L’écosystème des startups catalanes marque une nouveauté : une entreprise de Barcelone vient de clôturer le premier tour de financement le plus important dans le domaine de la robotique jamais signé en Europe. Le protagoniste est Theker, une entreprise qui a déjà obtenu il y a un an et demi une première injection de capital d’amorçage (celui destiné à démarrer l’entreprise) de 3 millions d’euros, qui a convaincu Inditex d’entrer dans son capital des mois plus tard, et qui reçoit désormais 85 millions de dollars (73 millions d’euros au taux de change actuel) pour commencer à faire évoluer sa proposition.
Il s’agit de développer des robots pour entrepôts et autres environnements industriels qui, dotés d’intelligence artificielle (IA), sont capables de « s’adapter en temps réel à des environnements changeants, des références de produits mixtes, des formes irrégulières et des niveaux élevés de variabilité opérationnelle sans avoir besoin de reprogrammation manuelle ». Ainsi, la différence avec les autres robots industriels – dit l’entreprise – est qu’ils sont généralement conçus pour effectuer des tâches spécifiques, tandis que ceux de Theker peuvent « être déployés en quelques jours, continuer à apprendre tout en fonctionnant et sont capables de fonctionner de manière autonome dans la complexité des environnements industriels réels ».
D’où probablement qu’en seulement quatre ans d’existence, ils ont convaincu plus d’une douzaine d’investisseurs professionnels de haut niveau d’investir dans l’entreprise, ou que leurs robots travaillent déjà dans des installations de production dans différents pays européens.
Le dernier tour de table est par exemple mené par le fonds américain CRV, mais une petite partie de la société a également été rachetée par le conglomérat de luxe LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy), le géant de l’électronique Samsung et la branche capital-risque de la multinationale Henkel (propriétaire de Fa, Vernel, Bref, Loctite…). Egalement des fonds d’investissement comme Cathay Innovation, 20VC, Henkel Ventures, Korelya ou Bright Pixel Capital (Sonae). Par ailleurs, Carles Reina, Itnig (Factorial), Kfund (à travers son fonds de croissance Leadwind), Kibo Ventures et Mission réinvestissent dans la société Inditex.
Les étapes de l’opération
« La pertinence du tour de table va bien au-delà du montant levé », soulignent ses nouveaux investisseurs. « L’opération représente l’un des premiers investissements de CRV en Espagne, le premier investissement de Samsung dans une entreprise espagnole et le premier engagement de LVMH auprès d’une startup de l’écosystème espagnol », illustrent-ils. « Theker devient également la seule startup européenne capable de rassembler parmi ses actionnaires les leaders mondiaux du capital-risque, des technologies grand public et de l’industrie du luxe, signe du large consensus généré par la vision de l’entreprise », concluent-ils.
Ses fondatrices, Carla Gómez Cano et Jiaqiang Ye Zhu, se sont rencontrées alors qu’elles étudiaient à l’Université Politècnica de Catalunya (UPC) et ont décidé d’y combiner leur amour pour la robotique et leur envie d’entreprendre en créant Theker. «Nous l’avons fondé non pas pour développer des pilotes, mais pour déployer des robots qui fonctionnent dès le premier jour et continuent de s’améliorer chaque jour», dit-elle. « Ce cycle accélère une vision sur laquelle nous travaillons depuis le début : transformer la robotique intelligente et adaptative en un outil pratique pour les opérations industrielles dans le monde entier », conclut-il.
L’argent servira à financer le déploiement de ses robots auprès de grands opérateurs industriels, à renforcer la technologie derrière les machines et à embaucher davantage de professionnels dédiés aux logiciels, à l’électronique, à l’ingénierie mécanique et aux opérations.