Les centres catalans de soins primaires (CAP) appliquent déjà le système d’incitation renouvelé pour accorder plus de ressources aux équipes qui réduisent les temps d’arrêt de travail de leurs patients et accélèrent leur diagnostic et leur guérison ultérieure. Malgré les critiques de la communauté sanitaire et de certains groupes politiques, le Ministère de la Santé poursuit son projet d’accélérer les tests de diagnostic dans les centres qui parviennent à faire correspondre les délais de sortie avec ceux marqués comme optimaux par la Sécurité Sociale, comme l’a avancé le « Rac 1 » et ce média a pu le confirmer.
Le ministère de la Santé insiste sur le fait que le budget alloué à ces incitations est entièrement destiné aux centres pour payer les examens médicaux et que les médecins ne recevront pas un seul euro de prime ou de complément de salaire pour un volume plus ou moins important d’inscriptions ou d’annulations. Une pratique considérée comme illégale par les tribunaux et qui a valu à la Sécurité sociale des décisions contraires dans d’autres communautés autonomes, comme le rapporte ce média.
Depuis 2019, le ministère de la Santé dispose d’un programme qui alloue un renforcement budgétaire aux CAP qui réduisent le temps nécessaire au traitement, au diagnostic et finalement à la sortie d’un patient. La santé publique catalane peut encore être améliorée, tandis que les travailleurs catalans mettent 40 % plus de temps à consulter un médecin que le reste des Espagnols, selon le dernier rapport Pimec sur le sujet. Ce retard de prise en charge est une des nombreuses causes qui expliquent l’augmentation progressive des incapacités temporaires (IT).
Aujourd’hui, il a renouvelé ledit accord, afin de fournir 5% de fonds supplémentaires aux centres qui enregistrent des réductions de la durée moyenne des arrêts de travail dans deux pathologies qui augmentent particulièrement, tant en nombre qu’en durée : la santé musculo-squelettique et mentale. Les premiers sont les plus nombreux, au point qu’un arrêt de travail sur quatre délivré en Catalogne découle de fractures osseuses, de maladies musculaires ou de blessures. Et les seconds sont les tableaux qui augmentent le plus, doublant par rapport aux records d’avant covid, selon le dernier rapport de l’Airef sur l’incapacité temporaire.
Le renouvellement de cet accord a généré un malaise et une controverse au sein d’une partie de la communauté sanitaire, qui y voit une tentative de mettre les centres en concurrence entre eux pour accélérer les sorties de manière précipitée, selon eux. Et un malaise qu’a ressenti son dérivé politique il y a un mois, lorsque ERC, Comuns et CUP ont exigé que la ministre de la Santé, Olga Pané, retire immédiatement ce programme d’incitation. Les syndicats majoritaires s’y sont également opposés, tandis que du côté opposé, le patronat l’a applaudi.
La leader du Comuns, Jessica Albiach, a déclaré après avoir rencontré le président Salvador Illa pour se mettre d’accord sur les budgets (maintenant retirés) que « le ministère de la Santé garantira qu’aucun médecin ni aucun CAP ne verront leurs conditions économiques conditionnées par le nombre et la durée des arrêts maladie et que les critères professionnels prévaudront toujours ». Le gouvernement comprend que le programme d’incitation ne poursuit aucun critère économique et qu’il vise uniquement à améliorer la santé des patients, c’est pourquoi il a continué à le mettre en œuvre.
Vers le bas vers le haut
L’augmentation progressive des incapacités temporaires (IT) inquiète les administrations et constitue un sujet récurrent dans les forums économiques. Le nombre d’arrêts de travail enregistrés en Catalogne a pratiquement doublé au cours de la dernière décennie, pour atteindre 2,3 millions en 2024, selon les données officielles de la Sécurité sociale. Une tendance commune dans le reste de l’Espagne et de l’Europe et qui a ses causes dans la visibilité et l’augmentation des pathologies de santé mentale, l’allongement des listes d’attente et le vieillissement de la population active, plus susceptible de provoquer des arrêts maladie moins nombreux et plus longs, entre autres.
Le conseiller Pané s’est fixé comme objectif de contenir cette augmentation des handicaps et y répond à partir de différents domaines. Son initiative visant à accrocher des affiches d’information dans les cliniques demandant aux Catalans de faire « bon usage » des prestations d’invalidité temporaire a également suscité une controverse, comme l’a rapporté ce média. Une autre mesure sur laquelle travaille l’administration catalane est de permettre aux médecins urgentistes des hôpitaux de pouvoir signer et que le travailleur n’ait pas à se présenter ultérieurement au CAP. Ce changement de protocole vise à réduire la bureaucratie et à décongestionner les procédures pour les médecins de premier recours.
La Catalogne a également été l’une des premières (et les rares) communautés autonomes à avoir signé un accord avec la Sécurité sociale pour permettre aux mutuelles collaboratrices de réaliser des tests de diagnostic et des interventions sur des patients ayant souffert d’une maladie d’origine traumatique pendant leur temps libre. Par exemple, si une personne se casse le genou en jouant au soccer la fin de semaine, elle devra d’abord se faire soigner par la santé publique et prendre le temps indiqué sur la liste d’attente. Désormais, si vous l’acceptez, vous pouvez demander à la mutuelle de votre entreprise de le traiter et d’accélérer les démarches. Cet accord – seules trois autonomies l’ont signé pour le moment – est en phase de test en Catalogne et n’est pas encore largement applicable.