Au cours du mois de juin, le gouvernement a accéléré les dépenses militaires et les injections dans le soi-disant Plan industriel et technologique de sécurité et de défense, qui régit l’engagement avec l’OTAN d’augmenter les investissements à 2,1% du PIB. Aux portes du sommet de l’Alliance qui se tiendra mardi et mercredi prochains à Ankara (Turquie), le Conseil des ministres a autorisé un total de 8,45 milliards d’euros. Via des transferts vers la Défense, des achats d’armes ou le financement de la participation des forces armées aux missions de l’OTAN.
À cela s’ajoutent des prêts urgents pour financer des programmes industriels et technologiques liés à la modernisation des forces armées. Parmi elles, plusieurs sociétés de développement technologique et industriel de programmes de modernisation de systèmes de missiles dans le domaine aéro-naval, justifiées « pour respecter les engagements internationaux en matière de sécurité et de défense ». Outre le ministère dirigé par Margarita Robles, le ministère de l’Industrie a également reçu des transferts « afin de financer la mise en œuvre des actions prévues dans le Plan industriel et technologique de sécurité et de défense ». Plus précisément 1 399 millions.
Les postes les plus importants consistent à acquérir « divers systèmes d’armes, matériels, munitions et équipements », pour une valeur estimée à 3,521 millions d’euros, et à exécuter un projet visant à « renforcer la sécurité et la résilience des réseaux avec des communications 5G », pour un montant de 3,643 millions d’euros. Pour ce dernier, un transfert a été opéré du ministère de la Transformation numérique vers le ministère de la Défense, dans le cadre des engagements cybersécurité du plan de relance de l’Union européenne.
Avec l’extension des budgets, le gouvernement continue de puiser dans le fonds de réserve pour les transferts de crédits à la Défense depuis d’autres ministères sans passer par le Congrès. Ainsi, 374 millions d’euros ont été imputés au fonds de prévoyance pour couvrir les dépenses occasionnées par la participation des forces armées espagnoles aux opérations de maintien de la paix.
L’Exécutif insiste habituellement sur le fait qu’au-delà des critiques adressées à l’Espagne pour ne pas s’être engagée à augmenter ses dépenses militaires à 5%, ce sont les pays de l’Alliance qui augmentent le plus leur budget en chiffres absolus. D’une vision transversale de la sécurité, telle qu’ils la défendent, qui se concentre également sur l’évolution technologique ou la cybersécurité. Par le développement de technologies à double usage, civil et militaire. Tout cela combiné au message de « non à la guerre » lancé par Pedro Sánchez et qui a accru les tensions avec les États-Unis après le conflit au Moyen-Orient.
Le Ministère de l’Industrie a également reçu 1,399 millions de transferts « afin de financer la mise en œuvre des actions prévues dans le Plan Industriel et Technologique de Sécurité et de Défense ».
D’autres dépenses imprévues autorisées au cours du mois de juin concernent les dommages causés par un manchon marin dans les installations de l’Arsenal de Cadix de la base navale de Rota (Cadix) et pour la réparation desquels 776 millions ont été alloués. Pour la maintenance des avions à usage officiel Falcon 900, Airbus 310 et Cessna Citation V, le montant actuel a été prolongé de 118 millions d’euros sur quatre ans. De même, le dernier Conseil des ministres, axé sur la prolongation du décret anti-crise dû à la guerre en Iran, a permis d’approuver l’achat de camions et d’excavatrices pour l’armée pour 16,6 millions.
Des dépenses triplées en huit ans
Malgré l’accélération des dépenses de défense ces dernières semaines, l’Exécutif a déjà commencé l’année en faisant ses devoirs. Au cours du seul premier trimestre, les dépenses ont augmenté de 25% par rapport à la même période de l’année précédente, ajoutant des éléments pour une valeur totale de 2,135 millions d’euros.
Face à la pression de l’administration de Donald Trump, la Moncloa souligne que depuis l’arrivée de Pedro Sánchez au gouvernement, les dépenses de défense ont triplé et plus de 3 000 soldats ont été déployés dans différentes missions de l’Alliance, notamment sur le flanc oriental. D’un autre côté, il est justifié que le bon développement de l’économie et la croissance du PIB signifient que pour maintenir les dépenses au niveau fixé de 2,1%, il faut augmenter les postes de défense.