Le juge du Tribunal National José Luis Calama a rejeté la demande de la défense de l’ancien président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero de suspendre sa déclaration prévue ce mercredi concernant la pièce séparée pour contrebande présumée et délit fiscal suite à la découverte d’un bijou évalué à 1,3 million d’euros dans le registre de son bureau de la rue Ferraz.
Dans une ordonnance rendue ce mardi, le magistrat explique que la convocation ne représente aucune « réduction réelle de son droit de défense » car les faits sur lesquels porte sa déclaration sont les mêmes que ceux déjà exposés dans le dossier principal sans que le bijou séparé ait introduit de nouveaux faits ou modifié l’objet factuel de l’accusation.
La défense de Rodríguez Zapatero avait demandé le report de la déclaration, alléguant « l’imminence de l’acte et le très court laps de temps entre le début de la pièce et la désignation au moment de sa déclaration comme faisant l’objet d’une enquête ». Le juge répond que cette pièce a été initiée le 12 juin et que son contenu n’incorpore pas de faits nouveaux ni de procédures autonomes, « mais exclusivement le témoignage du procès-verbal d’intervention des bijoux et de l’expertise incorporée au dossier principal », ce dont Rodríguez Zapatero avait déjà connaissance lorsqu’il a eu accès à ce rapport.
Trier la cause
Ainsi, le magistrat rappelle que la pièce séparée répond uniquement à un besoin d’organisation procédurale compte tenu de l’éventuelle pertinence de ces mêmes faits en matière de délinquance fiscale et de contrebande, « mais elle n’altère pas l’objet factuel ni n’introduit d’éléments surprenants qui nécessitent un temps de préparation supplémentaire ».
Certains des bijoux trouvés par la police nationale dans le bureau de José Luis Rodríguez Zapatero. /EFE
Pour toutes ces raisons, Calama rejette l’existence d’une impuissance matérielle puisque la personne mise en examen peut témoigner des mêmes faits qui ont motivé sa convocation dans le dossier principal, joignant cette déclaration à celle déjà initialement prévue pour ce mercredi et jeudi pour les prétendus délits d’organisation criminelle, trafic d’influence et blanchiment d’argent liés au sauvetage de la compagnie aérienne Plus Ultra. En revanche, rappelons que la défense a la possibilité de demander un complément de procédure ou de nouvelles déclarations si elle l’estime nécessaire, « ce qui exclut tout préjudice irréparable ».
Des sources proches de lui avaient indiqué ce lundi que le report visait à disposer de suffisamment de temps pour rassembler la documentation nécessaire pour expliquer la possession de ces pièces, qui en principe était attribuée à un héritage, mais s’il s’agit de cadeaux ou de donations, elle doit être accréditée. La défense entend également donner son propre avis d’expert sur la valeur des pièces.

Le juge rejette la demande de Zapatero de ne pas témoigner ce mercredi sur les bijoux /EP
Le juge Calama a chargé la bijouterie Ansorena et l’Institut espagnol de gemmologie d’évaluer près d’une centaine de pièces que les agents ont trouvées dans un coffre-fort du bureau de Zapatero. Les travaux, qui ont rapporté une valeur marchande d’un peu plus de 1,3 million d’euros, ont motivé le juge du Tribunal national à ouvrir un dossier séparé pour deux autres délits présumés qu’il avait initialement attribués à l’ancien président socialiste.
La valorisation supérieure au million d’euros des bijoux haut de gamme saisis dans son cabinet oblige, selon le juge, à analyser l’origine de ce patrimoine – le collier le plus cher a été valorisé 278 000 euros – ainsi que le respect de ses obligations fiscales. La grande question est désormais de savoir si l’ancien président espagnol sera en mesure de justifier l’origine de ces pièces.