Le rapport PISA 2025, l’évaluation internationale organisée par l’OCDE depuis 2000 pour les élèves de 15 ans, souligne une fois de plus un écart de performance scolaire en Espagne et place l’Andalousie en dessous des moyennes nationales et de l’Union européenne dans les trois grandes compétences évaluées : sciences, lecture et mathématiques. La distance est particulièrement visible en mathématiques et en sciences, les deux matières dans lesquelles les élèves andalous restent 15 points en dessous de la moyenne espagnole.
Le principal sujet évalué dans cette édition a été la science. L’Andalousie obtient un score moyen de 462 points, contre 477 pour l’Espagne, 481 pour l’ensemble de l’UE et 482 pour la moyenne de l’OCDE. La communauté se situe ainsi 15 points en dessous de la moyenne espagnole et 19 en dessous de la moyenne européenne. Dans l’ensemble du pays, les performances espagnoles sont nettement inférieures à la moyenne de l’OCDE, même si le rapport ne constate pas de différences significatives par rapport à l’UE dans son ensemble.
La photographie se dégrade en lecture, où l’Andalousie atteint 441 points. L’Espagne se situe à 451, l’UE à 459 et l’OCDE à 461. Autrement dit, le corps étudiant andalou est dix points en dessous de la moyenne nationale et 18 en dessous de la moyenne européenne. En outre, PISA prévient que la détérioration de la compréhension écrite en espagnol s’est accélérée au cours du dernier cycle : le score national est passé de 496 points en 2015 à 451 en 2025, avec une baisse particulièrement forte à partir de 2022.
En compréhension écrite, les élèves andalous sont dix points en dessous de la moyenne nationale et 18 en dessous de la moyenne européenne.
En mathématiques, l’Andalousie enregistre 442 points, contre 457 pour l’Espagne et 463 obtenus par la moyenne de l’UE et de l’OCDE. C’est le plus grand écart andalou par rapport à l’Europe des trois matières analysées : 21 points. Ici aussi, l’Espagne est sur une trajectoire descendante, passant de 486 points en 2015 à 457 aujourd’hui.
Andalousie, dans la continuité des îles Canaries, de la Communauté valencienne, de Ceuta et Melilla
Près de 30 000 étudiants de 956 centres ont participé au PISA 2025 en Espagne, dans un échantillon représentatif d’étudiants de 15 et 16 ans. 77% étaient en quatrième année de l’ESO.
Les résultats placent l’Andalousie dans la zone inférieure de la comparaison régionale dans les trois compétitions. En sciences, Madrid est en tête du classement, avec 495 points, Castilla y León, avec 493, et les Asturies, avec 492. En lecture, les Asturies sont en tête, avec 471, tandis que Madrid occupe la première position en mathématiques avec 477.
Si l’on exclut la Catalogne, dont les données, selon le rapport lui-même, ne doivent pas être utilisées pour des comparaisons territoriales en raison du manque de représentativité de l’échantillon, l’Andalousie reste dans l’ensemble dans le fourgon de PISA, aux côtés des îles Canaries et de la Communauté valencienne, avec Ceuta et Melilla derrière.
Le résultat PISA n’est pas seulement négatif. L’étude indique que l’Espagne compte une proportion plus faible d’étudiants en dessous du niveau minimum de compétence scientifique que l’OCDE et l’UE, même si elle compte également moins d’étudiants aux niveaux de performance les plus élevés. En outre, les différences de résultats entre étudiants favorisés et défavorisés en raison de leur origine socio-économique sont plus faibles en Espagne que dans les deux référentiels internationaux, une tendance qui se reproduit dans toutes les communautés autonomes.
Les étudiants andalous se démarquent par leur persévérance et contre le harcèlement
Tous les indicateurs ne laissent pas l’Andalousie en bas du tableau. La communauté se distingue notamment par la persévérance de ses élèves, comprise par PISA comme la capacité à maintenir l’effort et l’implication dans l’apprentissage face aux difficultés. L’Andalousie obtient un indice de 0,33, le troisième plus élevé d’Espagne, juste derrière l’Estrémadure (0,36) et Murcie (0,34), et nettement supérieur au 0,26 du groupe national. La distance est encore plus grande par rapport aux références internationales : la moyenne de l’OCDE est de 0 et la moyenne de l’UE est de -0,04. Parmi les étudiants andalous, l’indicateur monte également à 0,49, pratiquement en tête du classement régional.
La section sur l’équité éducative offre également une image plus favorable. La distance en sciences entre les étudiants andalous ayant le niveau socio-économique le plus élevé et le plus bas est de 68 points, inférieure au 71 en Espagne, au 85 dans la moyenne de l’OCDE et, surtout, au 94 dans l’Union européenne. L’Andalousie fait ainsi partie des communautés dans lesquelles l’origine sociale détermine moins les résultats que dans les grands référentiels internationaux et nationaux, même si l’écart reste considérable. Le rapport lui-même conclut que toutes les communautés espagnoles présentent des inégalités socio-économiques plus faibles que celles de l’UE et de l’OCDE.
Et il y a un troisième élément qui peut servir de paragraphe final, plus social qu’académique. L’Andalousie est moins exposée au harcèlement que les moyennes espagnole, européenne et de l’OCDE : son indice est de -0,26, contre -0,24 en Espagne, -0,11 dans l’UE et -0,07 dans l’OCDE. En matière de cyberintimidation, seulement 1,9 % des étudiants andalous déclarent que des informations offensantes les concernant ont été diffusées sur Internet sans leur consentement, contre 3,1 % dans l’UE et 3,2 % dans l’OCDE.
En ce sens, le gouvernement andalou a durci depuis cette année la réponse disciplinaire aux cas d’intimidation. Le ministère de l’Éducation vient d’approuver un décret qui introduit une mesure particulièrement pertinente : lorsqu’un cas de harcèlement est avéré dans un institut, le changement de centre de l’élève responsable deviendra, « en termes généraux », la mesure qui devra être imposée. Jusqu’à présent, le transfert n’était qu’une des sanctions possibles envisagées pour les comportements gravement préjudiciables à la coexistence. Ainsi, à partir de ce mardi, le changement de centre devient la mesure de référence dans les cas considérés comme du harcèlement.