Après 12 heures de réunion – et après avoir passé la nuit enfermés au Ministère de l’Éducation – les principaux syndicats d’enseignants et le Ministère ont signé un accord qui met fin à un conflit qui semblait insoluble, même s’il reste une dernière étape. L’Ustec et les professeurs de Secundària (Aspepc) ont conclu un pré-accord pour une augmentation mensuelle des salaires d’environ 450 euros sur quatre ans qui, ajoutée à l’augmentation de l’État convenue pour les fonctionnaires, sera de 599,50 euros pour le primaire et de 633,58 euros pour le secondaire. Lundi, jour où a été convoquée une nouvelle journée de grève territoriale qui, pour l’instant, n’a pas été annulée et ne le sera pas, puisque l’Ustec veut attendre le résultat de la consultation pour suspendre les appels.
Enfin, 50 euros par mois dans quatre ans, c’est la différence entre la proposition présentée ce jeudi par l’édile Esther Niubó – un document qualifié de « définitif » par le Département et qui a provoqué le confinement des syndicats en grève dans le département – et l’offre présentée ce vendredi. 50 euros obtenus par les syndicats après 12 heures de réunions au cours desquelles ils ont passé beaucoup plus de temps à se réunir hors de la table – lors des pauses éternelles, appelées couloir en haut et réunions bilatérales – qu’à celle-ci.
Le retour tant attendu des stades
Au-delà de l’augmentation de ces 450 euros par mois en quatre ans – la principale réalisation de ce cycle de grèves -, le nouveau pacte comprend également, en termes de salaires – le noyau du pacte – la création de 5.000 chaires d’écoles secondaires et le recouvrement de la dette des « stades » (récupération de l’argent qu’ils ont cessé de recevoir pendant la période où le premier semestre a commencé à être collecté à neuf ans au lieu de six), l’une des grandes revendications syndicales de ces dernières années.
La somme de ces trois éléments aura un coût d’environ 726 millions d’euros ; qui s’ajouteront aux 2 milliards de l’accord du 9 mars (plus de 14 millions pour les chaires des lycées ; 350 pour le recouvrement de la dette du stade qui sera payée en cinq ans, et plus de 300 millions pour le paiement du nouveau supplément spécial pour tous les travailleurs).
Le professeur a le dernier mot
Si la consultation des enseignants aboutit à un « non » – ce qui est en principe peu probable puisque l’Ustec, le syndicat majoritaire et organisateur de la consultation, fera campagne pour le oui –, le syndicat appellerait à un nouveau cycle de grèves qui débuterait le 8 juin.
La CGT, un syndicat très présent dans les manifestations de rue, a été le seul des trois grévistes à quitter la table et à ne pas signer le pré-accord après avoir vérifié que le nouveau pacte ne contenait aucune de ses lignes rouges (allant de l’engagement de ne fermer aucune ligne dans les écoles publiques à l’avancée dans l’intériorisation des « vetlladores »). Le syndicat a non seulement assuré qu’il ferait activement campagne pour le non lors de la consultation, mais qu’il maintiendrait les grèves convoquées pour le reste du trimestre (ce lundi, à Gérone et dans le centre de la Catalogne).
6 300 provisions pour tout compris
Au-delà de la question salariale qui a marqué le marathon des négociations, l’accord prévoit le déploiement de 6.304 dispositions pour l’école inclusive, un chiffre qui figurait déjà dans le document de jeudi, le document « définitif » du ministre. Se mettre d’accord sur la manière d’expliquer comment ces nouvelles « mains » avaient été « gagnées » pour l’école – l’une des revendications les plus répétées dans les salles de classe – a fait que la signature du pré-accord a duré plusieurs heures. CCOO et UGT ont demandé de déclarer explicitement par écrit que ces dispositions sont le résultat du déploiement de l’accord du 9 mars, vilipendé par l’Ustec et l’Aspepc, tandis que l’Ustec (Aspepc ne croit pas à l’inclusivité) a défendu qu’elles étaient le résultat des protestations des dernières semaines.
L’accord prévoit également d’atteindre 85% de personnes avec une place définitive en deux ans, des concours annuels avec des appels à plus de 5.000 places en attente, la suppression des entretiens et la limitation des places profilées avec une limite de 3%, le déploiement du plan de réduction de la bureaucratie, « l’incorporation de plus de PAS » et la « diminution progressive des ratios jusqu’à atteindre 20 élèves au primaire et 25 au secondaire ». Donc, sans autre précision. Tout cela, des mesures déjà incluses auparavant dans le soi-disant Accord national du 9 mars, ce qui a irrité CCOO et UGT, qualifiés de « traîtres » depuis des mois pour un accord qui inclut ces points avec le même degré de détail.
Sorties et colonies
Malgré la signature du pré-accord par les principaux syndicats, le petit groupe de personnes rassemblés devant le département, qui ont bloqué la Via Augusta tout au long de la journée, ne se lassent pas de crier « Niubó démission » ou « Et les ratios, quoi ? Reste désormais à savoir quelle sera l’évaluation de l’accord par les enseignants, travailleurs qui ont pris du poids cette semaine dans des manifestations comme la coupure de l’AP-7 à Granollers, Tarragone et Gérone ce mercredi, ou le blocus du train à crémaillère de Montserrat ce vendredi, pendant la négociation, et qui ont refusé de signer un nouvel accord « minimum ».
Outre les lignes rouges de la CGT – l’engagement de ne fermer aucune ligne publique était également l’une des grandes revendications de l’AFFaC – l’accord n’a pas prévu ce qui arrivera aux sorties et aux colonies l’année prochaine, l’une des questions qui préoccupent le plus les familles après que plus de 1 200 personnes ont signé un manifeste dans lequel elles assuraient qu’elles ne le feraient pas si le conflit n’était pas résolu (en sachant que l’accord n’est en aucun cas soumis à la suspension des manifestations et n’inclut aucune amélioration de rémunération pour les enseignants qui vont dans les colonies, au-delà de ce qui est déjà prévu dans « l’accord de pays »).