ministres a approuvé ce mardi, mais seulement 503.000 personnes environ finiront par accéder à cette mesure. C’est l’opinion de la Fondation pour la Citoyenneté Globale, l’une des entités motrices de l’Initiative Législative Populaire (ILP), dont l’esprit a fini par être reflété par le Gouvernement dans le Décret Royal qui, dans les prochaines heures, doit être inclus au Journal Officiel de l’État. La fondation calcule ainsi qu’environ 67% des candidatures qui seront déposées entre ce jeudi 16 avril et le 30 juin prochain seront acceptées.
La Catalogne sera vraisemblablement la communauté autonome dans laquelle le plus grand nombre d’immigrés auront accès à cette mesure. Selon les calculs de Global Citizenship, 200 000 personnes demanderont la stabilisation de leur situation administrative en Catalogne, et 135 000 y parviendront.
Elle sera suivie, de loin, par la Communauté de Madrid, où Global Citizenship estime que 135 000 personnes tenteront de bénéficier de la septième régularisation extraordinaire depuis le rétablissement de la démocratie, et que quelque 90 000 obtiendront le permis de travail et de séjour d’un an offert par le gouvernement.
En troisième position se trouvent l’Andalousie et la Communauté valencienne. Dans les deux autonomies, la Fondation estime que 90 000 personnes tenteront d’accéder à la régularisation et qu’environ 60 000 y parviendront. Au total, ces quatre communautés – les plus peuplées d’Espagne et celles qui comptent le plus de population étrangère et d’activité économique – concentreront près de 70 % des demandes de régularisation approuvées.
Déjà très loin se trouve Murcie, où l’on prévoit que 25 000 régularisations seront approuvées ; le Pays Basque (20 000), les Îles Canaries et les Îles Baléares (17 500), Castille – La Manche (16 000), Aragon (14 500), la Galice (12 000) ou encore Castille et León (11 000). Les communautés dans lesquelles on attend le plus petit nombre de personnes régularisées, outre les villes autonomes de Ceuta (650) et Melilla (1.500), sont l’Estrémadure (3.000), la Cantabrie (3.500), La Rioja (4.000), les Asturies (4.500) et la Navarre (7.500).
Estimations et calculs
Les calculs, selon des sources de la Global Citizenship Foundation, proviennent de l’Institut national de la statistique (INE) et d’études de la Fundación por Causa qui chiffrent un phénomène aussi difficile à quantifier que les personnes vivant en situation irrégulière sur un territoire donné. Avec ces données, et en tenant compte du fait que le flux approximatif de personnes qui entrent en situation irrégulière chaque année en Espagne est d’environ 250 000 personnes, la fondation estime combien de personnes pourraient bénéficier de la mesure et affirme qu’environ un tiers des demandes de régularisation seront rejetées, comme l’a également souligné le gouvernement ce mardi.
Les mêmes voix soulignent que, bien qu’il s’agisse d’estimations, les chiffres coïncident avec les prévisions publiées tant par le Gouvernement que par les communautés autonomes. Des sources du ministère de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations ont en effet indiqué ce mardi dans des déclarations recueillies par EL PERIÓDICO que quelque 750 000 candidatures sont attendues, les mêmes que celles calculées par la Fondation pour la citoyenneté mondiale.
Les chiffres fournis par la fondation sont également proches de ceux que la Generalitat de Catalogne a produits ces derniers mois. Le Département des droits sociaux avait déjà souligné en février qu’entre 120 000 et 150 000 habitants en Catalogne bénéficieraient de cette mesure, des chiffres que la porte-parole de la conseillère municipale, Sílvia Paneque, a rappelé ce mardi.
Moins qu’avec Zapatero
Les estimations de la Global Citizenship Foundation sont cependant loin des prévisions les plus ambitieuses de certaines entités comme Regularization Now, qui ont même prédit que la mesure pourrait bénéficier jusqu’à 800 000 personnes. En effet, les chiffres publiés par l’entité sociale prédisent que dans ce processus extraordinaire, moins d’immigrés seront régularisés qu’avec la dernière mesure similaire, promue sous le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero. A cette époque, en 2005, la situation administrative de 576.506 personnes avait été résolue, soit 73.000 de plus que celles attendues dans les mois à venir.