Le gouvernement a réussi à faire avancer ce vendredi le nouveau modèle de financement régional au sein du Conseil de politique fiscale et financière grâce à la voix prépondérante du ministère des Finances et au soutien des îles Canaries et de la Catalogne. Le reste des communautés gouvernées par le Parti populaire ont voté contre, ainsi que deux gouvernements socialistes, celui des Asturies et de Castille-La Manche.
La position de l’Andalousie était particulièrement pertinente. La ministre de l’Économie, des Finances et des Fonds européens, Carolina España, a agi comme porte-parole des communautés du PP après la réunion et a dirigé le rejet par les gouvernements populaires du système proposé par l’exécutif de Pedro Sánchez.
« Il a reçu un non fort et retentissant car 90% des territoires ont voté non à ce nouveau système de financement », a déclaré l’Espagne, qui a dénoncé que le modèle « privilégie fondamentalement une communauté, la Catalogne », et a exigé que la négociation recommence à zéro avec la participation de toutes les autonomies.
Le PP soutient que le nouveau modèle viole le principe d’égalité entre les Espagnols inscrit dans la Constitution et critique que son origine réside dans l’accord conclu entre le gouvernement et Esquerra Republicana pour garantir le soutien parlementaire. « Le financement autonome ne peut pas être négocié dans le dos des communautés autonomes ni être le résultat d’un accord bilatéral entre Pedro Sánchez et ERC », a déclaré le conseiller andalou.
Les populaires décrivent le système comme une cession aux indépendantistes et accusent le gouvernement d’agir en position de faiblesse. « C’est une trahison des communautés autonomes et une plaisanterie pour le peuple espagnol », a déclaré l’Espagne.
L’Exécutif défend, pour sa part, que le nouveau modèle intègre davantage de ressources pour les communautés – avec une contribution supplémentaire de 21 milliards d’euros – et permet de progresser dans la réduction des différences territoriales, même si les communautés PP considèrent qu’il ne résout pas les problèmes structurels du système et qu’il introduit des privilèges pour la Catalogne.
La réunion du Conseil de Politique Fiscale et Financière a ainsi témoigné d’une nouvelle bataille territoriale entre le Gouvernement et l’opposition. L’Andalousie, qui réclamait depuis des décennies un financement plus équitable en tant que l’une des communautés les plus peuplées du pays, se positionne désormais comme le fer de lance du PP contre le modèle promu par la Moncloa.
Ceuta a également participé à la réunion et son ministre des Finances est intervenu pour transmettre ses revendications et obtenir le soutien du reste des communautés gouvernées par le PP.