Blanchiment à domicile avec du bicarbonate de soude, du citron, du charbon actif ou du peroxyde d’hydrogène, utilisation de « gommes magiques » pour éliminer les taches, des exercices de mâchoire pour modifier l’esthétique du visage ou des pratiques telles que extraction d’huile –l’extraction d’huile pour réduire les bactéries – présentée comme un substitut à l’hygiène bucco-dentaire conventionnelle. Le Conseil général des dentistes d’Espagne met en garde ce mardi contre les tendances virales propagées à travers les réseaux sociaux qui banalisent des traitements complexes ou favorisent des pratiques potentiellement nocives pour les dents et les gencives.
Le Conseil « réitère sa position ferme en faveur de la science et de la dentisterie fondée sur des preuves contre la prolifération des pseudothérapies, des pseudosciences et des traitements dentaires faits maison ou commercialisés en ligne sans supervision professionnelle, une tendance qui met en danger la santé bucco-dentaire de la population et génère de fausses attentes chez les patients ».
Sans soutien scientifique
Le Conseil Général a préparé le rapport technique «Pseudosciences et pseudotraitements en dentisterie», un document qui analyse certains des principaux courants et pratiques sans support scientifique détectés dans le domaine oral, ainsi que leurs conséquences possibles sur la santé.
Le rapport met en garde contre la multiplication de « messages trompeurs » présentés comme des alternatives efficaces, mais qui sont en réalité des pratiques « dépourvues de la moindre preuve scientifique ». Parmi ces pseudosciences figurent la dentisterie dite biologique, neurofocale, holistique ou biodécodage dentaire, qui attribue de prétendus bénéfices diagnostiques ou thérapeutiques sans base scientifique prouvée.
Homéopathie
Le document analyse également le rôle potentiel de l’homéopathie et de l’acupuncture dans le domaine de la santé bucco-dentaire, et détaille l’augmentation des tendances virales propagées à travers les réseaux sociaux qui banalisent des traitements complexes ou favorisent des pratiques potentiellement nocives pour les dents et les gencives.
Parmi les plus courants, en plus de ceux mentionnés ci-dessus, figurent les dentifrices à base de produits abrasifs, les aligneurs achetés en ligne sans contrôle clinique ou le limage des dents à domicile pour modifier leur forme.
« Ces pratiques non seulement manquent de preuves, mais peuvent également provoquer une usure irréversible de l’émail, une sensibilité extrême, des lésions gingivales, des altérations de l’occlusion, des fractures dentaires, des troubles de l’articulation temporo-mandibulaire ou des retards de diagnostic, entre autres », précise le Conseil.
Évaluation clinique
Le président du Conseil, le Dr Óscar Castro Reino, souligne que « la santé ne peut pas être laissée entre les mains de modes virales, de gourous du numérique ou de prétendus remèdes miraculeux. Lorsque nous parlons de traitements de santé, seules les preuves scientifiques offrent de réelles garanties au patient ».
Rappelons qu’« aucune vidéo sur les réseaux sociaux ou aucun influenceur ne remplace l’évaluation clinique d’un dentiste agréé. S’adresser à des professionnels qualifiés est le seul moyen d’obtenir des diagnostics précis et des traitements sûrs ». Le Conseil insiste sur le fait que toute intervention orale doit être réalisée après un examen individualisé et par des professionnels légalement habilités, en utilisant des produits soumis aux contrôles sanitaires et réglementaires correspondants.
La Collegiate Organization recommande de se méfier des messages qui promettent des résultats rapides, économiques ou « naturels » sans preuves scientifiques. « La meilleure défense contre les vendeurs de tabac santé est l’information véridique, le jugement professionnel et la confiance dans la science, ce qui est bien sûr la position que nous avons toujours défendue au sein de notre organisation », conclut le Dr Castro.