Après un long été, la rentrée scolaire est arrivée et avec elle aussi le retour à la routine. Pour de nombreux enfants, cette rentrée scolaire est généralement une période particulièrement difficile, car ils reprennent les habitudes quotidiennes qu’ils ont laissées de côté pendant l’été. Ce début est encore plus compliqué pour les plus petits, qui vivent cette aventure pour la première fois sans bien comprendre pourquoi leurs parents les confient à d’autres personnes.
Cette angoisse de séparation ne touche pas seulement les plus petits, mais aussi les parents, qui ne trouvent pas du tout agréable de dire au revoir à leurs enfants entre cris et crises de colère. Il est vrai qu’au fil des années, différentes mesures ont été adoptées pour faciliter ce moment, mais celles-ci ne fonctionnent pas de la même manière pour tout le monde. C’est pourquoi l’enseignante Eva Matsa a publié une vidéo sur les réseaux sociaux rappelant qu’il y a « des choses qui se sont normalisées, mais qu’il ne faut pas accepter ».
« Ce n’est pas un caprice, c’est soigner le lien »
Tout d’abord, l’enseignant explique que la croyance selon laquelle « une bonne adaptation se mesure au fait qu’il pleure ou non » est très loin de la réalité. En ce sens, ce que l’enseignant entend clarifier, c’est que « pleurer beaucoup ou pleurer un peu n’indique pas une adaptation meilleure ou pire; ce qui compte vraiment, c’est qu’à la fin du processus, personne ne pleure: ni en entrant ni en disant au revoir ».
À de nombreuses reprises, les parents doivent entrer en classe avec l’enfant, en l’accompagnant dans le processus afin qu’il sache qu’il n’est pas seul. Cependant, la croyance s’est répandue selon laquelle il s’agit d’une pratique qui provoque plus de souffrance chez l’enfant, alors qu’en réalité « la pratique de l’accompagnement en classe les premiers jours est soutenue par la pédagogie de l’adaptation », rappelle Matsa. Ainsi, ajoute-t-il sans détour : « Il ne faut pas accepter qu’on vous dise de ne pas entrer dans la classe ‘pour qu’ils ne souffrent pas’. Ce n’est pas un caprice, c’est soigner le lien tout en instaurant la confiance dans le nouvel espace. »
« Il n’y a pas d’urgence »
La prochaine chose que l’enseignant essaie de clarifier est que la période d’adaptation scolaire doit être un processus flexible, axé sur les besoins émotionnels de chaque enfant, et ne doit pas être régie par « le plus tôt il s’y habituera, le mieux ce sera ». Comme le dit l’enseignant, « rien ne presse ». Ainsi, selon ses propres mots, « une adaptation bien faite respecte le rythme de chaque enfant, pas un calendrier standard d’une semaine et c’est tout ».
Enfin, Matsa explique que dans ce processus, il y a trois concepts complètement nouveaux pour l’enfant qui entre à l’école pour la première fois, et qu’il doit les comprendre et s’y adapter tout en apprenant la « séparation » avec ses parents. « Cela vaut la peine de les découvrir sereinement », dit-il à propos de ce type de liens. Il s’agit du compagnon (éducateur), des compagnons et de l’espace. « Autant que possible, donnons-nous le temps de construire les trois et pas seulement de surmonter la séparation », insiste Matsa.
« Bienvenue dans l’une des périodes les plus agitées de l’année »
Bref, l’adaptation à l’école est un processus difficile, surtout pour ceux qui vivent leur première expérience en classe, mais pour cela, les parents doivent être conscients que « l’adaptation ne consiste pas à se séparer rapidement : il s’agit de construire un lien ». De même, ils doivent également garder à l’esprit que chaque enfant est différent et qu’une méthode différente fonctionnera pour chacun. Comme l’explique l’enseignant, ils ne sont pas obligés d’accepter certaines attitudes et pratiques devenues normalisées.
« Bienvenue dans l’une des périodes les plus ‘turbulentes’ de l’année », conclut Matsa à propos de sa rentrée scolaire après avoir rappelé certaines des croyances les plus récurrentes qu’il n’y a aucune raison d’accepter. Au message de bienvenue, il ajoute : « Cela me fait plaisir de penser que de plus en plus de centres se concentrent sur le lien et non sur la séparation. Qu’ils se soucient du bien-être de l’enfant et de la famille et respectent les temps nécessaires. »