La Diada s’est terminée vendredi à Barcelone avec 18 détenus et neuf agents des Mossos légèrement blessés après les émeutes menées par des manifestants antifascistes qui protestaient contre la marche du groupe néo-nazi Núcleo Nacional, organisée quelques heures auparavant. La nuit a laissé plusieurs conteneurs incendiés, des pierres, des bouteilles et des feux d’artifice lancés sur la police et plusieurs charges du Brimo pour disperser les groupes qui restaient encore dans la zone.
Sept des personnes arrêtées ont été traduites en justice ce samedi et ont été libérées, comme l’a informé l’ACN le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne (TSJC). Les dossiers restent ouverts pour atteinte à l’autorité, dommages et intérêts ou les deux crimes, selon les faits attribués à chacun.
Au total, les Mossos ont procédé à 18 arrestations, dont dix mineurs. Dix-sept arrestations – neuf mineurs et huit adultes – ont eu lieu dans le quartier de l’Arc de Triomphe, tandis que la dernière, également mineure, a eu lieu sur la Place de Catalogne.
Les moments de plus grande tension ont été vécus sur le Passeig de Sant Joan, après que la contre-mobilisation antifasciste ait quitté la place Jacint Verdaguer, où, dans l’après-midi, elle avait tenté d’empêcher la marche convoquée par le Noyau National. Un gros appareil Mossos a maintenu les deux groupes séparés pendant des heures pour éviter une confrontation directe.
Environ 70 personnes se sont rassemblées d’un côté du cordon policier, convoquées par le groupe néonazi sous le slogan « Catalanidad es Hispanidad ». D’autre part, plus d’un millier de manifestants antifascistes ont rejeté la présence du groupe ultra et ont également accusé la police. Certains d’entre eux ont qualifié les Mossos de « traîtres » pour avoir gardé la mobilisation et permis qu’elle ait lieu.
Conteneurs brûlés
La tension s’est ensuite déplacée vers l’Arc de Triomphe. Vers 20h00, plusieurs manifestants ont incendié trois conteneurs entre le Passeig de Sant Joan et la Ronda de Sant Pere, tandis que les attaques contre le cordon de police s’intensifiaient. Lors des incidents, des pierres, des bouteilles, des feux d’artifice et de la peinture ont été lancés sur les agents, comme a pu le vérifier ce journal. Neuf policiers ont été légèrement blessés.
Les émeutes se sont poursuivies après 21h00. Un groupe d’environ 200 personnes s’est déplacé vers le confluent du Passeig de Sant Joan et de la rue Ausiàs March, où des chaises d’une terrasse ont été lancées sur les fourgons de police et un autre conteneur a été incendié.
Les Mossos se sont alors avancés vers les manifestants, accompagnés de fourgons Brimo, et ont mené plusieurs charges pour les disperser. La police catalane affirme que pendant le dispositif il y a eu « un recours ponctuel à la défense pour contenir les tentatives de franchir la ligne policière » et garantir la sécurité des policiers et des manifestants.
L’action policière a également ouvert un front politique. Junts et le CUP ont demandé des explications au gouvernement sur ce qu’ils considèrent comme un « usage disproportionné de la force », alors que les Mossos avaient déjà mené des accusations avant les altercations ultérieures. L’Assemblée nationale catalane (ANC) s’est jointe aux critiques et a dénoncé dans un communiqué que les arrestations étaient « irrégulières » et que certaines des personnes arrêtées avaient subi un traitement « vexatoire ».
Deux concentrations opposées
L’origine des altercations réside dans les deux mobilisations opposées convoquées dans l’après-midi. Le Núcleo Nacional, un groupe néo-nazi, avait convoqué ses partisans à 18h00. sur la place Verdaguer. Selon les données de la police urbaine, environ 70 personnes ont soutenu cet appel.
La manifestation a provoqué une réaction antifasciste beaucoup plus large. Environ 1.500 personnes, selon la Garde Urbaine, ont participé à la mobilisation contre le Noyau National et se sont déplacées vers Verdaguer avec l’intention d’empêcher l’avancée du groupe ultra.
Les Mossos ont déployé des dizaines de policiers anti-émeutes et de fourgons de police et ont érigé un cordon dans la rue Majorque pour séparer les deux groupes. Le dispositif a empêché un affrontement direct entre les deux manifestations, mais la tension a fini par se déplacer vers le Passeig de Sant Joan et l’Arc de Triomf, où se sont concentrés les incidents qui ont abouti aux 18 arrestations.