L’Europe prépare son coup final contre Huawei et ZTE. La Commission européenne étudie les moyens de forcer des pays comme l’Espagne à éliminer la présence des deux géants chinois dans leurs réseaux de télécommunications, selon des sources internes divulguées à Bloomberg.
La vice-présidente de la Commission, Henna Virkkunen, envisage de transformer la recommandation lancée par Bruxelles dès 2020 en une obligation légale qui obligerait les États membres de l’Union européenne à suivre ses lignes directrices pour cesser d’utiliser des fournisseurs de réseaux mobiles considérés comme « à haut risque », comme Huawei et ZTE.
Les décisions concernant les infrastructures, également numériques, relèvent des gouvernements nationaux. L’Espagne a décidé de maintenir la technologie Huawei, une alliance née en 2011. Jusqu’à 16 membres de l’UE, soit plus de la moitié du club communautaire, utilisent également les services de la multinationale technologique chinoise et seuls 11 pays l’ont interdit. Néanmoins, Virkkunen envisage la possibilité d’opposer légalement son veto aux deux technologies des réseaux 5G afin de forcer les pays à respecter la loi ou à faire face à d’éventuelles sanctions économiques, note Bloomberg.
Espionnage chinois ?
L’UE, ainsi que les États-Unis, estiment que céder le contrôle des infrastructures nationales critiques à des entreprises ayant des liens aussi étroits avec Pékin pourrait compromettre les intérêts de sécurité nationale. Depuis Bruxelles, on craint que le régime de Xi Jinping n’oblige ces fournisseurs de technologies à remettre les données des utilisateurs, les transformant ainsi en outils de surveillance au service du Parti communiste chinois.
La Commission pourrait même prendre des mesures pour décourager les pays tiers d’utiliser la technologie chinoise, par exemple en bloquant le financement de projets de télécommunications via le programme Global Gateway dans les cas où ces subventions sont utilisées pour embaucher des fournisseurs tels que Huawei ou ZTE, indiquent des sources de Bloomberg.
Et l’Espagne ?
Les projets de la Commission correspondent aux avertissements répétés de Bruxelles. Depuis l’Espagne, le gouvernement de Pedro Sánchez a défendu bec et ongles la cybersécurité des systèmes Huawei utilisés pour les réseaux 5G et le stockage des écoutes téléphoniques de la police, un nouveau contrat controversé de 12,3 millions d’euros clôturé l’été dernier. Cependant, comme l’a rapporté EL PAÍS, l’exécutif a reconnu en septembre avoir annulé un contrat en cours d’attribution à Telefónica pour l’installation d’équipements Huawei dans le réseau public de fibre optique RedIRIS.
Malgré la controverse et les soupçons d’espionnage, la Catalogne tend également la main à Huawei. En octobre, la Generalitat a attribué au syndicat Sirt-Connecta une licence de 127 millions pour connecter les services publics catalans à un réseau de fibre optique avec des équipements du fabricant chinois, une infrastructure qui devrait être prête en 2031. L’exécutif de Salvador Illa a défendu que l’attribution « répond à toutes les garanties » et a garanti que le matériel Il est également conforme au programme national de cybersécurité.
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