Le gouvernement dispose d’un allié important pour promouvoir l’interdiction de l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. La Commission européenne a annoncé ce mercredi que sa solution technologique pour vérifier l’âge sur Internet « est désormais prête », une confirmation qui accélère son adoption dans notre pays.
L’Exécutif espagnol a présenté il y a presque deux ans un projet de loi pour la protection numérique des mineurs, avec lequel il vise à empêcher les garçons et les filles d’accéder à des contenus inappropriés tels que la pornographie, la violence ou les jeux de hasard. Ce règlement ambitieux est bloqué au Congrès des députés, attendant que plus d’une centaine d’amendements enregistrés par différents groupes soient débattus.
Jusqu’à ce que son traitement soit autorisé par les tribunaux, l’Espagne activera à la fin de cette année le portefeuille européen d’identité numérique (eID), une nouvelle méthode d’authentification sécurisée pour le monde numérique promue depuis Bruxelles. Ce portefeuille fonctionnera comme une pièce d’identité numérique, mais dans notre pays il servira également à vérifier l’âge des internautes et à confirmer s’ils ont l’âge légal (ou 16 ans s’ils souhaitent accéder aux réseaux sociaux).
L’Union européenne a conçu un prototype open source permettant aux États membres de créer leur propre application nationale de vérification de l’âge, similaire à celle activée pendant la pandémie de Covid. Comme l’Espagne était en avance sur la démo présentée par Bruxelles en cours de développement, sa solution technologique « n’utilise pas de morceaux de code de l’implémentation de référence », même si elle sera interopérable, explique le ministère de la Transformation numérique et de la Fonction publique à EL PERIÓDICO.
La cybersécurité à l’épreuve ?
L’UE assure sur son portail technique que sa solution ne connaîtra pas l’identité ni l’âge exact de l’utilisateur, seulement si elle respecte ou non la limite établie dans chaque cas. Le certificat ne stockera pas non plus de données personnelles telles que le nom ou la date de naissance, garantissant ainsi votre confidentialité. Ceci est possible grâce à un protocole cryptographique appelé Preuve de connaissance zéro (preuve de connaissance nulle), méthode dans laquelle un tiers confirme que la déclaration de l’utilisateur est vraie.
Le prototype européen de vérification de l’âge n’avait pas besoin d’être opérationnel pour souffrir de problèmes de cybersécurité. Bien que la présidente de la CE, Ursula von der Leyen, ait assuré début avril que la solution était « techniquement prête », il a fallu moins de deux heures aux pirates informatiques éthiques et aux experts en cryptographie pour révéler d’importantes failles de sécurité qui ont permis aux attaquants de détourner l’identité des utilisateurs et de laisser leurs données sensibles exposées. Bruxelles a répondu en assurant que l’erreur avait été corrigée et que le code « sera constamment mis à jour et amélioré ».
Le prototype de portefeuille numérique conçu en Espagne « a surmonté des processus de certification de cybersécurité longs et complexes, au cours desquels il n’était pas possible de pirater l’application par des laboratoires spécialisés », explique le gouvernement. De plus, et avant d’être adoptée, l’application de vérification de l’âge sera testée par le Centre national de cryptologie et, par la suite, par l’Agence européenne de cybersécurité (ENISA).
Qu’est-ce qui va changer pour l’utilisateur ?
Pour des raisons pratiques, l’utilisateur doit scanner la puce intégrée à sa carte d’identité ou son passeport et enregistrer une vidéo pour comparer son visage avec celui qui apparaît sur le document. Ces informations permettront au programme de générer une preuve d’âge. Les pages Web dont l’accès est (ou sera) limité en raison de l’âge doivent intégrer un lecteur de ce document d’accréditation personnel. De plus, cette formule limitera les échanges de données.
Également connu sous le nom d’EUDI Wallet, il intégrera progressivement d’autres identifiants numérisés tels que les permis de conduire ou les diplômes universitaires, permettant aux citoyens européens de se déplacer sur le continent sans avoir besoin d’en emporter une copie physique. En Espagne, l’adoption de ces cas d’utilisation n’a pas actuellement de délais fixés, même si certains groupes y travaillent depuis des mois, expliquent des sources du ministère de la Transformation numérique et de la Fonction publique.