Le vieillissement du parc immobilier national, ainsi que le manque de planification en matière de conservation, menacent de transformer ce qui a été pendant des années une valeur sûre en un fardeau pour de nombreuses familles. Pendant des décennies, être propriétaire en Espagne est synonyme de stabilité et de sécurité. La culture d’achat contraste avec la tendance européenne à la location. Mais ce modèle commence à montrer des signes d’épuisement.
Selon l’architecte Jordi Martí, « de nombreux bâtiments construits il y a plus de 50 ans vont devenir un fardeau pour les familles si elles ne font rien maintenant », comme il l’a expliqué sur les réseaux sociaux.
Dans de nombreux cas, les façades manquent d’isolation, les installations sont obsolètes et les systèmes de chauffage et d’eau chaude sont en retard d’efficacité. Cette situation se traduit par une augmentation constante des coûts d’électricité, de gaz et de maintenance.
Les propriétaires confrontés à un défi urgent en matière de conservation
Martí prévient que les déversements occasionnés par les réparations et réhabilitations en cours peuvent mettre en danger l’économie familiale. « Vous essayez d’être propriétaire pour assurer un avenir meilleur, c’est quelque chose de très culturel en Espagne, mais cela peut très mal se passer si vous continuez à apparaître des déversements très élevés, des coûts d’électricité et de gaz… », explique-t-il. La détérioration structurelle, l’humidité ou la perte de confort ne sont que quelques-uns des symptômes les plus visibles d’un problème qui affecte également la valeur marchande des maisons.
Le logement, rappelle Martí, doit être compris comme un bien vivant qui nécessite des soins, des mises à jour et une gestion responsable. Il ne s’agit pas seulement de réparer, mais aussi de prévenir la détérioration avant qu’il ne soit trop tard. Rénover avec des critères durables – améliorer l’isolation, l’enveloppe ou les installations – permet d’économiser sur la consommation, de gagner en confort et de revaloriser le bien sur le long terme.
Dans ce contexte, les fonds européens du Plan de relance, de transformation et de résilience (Next Generation EU) offrent une opportunité de moderniser les bâtiments. Ces aides – gérées par les communautés autonomes – permettent de subventionner entre 40 % et 80 % du coût de la réhabilitation énergétique.