La Catalogne est la communauté autonome qui a enregistré le plus de demandes de régularisation extraordinaire de migrants dans toute l’Espagne, soit 257 602, suivie par la Communauté de Madrid, la Communauté valencienne et l’Andalousie. Par province, Barcelone est celle où la transformation a été la plus importante (192 195), suivie de Tarragone (27 214), Gérone (22 701) et Lleida (15 492). Au total, 47.811 rendez-vous ont été attribués en Catalogne. La Catalogne concentre ainsi 22% des demandes de toute l’Espagne.
Au cours du processus, 47 811 rendez-vous physiques ont également été proposés dans toute la Catalogne pour faciliter l’acheminement des candidatures. Les données confirment que le processus a eu un impact évident sur les personnes en âge de travailler. 81% des candidats en Catalogne ont moins de 45 ans. Par tranches d’âge, ceux entre 25 et 34 ans représentent près de 34% tandis que ceux entre 35 et 44 ans représentent 22%. A distance, ils ont entre 16 et 24 ans avec 17% ou entre 45 et 54 ans avec 11,1%. Concernant le genre, 62,8% des candidats sont des hommes et 37,2% des femmes.
Concernant l’origine, les principales nationalités ayant déposé des candidatures sont : le Maroc (18%) ; Colombie (16,7 %), Honduras (8,1 %), Pérou (8,1 %), Pakistan (6,2 %), Inde (5,8 %) et Venezuela (5,7 %). Le délégué du gouvernement en Catalogne, Carlos Prieto, a souligné que ce processus extraordinaire de régularisation s’est accompagné d’un plan choc des services d’immigration qui a permis de résoudre avant l’expiration du délai 47.596 dossiers ordinaires, dont 42.545 favorables. Pour Prieto, ils représentent « un avant et un après » pour plus de 300 000 personnes qui vivaient et travaillaient déjà dans la communauté.
« La Catalogne est aujourd’hui le territoire qui concentre le plus de demandes de régularisation car c’est aussi un territoire d’opportunités, d’accueil et de coexistence. Ce processus ne consiste pas seulement à régulariser des dossiers : il consiste à régulariser des vies, à donner de la stabilité à des personnes qui font déjà partie de notre société et à renforcer une Catalogne plus cohésive », a assuré Prieto.
Pour cette raison, le délégué a souligné que « nous nous sommes fixés un double objectif : mettre à jour les dossiers ordinaires et affronter avec garanties l’un des processus de régularisation les plus importants de notre histoire. Aujourd’hui, nous pouvons dire que le Gouvernement a répondu avec planification, ressources et gestion ». Concernant la régularisation extraordinaire, Prieto a souligné qu' »elle n’est pas partie de zéro » et qu' »il fallait répondre aux milliers de personnes qui attendaient déjà une solution ».
Prieto a défendu que la régularisation « est une politique de responsabilité et de bon gouvernement », car « elle signifie mettre en lumière les personnes qui vivent déjà parmi nous, qui travaillent, qui contribuent à notre pays et qui méritent de pouvoir le faire avec des droits et aussi avec des devoirs ». En ce sens, Prieto a souligné que « lorsque nous parlons de cohésion sociale, nous devons également parler d’emploi, de revitalisation et de croissance économique ».
Le processus continue
Malgré la clôture de la période de dépôt des candidatures, la procédure administrative est toujours en cours, selon Prieto. En ce sens, le délégué a rappelé que les bureaux de Poste restent ouverts, sans rendez-vous, afin que les personnes qui doivent présenter des documents complémentaires ou corriger toute exigence puissent compléter leur dossier. Il a également réitéré que toutes les personnes qui auront soumis une demande recevront une résolution expresse de l’Administration.
Données nationales
La ministre de l’Inclusion, Elma Saiz, a présenté ce jeudi des données sur la régularisation extraordinaire des migrants. Au total, 1.174.978 personnes ont été accueillies, soit le double du nombre initialement prévu par le Gouvernement. Dans l’ensemble de l’Espagne, 67% des demandeurs viennent d’Amérique centrale et du Sud et la nationalité colombienne est celle qui a été la plus régularisée, avec 26%, suivie par la marocaine avec 13,4%, la vénézuélienne avec 11,7% et la péruvienne avec 8,8%.
Le décompte officiel intervient après l’expiration de la date limite de dépôt des candidatures ce mardi. 52% des dossiers sont déjà en cours de traitement et 11 000 ont déjà été résolus positivement. Le ministère a précisé que 79,6% sont des demandes exceptionnelles dues à des racines extraordinaires et que 20,4% sont dues à des circonstances exceptionnelles de la part des migrants de protection internationale. 51% des dossiers sont en cours, ce qui représente déjà un permis provisoire de résider et de travailler en Espagne.
La majorité des demandes ont été soumises par voie électronique (83,2%), une tendance similaire au reste des procédures d’immigration. Seuls 16,8 % des demandeurs ont complété le processus en personne par l’intermédiaire des agents autorisés des 448 bureaux de poste, de sécurité sociale et d’immigration.
Hommes de moins de 45 ans
Concernant le genre, 57% des régularisations concernent des hommes et 43% des femmes. La différence entre les sexes est plus faible dans les demandes de protection internationale que dans celles liées à des racines extraordinaires. Dans le cas des mineurs et dans la tranche d’âge de 45 à 54 ans, la répartition est égale.
Concernant l’âge, 81% des candidats ont moins de 45 ans. Concrètement, le groupe le plus régularisé est celui des 25-34 ans (31,3%), suivi des 35-44 ans (21,6%) et des 16-24 ans (17%). Les deux groupes avec le moins de demandes sont les 65 ans et plus (1,9%) et les mineurs jusqu’à 15 ans (11,1%).
Les données du ministère précisent également que 8 personnes régularisées sur 10 possèdent une compétence linguistique complète. Concrètement, 66 % sont des locuteurs natifs, 18 % ont un niveau élevé, 7 % un niveau moyen et 9 % un niveau basique. Dans les communautés ayant des langues co-officielles, comme la Catalogne, 40 % connaissent la langue.
Concernant la formation, 67% des candidats ont un diplôme de l’enseignement post-obligatoire : 43% ont un diplôme d’études secondaires ou de formation professionnelle et 24% ont une formation universitaire. 18% ont une éducation secondaire, 5% une éducation primaire et 10% ont déclaré ne pas avoir d’éducation.