Le mouvement indépendantiste catalan prend de l’oxygène dans le premier baromètre de l’année du Centre d’Estudis d’Opinió (CEO) de la Generalitat. Pour la première fois en six ans, le soutien à la sécession atteint 45 % lorsqu’on lui demande pour quoi les Catalans voteraient lors d’un hypothétique référendum d’autodétermination. Le « oui » a augmenté de six points au premier semestre, puisque lors de la précédente enquête gouvernementale, en novembre 2025, ce pourcentage était de 39 %. Depuis 2020, le soutien à l’indépendance n’a pas été aussi élevé, ce qui a fait reculer les partisans du « non », qui ont perdu deux points, bien qu’ils soient toujours majoritaires, avec 51 % des voix.
C’est lors du premier sondage de cette année que le oui à la rupture est tombé pour la première fois en dessous de 40% dans une enquête gouvernementale et a obtenu son pire chiffre depuis 2011, l’année avant le début du processus. Le non à un éventuel référendum a prévalu sur le oui dans tous les baromètres depuis sept ans, dont la distance n’avait jamais dépassé 11 points jusqu’à il y a un an, et évoluait toujours entre 47% et 52% depuis 2019. En revanche, le oui avait été l’option majoritaire dans certaines enquêtes au cours des quatre années précédentes, atteignant 49% en octobre 2017, mais depuis cinq ans, il n’a pas dépassé 45%.
Coïncidant avec la forte montée en puissance de l’Aliança Catalana, le parti indépendantiste d’extrême droite dirigé par la maire de Ripoll, Sílvia Orriols, l’enquête du PDG reflète une croissance significative du sentiment indépendantiste, même au-delà de l’hypothèse d’un référendum. Lorsqu’on leur demande ce que devrait être la Catalogne, 36% des Catalans optent pour un État indépendant, une option qui était majoritaire lors du processus mais qui n’est plus en tête des préférences depuis fin 2023. Elle revient désormais en tête après avoir gagné quatre points au cours des huit derniers mois. Les partisans du modèle autonome, en revanche, ont perdu trois points et se maintiennent à 30%, tandis que les défenseurs de la voie fédérale répètent à 22%.
Il est intéressant d’observer la répartition de cette question par électorat : par exemple, seulement la moitié des électeurs de l’Aliança Catalana (55 %) prônent une Catalogne indépendante, tandis qu’un sur quatre (26 %) défend un État au sein d’une Espagne fédérale et 14 % soutiennent le statu quo autonome.
Dans l’ensemble, l’engagement en faveur du dialogue augmente de manière très significative parmi les Catalans. Concrètement, 80 % des citoyens estiment que la meilleure manière de défendre la Catalogne passe par la négociation et le dialogue avec le gouvernement central et le reste des autonomies, une tendance transversale parmi tous les électorats.