RÉSULTATS DES ÉLECTIONS FRANCE 2024 | La France arrête l’extrême droite et donne la victoire à la gauche aux législatives

« Il Nouveau Front populaire (NFP) est prêt à gouverner », a déclaré la star de la nuit ce dimanche, Jean-Luc Mélenchonaprès avoir appris que la coalition qui a rassemblé toute la gauche française était parvenue, dans une remontée historique, à barrer la route au extrême droite au second tour des élections législatives. L’alliance progressiste a obtenu 182 sièges, tandis que le Regroupement national (RN) de Marine Le Penvainqueur dès le premier tour, est désormais relégué en troisième position avec 143 députés, dépassé même par la coalition macroniste Assemblée (Ensemble) avec 168 parlementaires dans un Assemblée nationale où, malgré tout, la gouvernance ne sera pas facile.

Une fois de plus, Le Pen se retrouve avec du miel sur les lèvres. Il cordon sanitaire formé par les blocs de la gauche et du macronisme a réussi à arrêter la poussée ultra et maintenant cette alliance complexe aura devant elle l’option de promouvoir un gouvernement, étant donné que le NFP aura besoin du soutien de la coalition présidentielle Emmanuel Macron pour atteindre les 289 députés qui accordent la majorité absolue au Assemblée nationale.

Conscient que son chiffre est celui qui soulève le plus d’ampoules chez les macronistes, Mélenchon n’a pas mis 10 minutes, après avoir pris connaissance de ces données, pour lancer le premier avertissement au président : «Emmanuel Macron Vous avez le devoir d’appeler Nouveau Front populaire gouverner (…) Notre peuple a écarté la pire des solutions », a-t-il déclaré à la Rotonde Stalingrad, lieu où La France rebelle célébré le résultat. Les participants ont crié et scandé « Le peuple uni ne sera jamais vaincu ».

Une heure et demie après le scrutin, le premier ministre, Gabriel Attal, apparaît et annonce sa démission : « Je n’ai pas choisi cette dissolution et j’ai refusé de m’y soumettre. » Selon des sources de l’Elysée, Macron ne nommera pas immédiatement un nouveau Premier ministre, mais mise plutôt sur « prudence« face à des résultats qui peuvent encore changer ce soir. Le président veut attendre le Assemblée nationale prendre forme avant de nommer un nouveau chef du gouvernement.

Bardella ne sera pas Premier ministre

Ce qui est clair, c’est qui ne sera pas Premier ministre. Au Parc Floral, bastion de l’extrême droite, on entendait : « Oh, la lá. Ce n’est pas possible. » C’étaient les militants de Regroupement national dans un lieu où des dizaines de bouteilles de champagne français préparées pour la célébration ont été laissées intactes. Il n’y avait pas de quoi se réjouir chez les lépénistes, dont le chef a préféré rejeter la faute sur Macron : « Leur situation est intenable ».

« L’alliance déshonorante et les accords électoraux dangereux conclus par Emmanuel Macron et Gabriel Attal avec l’extrême gauche priver les Français d’une politique de relance », a déclaré le candidat du RN au poste de Premier ministre, Jordan Bardella, qui a insisté sur le fait que le groupe ultra « a réalisé l’avancée la plus importante de son histoire ». Mais les chiffres ne conviennent pas au parti de Le Pen. Bardella lui-même a déjà clairement indiqué pendant la campagne qu’il ne se présenterait que s’il obtenait la majorité absolue.

Désormais, les inconnues grandissent quant à la prochaine étape : coalition, cohabitation ou exécutif technique, et quand la France aura-t-elle un nouveau gouvernement, après les intentions de Macron divulguées par l’Elysée, puisque dans la Constitution il n’y a pas de loi qui détaille un calendrier, bien que le 18 juillet la première session du Assemblée nationale. C’est Macron qui doit faire le premier pas et nommer un Premier ministre. La seule chose qui est claire, c’est qu’il ne pourra pas convoquer d’élections avant un an.

Participation historique

Dès le petit matin, les bureaux de vote ont été témoins d’un important la mobilisation de nationalité française. Beaucoup commencent leurs vacances aujourd’hui et se lèvent tôt pour pouvoir voter et fuir la capitale. A 12h00, les données de participation étaient 26,63%soit un point de plus qu’au premier tour et près de 8 points de plus par rapport à 2022.

A 17h00, le pourcentage battait encore une fois des records avec un 59,71%, un peu plus qu’au premier tour, où 59,39% avaient voté. Des chiffres aussi élevés n’avaient pas été enregistrés depuis 1981, notamment en province, où la mobilisation en faveur des élections a explosé dans des régions comme Bouches-du-Rhôneavec 34,59%, Corrèzeavec 33,88%, et Cantal, avec 33,48%. En revanche, la participation la plus faible a été enregistrée dans un quartier de Paris, Seine-Saint-Denis.