Les agents de la Police nationale ont déjà étendu les contrôles aléatoires de documents à tous les ports et aéroports espagnols où arrivent des navires de croisière ou des avions en provenance d’Italie, selon des sources du ministère de l’Intérieur qui ont informé EL PERIÓDICO.
Dans un premier temps, les inspections ont été réalisées dans les aéroports Adolfo Suárez-Madrid-Barajas et Josep Tarradellas-Barcelone-El Prat. Plus tard, ils ont été étendus à ceux de Malaga, Séville, Bilbao et Valence ; et ceux des Canaries et des Baléares. Le premier jour d’application de la mesure, l’Exécutif a indiqué avoir effectué des contrôles aux frontières sur 199 passagers de pays tiers en provenance d’Italie sur 12 vols.
Concrètement, à l’aéroport Adolfo Suárez Madrid-Barajas, un vol en provenance de Rome a été contrôlé, avec 83 passagers nationaux en provenance de pays tiers contrôlés par 4 agents. À El Prat de Llobregat, à Barcelone, les contrôles ont été appliqués à deux vols en provenance de Milan et Rome, avec 67 passagers contrôlés par 8 agents, étant les aéroports avec le plus grand nombre de contrôles ce samedi.
À l’aéroport de Séville, les voyageurs de deux vols en provenance de Bologne et de Florence ont été contrôlés, avec 11 passagers contrôlés par 4 agents, tandis qu’à Bilbao, un vol en provenance de Rome a été contrôlé, avec 5 passagers et 3 agents déployés. Trois vols ont été inspectés à Valence, en provenance de Cagliari, Naples et Bari, avec 33 personnes vérifiées par 8 fonctionnaires, rapporte Europa Press.
Concernant les ports, le ministère de l’Intérieur a indiqué que ce samedi un seul bateau de croisière en provenance d’Italie devait arriver au terminal de croisière du port de Barcelone, sur lequel il a annoncé que des contrôles aléatoires seraient effectués. Ce journal a pu confirmer que ce dimanche la Police n’a pas demandé de documents aux passagers d’un ferry de la ville italienne de Gênes de la compagnie GNV.
Publié dans le BOE
En ce sens, le Journal Officiel de l’État (BOE) a publié dimanche l’arrêté du ministère de l’Intérieur par lequel il a été convenu de rétablir temporairement les contrôles aux frontières intérieures des ports et aéroports pour les voyageurs en provenance d’Italie face à « la pression migratoire sur la route de la Méditerranée centrale ».
« La règle répond aux principes de nécessité et d’efficacité, en identifiant l’objectif visé de minimiser les risques dérivés de la pression migratoire de la Méditerranée centrale et du mauvais respect par la République italienne des nouvelles règles européennes de responsabilité en matière d’asile », a soutenu l’Exécutif.
« La mesure fera l’objet d’une évaluation permanente et deviendra caduque avant la date prévue lorsque les menaces qui ont motivé son adoption auront disparu », a indiqué le ministère, rappelant que la mesure ne peut être automatiquement prolongée. Toute prolongation doit être accordée par une nouvelle décision motivée, après une évaluation actualisée de sa nécessité et de sa proportionnalité et dans le respect des exigences et procédures établies dans le code frontières Schengen.
10% du billet
Ces actions ont été initialement menées dans les aéroports par une centaine d’agents de la Police Nationale stationnés aux postes frontières qui combinaient ces actions avec d’autres fonctions de leur spécialité. La police effectue des contrôles « de manière aléatoire, et non systématiquement », sur les passagers ressortissants de pays tiers, afin de vérifier le respect des exigences du code frontières Schengen.
Dans le cas du trafic aérien, chaque avion est contrôlé par entre 2 et 4 policiers, selon la taille du passager, qui vérifient les papiers de 5 à 10 pour cent des voyageurs, ce qui représente en moyenne 15 personnes soumises au contrôle sur les vols avec avions de taille moyenne et 25 personnes sur les gros avions, complète Interior.
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, estime que la réaction de l’Espagne en introduisant des contrôles aux frontières en réponse à ceux imposés par l’Italie après l’entrée massive d’immigrants à Ceuta est « incompréhensible et totalement inacceptable ».
Cependant, le commissaire européen à l’Intérieur et à la Migration, Magnus Brunner, a assuré avoir reçu des signaux de l’Espagne et de l’Italie sur la fin prochaine de l’épisode de tension déclenché par l’imposition mutuelle des contrôles aux frontières, suite aux conclusions qu’il a tirées après s’être entretenu avec les chefs de l’Intérieur des deux pays, Fernando Grande-Marlaska et Matteo Piantedosi.