Affrontement diplomatique entre deux camps. Le gouvernement espagnol est confronté à un échange d’accusations sévères avec Israël et la Russie, après que le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a lié les deux pays et une « internationale d’extrême droite » à la propagation des canulars et à la déstabilisation lors de la récente crise migratoire à Ceuta, où des milliers de migrants sont entrés en masse fin juillet.
Le premier à réagir durement a été le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, qui a accusé Sánchez de proférer des « mensonges flagrants » en reliant Tel-Aviv à l’origine du conflit à la frontière nord-africaine. Saar a déclaré sur ses réseaux sociaux que « continuer à diffuser des mensonges diffamatoires ne détournera pas l’attention de l’incapacité honteuse de Sánchez à gérer les affaires de son pays ».
La chargée d’affaires israélienne en Espagne, Dana Erlich, s’est exprimée dans le même sens, soulignant que « la désinformation doit être combattue » et affirmant qu' »Israël ne peut pas continuer à être utilisé comme un écran de fumée ».
De son côté, lors d’une conférence de presse depuis Moscou, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, María Zajárova, a formellement exigé que l’exécutif espagnol fournisse des « faits concrets » et des preuves fiables pour étayer les accusations d’ingérence. Ainsi, le Kremlin a catégoriquement rejeté tout lien avec la diffusion d’informations trompeuses sur la crise frontalière.
La position de La Moncloa
Le déclencheur de ce double front diplomatique réside dans les déclarations du président espagnol, qui a exclu qu’il existe « toute information » pointant le Maroc comme responsable de l’entrée massive à Ceuta. Au contraire, Sánchez a justifié que l’origine de la crise de désinformation répondait à une ingérence extérieure orchestrée par les réseaux russes et israéliens.
Selon le chef de l’Exécutif, sur la base d’une analyse du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) de l’UE, ces réseaux auraient diffusé des canulars sur l’immigration irrégulière pour « attaquer » l’Espagne et l’Europe en représailles à leurs « positions politiques courageuses ». Dans le cas d’Israël, en raison de la dénonciation espagnole du « génocide » à Gaza ; et en Russie, pour le rejet explicite de l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine.
Il convient de rappeler que Netanyahu a retiré son ambassadeur de Madrid, tandis que Sánchez a fait de même en mars 2026 et a rétrogradé l’ambassade d’Espagne en Israël. Désormais, les représentations sont effectuées par le chargé d’affaires.
Ce nouvel épisode porte au maximum la tension diplomatique du gouvernement espagnol avec deux acteurs clés de la géopolitique internationale, à une époque où les relations bilatérales avec Israël étaient déjà au minimum suite à la reconnaissance officielle de l’État de Palestine en mai 2024 et au retrait mutuel des ambassadeurs dans les capitales respectives. L’Etat hébreu reproche à l’Exécutif socialiste de défendre les thèses des terroristes.