Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a réagi ce vendredi depuis Chypre à l’intention publiée par les États-Unis d’expulser l’Espagne de l’OTAN. Après s’être réfugié dans la défense de la légalité internationale, Sánchez a salué le fait que nous sommes de « bons alliés de l’OTAN » et le respect par l’Espagne des objectifs et des capacités fixés par l’Alliance. Les dépenses de défense, avec le refus de l’Espagne de les fixer à 5% du PIB pour rester à 2,1%, ont été à l’origine des affrontements avec les Etats-Unis, qui redoublent de menaces.
Le chef de l’exécutif a minimisé l’épreuve de l’administration de Donald Trump en répondant que « nous ne travaillons pas sur des courriers électroniques, mais avec des documents et des positions officiels, en l’occurrence du gouvernement des États-Unis », avant de participer à la deuxième journée de travail du sommet informel des Vingt-Sept qui se tient à Nicosie. Il faisait ainsi référence à un courrier électronique interne du Pentagone révélé par l’agence Reuters où l’on suggère la suspension de l’Espagne de l’OTAN.
Le Traité d’Alliance manque de mécanismes pour forcer unilatéralement l’expulsion de l’un des alliés. Selon le courrier interne, la mesure aurait un effet limité pour les troupes américaines, mais un impact symbolique important pour les pays membres.
Au-delà des dépenses de défense, les divergences avec les États-Unis se sont intensifiées après que le gouvernement a désapprouvé l’utilisation des bases militaires nord-américaines de Rota et Morón pour des opérations liées à la guerre en Iran. Une décision que d’autres partenaires européens ont suivie et que Trump a disqualifié en les excluant des pays « amis ».
La note interne propose également de faire pression sur le Royaume-Uni en réexaminant la position américaine sur la revendication de Londres sur les îles Malvinas. Le chef de l’Exécutif, en revanche, a insisté pour présenter l’Espagne comme un « allié fidèle ».
« Tranquillité absolue »
Sánchez est resté ferme sur sa position de « non à la guerre » et a répondu que même si « la position du gouvernement espagnol est claire » en référence à la « coopération absolue avec les partenaires », celle-ci doit se dérouler dans le cadre de la « légalité ». Dans des déclarations aux médias avant de rencontrer le reste des Vingt-Sept, le chef de l’Exécutif a voulu envoyer aux citoyens un message de « tranquillité absolue » face à la dernière menace de Trump contre l’Espagne. Cela s’ajoute aux précédents, comme la rupture des relations commerciales.
La nouvelle menace américaine survient quelques jours seulement après que Sánchez a accueilli un sommet des dirigeants internationaux à Barcelone pour promouvoir une alternative à la soi-disant « internationale réactionnaire ». L’opposition des démocrates à Trump était représentée depuis Hilary Clinton jusqu’au courant socialiste dirigé par le maire de New York, Zohran Mamdani.