Bizum pour tongs, par Miqui Otero

Désormais, Bizum sera une réalité à payer dans les magasins, mais il y a cinq ans, j’ai vu un saxophoniste de rue à l’Arc de Triomf (et un clown punk à la Estació del Nord) utiliser son téléphone portable pour y recevoir des dons ; Il y a quelques jours, à un mendiant dans un 365 (je ne me souviens plus de la rue, car dans cette ville il y a un de ces établissements à chaque carrefour) avec un carton où il avait noté son téléphone pour la même chose ; il y a six mois, un enfant de chœur a fait de même dans une paroisse de l’Eixample où je me rendais pour l’anniversaire d’un être cher. Il y a ceux qui parlent d’un revendeur qui recevait auparavant de l’argent liquide dans un tiroir avec un autocollant Comerç Just et qui accepte désormais ce mode de transfert instantané. Et pendant longtemps, la phrase la plus entendue sur les terrasses de Barcelone, autrefois théâtre de manœuvres sournoises pour éviter de payer lors des réunions entre amis, est, parfois avec une teinte ironique : « Ne vous inquiétez pas, vous faites de moi un bizum ».