Santander vit un doux moment. Après une décennie de transformation au cours de laquelle il a été difficile de trouver une reconnaissance boursière, la valeur de ses actions a doublé cette année, pour atteindre environ neuf euros par action. Cela est dû en partie à la bonne évolution de ses résultats : il a gagné 10,337 millions d’euros entre janvier et septembre, soit 11% de plus, et se dirige vers son quatrième maximum annuel consécutif. Et il répond en partie à la promesse faite en février d’allouer 10 milliards d’euros au rachat et à l’amortissement d’actions entre cette année et l’autre (environ 4 milliards de plus que prévu par les analystes).
Le message a été renforcé lorsque la banque a annoncé cet été que les 10 milliards de rachats étaient devenus un « minimum », grâce à l’accord de vente de sa filiale polonaise à l’entité autrichienne Erste Bank conclu en mai. Ses dirigeants prévoient d’actualiser ce chiffre au début de l’année prochaine, vraisemblablement lors de la célébration de la « Journée des investisseurs » qui aura lieu le 25 février. Quoi qu’il en soit, d’après les annonces qu’elle a faites ces derniers mois, il ressort qu’à court terme elle consacrera plus de 6 milliards de dollars au rachat d’actions, auquel il faudra ajouter un montant supplémentaire en fonction des résultats obtenus en 2026.
Des programmes de rachat et d’amortissement de titres propres ont été imposés aux banques ces dernières années comme moyen de rémunérer les actionnaires : dans la mesure où les actions en circulation diminuent, ils augmentent la valeur de la banque correspondant à chaque titre survivant et tendent à les faire monter en bourse. À mesure que les actions s’apprécient, il peut arriver un moment où ces programmes n’ont plus de sens économique (en fonction de la rentabilité attendue et du coût du capital). Mais Santander estime que c’est « très loin », comme l’a déclaré il y a quelques jours son directeur financier, José García Cantera.
À propos du bénéfice 2025
Le processus de rachat d’actions à court terme est en cours depuis un peu plus de trois mois. Le 31 juillet, la banque a lancé un premier programme en charge des résultats 2025, doté de 1,7 milliard, soit environ 25% de ses résultats du premier semestre. Il n’est pas encore terminé : jusqu’à mercredi dernier, 1,055 millions lui étaient alloués. Mais avec ces rachats, la banque a déjà racheté environ 14,9 % de ses actions en circulation depuis 2021. Et ces chiffres vont augmenter dans les semaines à venir.
Au début de l’année prochaine, Santander devrait annoncer un nouveau programme de rachats ordinaires imputés au résultat final de 2025. Sa politique de rémunération des actionnaires, en ce sens, consiste à allouer environ 50% de son bénéfice annuel à ses propriétaires, la moitié sous forme de dividendes en espèces (lundi dernier, elle a versé une première avance d’une valeur de 1,7 milliard) et l’autre moitié sous forme de rachats.
En tenant compte du fait que le rendement du capital avec lequel la banque prévoit clôturer l’année (16,5%) implique que son bénéfice annuel pourrait être d’environ 14 milliards d’euros, le deuxième programme de rachat ordinaire pourrait à nouveau se situer autour de 1.700 ou 1.800 millions. Autrement dit, les deux programmes par rapport aux résultats de 2025 seraient d’environ 3 400 ou 3 500 millions pour remplir l’engagement selon lequel ils représentent environ 25 % des bénéfices.
Remboursement du capital
À ces programmes ordinaires, il est prévu qu’un programme extraordinaire vienne s’ajouter au début de l’année prochaine. Après avoir annoncé la vente de sa filiale polonaise en mai, la banque a annoncé qu’elle allouerait quelque 3,2 milliards à ce rachat spécial (environ 50% du capital que la transaction libérera) lors de la clôture de l’opération avec Erste, prévue pour le premier trimestre 2026. Et elle l’a encore confirmé en finalisant le rachat de TSB, la filiale britannique de Sabadell, en juillet : « L’opération n’affectera pas la politique actuelle de distribution aux actionnaires de Santander ni les objectifs fixés par 2025″. La somme de ces 3,2 milliards plus les 3,4 milliards ou 3,5 milliards de rachats ordinaires donnerait lieu à court terme à environ 6,6 milliards ou 6,7 milliards.
La vente de l’unité polonaise explique également pourquoi Santander va augmenter le chiffre de 10 milliards de rachats en deux ans qu’elle a annoncé en février dernier. Ce chiffre comprend à la fois 25 % du bénéfice annuel pour les années 2025 et 2026 et la répartition du capital excédentaire au-dessus de l’objectif auto-imposé de 13 %. Les analystes, en ce sens, estiment que la banque réalisera un bénéfice plus important l’année prochaine que l’année actuelle, avec lequel le rachat ordinaire équivalent à 25% de celui-ci sera supérieur à celui de 2025. Et à cela s’ajoutera l’excédent de capital qu’elle génère (jusqu’en septembre, il était de 595 millions, mais ce chiffre devrait augmenter dans les mois à venir).
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