Les Nations Unies exigent de la transparence de la part des grandes sociétés d’intelligence artificielle afin qu’elles divulguent publiquement l’impact de leurs centres de données sur l’environnement.
« D’ici 2030, ils pourraient consommer plus d’énergie que tous les pays sauf cinq, et suffisamment d’eau pour répondre aux besoins fondamentaux des 1,3 milliards d’habitants d’Afrique subsaharienne pendant une année entière », a prévenu le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un discours prononcé mardi lors de la Semaine d’action pour le climat à Londres.
Avec cette demande, la plus grande organisation internationale au monde appelle le secteur technologique à inverser l’opacité avec laquelle il tente de minimiser, de dissimuler ou de cacher directement les effets climatiques qu’il centres de données. Ces infrastructures industrielles colossales habitées par des serveurs informatiques qui fonctionnent sans relâche sont l’épine dorsale d’Internet, mais aussi le moteur qui donne « vie » aux applications d’IA générative.
Si l’IA veut contribuer à construire un avenir meilleur, elle doit être honnête quant à ce qu’elle nous coûte aujourd’hui.
Guterres a profité de l’occasion pour présenter l’Initiative des Nations Unies pour la transparence environnementale sur l’IA, qui exhorte les géants de la technologie tels que Google, Meta, Microsoft et Amazon et les entreprises émergentes telles que OpenAI, Anthropic et xAI d’Elon Musk, à rendre publiques les données sur la consommation d’énergie et d’eau de leurs centres de données, ainsi que sur les émissions de carbone et l’utilisation des terres. « Si l’IA veut contribuer à construire un avenir meilleur, elle doit être honnête quant à ce qu’elle nous coûte aujourd’hui », a-t-il déclaré.
Les propos du secrétaire général surviennent quelques semaines après qu’une enquête de l’ONU a averti que la pollution des centres de données augmenterait en flèche d’ici 2030 pour atteindre les émissions de dioxyde de carbone de 400 millions de tonnes, semblable à la pollution des pays industrialisés comme le Royaume-Uni.
Guterres a également exhorté l’industrie de l’IA à s’engager à approvisionner tous ses centres de données en énergie renouvelable d’ici 2030. Cette aspiration de l’ONU semble très improbable, car des entreprises comme Microsoft envisagent de retarder ou d’abandonner leurs engagements volontaires en matière de climat pour donner la priorité à leur engagement en faveur de l’IA, selon Bloomberg. D’autres comme OpenAI, Oracle, xAI ou Meta se tournent vers les turbines à gaz, très polluantes, pour contourner les limitations du réseau électrique et accélérer la construction de centres de données.
Dans le même sens, le lobby qui représente le secteur technologique dans l’Union européenne, la European Data Center Association, a récemment expliqué à POLITICO que Bruxelles devait s’ouvrir à la possibilité de recourir à des sources nocives pour l’environnement comme le gaz pour déployer ses centres de données, privilégiant ainsi ses objectifs de souveraineté technologique sur ses objectifs climatiques.
Le secrétaire général des Nations Unies a appelé à l’électrification de l’industrie pour réduire les émissions et a critiqué ceux, comme la Silicon Valley, qui préconisent de continuer à brûler des combustibles fossiles et ainsi de dégrader la santé de la planète.