De nos jours, la perception qui se dégage de la photo de profil sur les réseaux sociaux est déterminante pour notre marque personnelle. Dans de nombreux cas, c’est la première image que quelqu’un peut avoir de nous, y compris les entreprises pour lesquelles nous travaillons. Par conséquent, la plupart ont tendance à la changer fréquemment, en fonction de la plateforme, même s’il y a aussi ceux qui peuvent conserver la même photo WhatsApp pendant des années.
Il n’existe aucune preuve scientifique solide que le fait de conserver une photo de profil pendant une longue période reflète un type spécifique de personnalité. Cependant, il existe plusieurs théories psychologiques qui aident à expliquer pourquoi certaines personnes se sentent à l’aise de laisser la même image.
L’une des théories qui aident à comprendre ce comportement est la théorie de l’autocohérence, également connue sous le nom de théorie de l’auto-vérification, proposée par le psychologue William Swann, qui – comme expliqué sur le portail « Psychology Fanatic » – soutient que les gens ont un grand besoin que les autres les perçoivent de la même manière qu’ils se voient eux-mêmes, que leur image d’eux-mêmes soit positive ou négative.
De ce point de vue, conserver la même image n’implique pas un désintérêt pour la technologie, mais agit plutôt comme un signal fixe qui réduit l’incertitude et préserve l’identité et la cohérence interne de l’environnement numérique. En d’autres termes, ceux qui apprécient la stabilité considèrent qu’il n’est pas nécessaire de modifier un élément qui remplit déjà sa fonction.
Au contraire, comme indiqué sur le site « Psychology and Mind », la théorie de l’autodétermination, d’Edward Deci et Richard Ryan, soutient que les êtres humains ont une tendance innée à la croissance personnelle et que la motivation dépend de la satisfaction de trois besoins fondamentaux : l’autonomie (dans les choix), la compétence (et la capacité de développer des compétences) et les relations (avec les autres).
De cette manière, ne pas changer de photo peut refléter une motivation intrinsèque et une autonomie psychologique élevées, étant donné que ces personnes ne dépendent pas des réseaux sociaux ou d’une validation externe pour satisfaire leurs besoins identitaires. La personne agit selon ses propres valeurs, n’a pas besoin de projeter une version améliorée d’elle-même et utilise la plateforme comme simple canal de communication.
Une autre explication vient de la psychologie des habitudes qui, selon la revue « Psychology Today », explique comment le cerveau forme des routines automatiques à travers la boucle de signal et de récompense, un processus qui économise l’énergie mentale et permet de répéter des comportements quotidiens sans réfléchir, facilitant à la fois la création d’habitudes positives et négatives.
De nombreuses personnes utilisent WhatsApp, par exemple, comme outil pour communiquer avec leur famille, leurs amis ou leurs collègues. En ce sens, la photo de profil passe au second plan et cesse d’être un sujet de réflexion fréquent. De plus, pour certaines personnes, mettre à jour leur photo ne fait tout simplement pas partie de leur routine, car elles n’y voient aucun avantage.
Un autre concept très utile est la fatigue décisionnelle, popularisée par le psychologue social Roy F. Baumeister et le journaliste John Tierney, basée sur la théorie de l’épuisement de l’ego. Selon une étude publiée dans la « National Library of Medicine », cette théorie explique que la capacité du cerveau à traiter les informations et à exercer la maîtrise de soi fonctionne comme une batterie qui se décharge à chaque décision, grande ou petite, que nous prenons.
Conserver la même photo de profil peut être, inconsciemment, une stratégie pour économiser la batterie mentale – et notre téléphone portable -, car cela nécessite d’évaluer les options, de choisir un design, peut-être, et de gérer sa propre image publique et les réactions qui peuvent en découler.
Cependant, un seul comportement de ce type ne permet pas de définir la personnalité d’une personne. La fréquence à laquelle les personnes modifient leur profil dépend de divers facteurs, tels que l’âge, la fréquence d’utilisation des réseaux sociaux ou encore l’importance accordée à leur image publique et à leur vie privée.