La biographie est l’un des éléments les plus visibles et permanents d’un profil sur les réseaux sociaux. Il s’agit de ce petit espace situé sous le nom d’utilisateur où chaque personne peut inclure une brève description d’elle-même, de ses intérêts, de sa profession ou même d’une phrase à laquelle elle s’identifie.
Contrairement aux histoires, notes ou statuts temporaires, qui disparaissent au bout de quelques heures, la biographie reste fixe jusqu’à ce que l’utilisateur décide de la modifier ou de la supprimer, devenant une sorte de lettre de motivation numérique.
L’identité numérique
Alors que certaines personnes le changent fréquemment sur leurs réseaux sociaux – Instagram, TikTok ou X – pour refléter de nouvelles étapes de leur vie, de leurs loisirs ou de leurs humeurs, d’autres gardent exactement la même description pendant des années.
Et, même si ce fait peut sembler un détail sans importance, la psychologie et les sciences sociales ont étudié la manière dont les individus construisent et manifestent leur identité dans les environnements numériques.
En fin de compte, ceux qui gardent intacte leur biographie sur les réseaux sociaux ont tendance à partager une caractéristique commune : ils n’ont pas besoin que leur identité soit constamment réaffirmée par leur présence numérique.
La présentation de soi
Cela ne signifie pas qu’ils ont une certaine personnalité ou qu’ils sont plus introvertis ou moins sûrs d’eux, mais plutôt qu’ils attachent moins d’importance à l’actualisation continue de leur présentation publique sur Internet.
L’une des théories les plus influentes pour comprendre ce comportement est celle du sociologue Erving Goffman, développée dans « La présentation de soi dans la vie quotidienne », que l’on peut traduire par « La présentation de soi dans la vie quotidienne ».
Goffman a soutenu que les gens gèrent l’impression qu’ils font sur les autres à travers différents mécanismes de présentation de soi – tels que la sélection des informations qu’ils partagent, le contrôle du langage et l’adaptation de leur comportement – en fonction du contexte.
Bien que sa théorie ait été formulée bien avant l’arrivée des réseaux sociaux, en 1959, de nombreux chercheurs considèrent que les profils numériques sont une extension de ce processus de présentation de soi.
« Divulgation de soi »
Dans cette perspective, dans la biographie, chaque utilisateur décide quels aspects il souhaite mettre en valeur, en adaptant l’image qu’il souhaite projeter aux autres et en sélectionnant les meilleures versions de lui-même, selon l’étude « Saisir la perspective de l’agent : une enquête cinématique sur la perspective linguistique en italien et en allemand », que l’on peut traduire par « Comprendre la perspective de l’agent : une enquête cinématique sur la perspective linguistique en italien et en allemand ».
Cependant, tout le monde ne ressent pas le même besoin de mettre à jour cette image. Cette différence est liée à ce que la psychologie appelle la divulgation de soi, c’est-à-dire la tendance à partager des informations personnelles avec autrui.
Cela répond au besoin de renforcer les liens sociaux, d’exprimer son identité ou de recevoir des commentaires des autres utilisateurs, selon l’étude « Divulgation de soi et médias sociaux : motivations, mécanismes et bien-être psychologique », que l’on peut traduire par « Divulgation de soi et réseaux sociaux : motivations, mécanismes et bien-être psychologique ».
Moins de validation externe
En revanche, ceux qui gardent leur biographie intacte pendant de longues périodes ont tendance à attacher moins d’importance à la validation sociale obtenue grâce à Internet ou à considérer que ceux qui font partie de leur environnement connaissent déjà les aspects pertinents de leur vie sans avoir à les publier sur les réseaux.
Autrement dit, ce profil de personnes ne perçoit pas la nécessité de redéfinir continuellement la façon dont elles sont perçues par les autres.
Les experts en psychologie préviennent que garder une biographie intacte ne permet pas de tirer des conclusions définitives sur la personnalité d’une personne. Cela ne signifie pas nécessairement qu’une personne est plus réservée ou moins sociable, dans de nombreux cas, elle ne ressent pas que son identité doit être constamment mise à jour pour rester elle-même.