Avec l’arrivée de l’été, la saison des incendies commence en Espagne, de plus en plus tôt et avec plus d’intensité. Le mois d’août n’est pas terminé et près de 150 000 hectares ont déjà été brûlés dans tout le pays. Face à l’ampleur de l’urgence, les différentes administrations ont tenté de travailler de manière coordonnée pour faire face aux flammes, sans pour autant laisser de côté l’habituelle confrontation politique. Dans ce conflit, une fois de plus, se sont glissés des appels du gouvernement et du PP à la recherche d’un pacte d’État.
Aujourd’hui, on répète les mêmes mots qu’il y a un an et le manque de volonté de parvenir à un accord. Pedro Sánchez lui-même et la troisième vice-présidente et ministre de la Transition écologique, Sara Aagesen, demandent depuis des jours un accord pour remédier à la situation (comme ils l’avaient également promu il y a un an). Cependant, au PP, ils rappellent qu’ils ont déjà fait leur proposition il y a presque un an et qu’elle n’a pas été prise en compte par l’Exécutif. Cependant, dans les mesures proposées par les deux parties, il y a plusieurs coïncidences qui favoriseraient un éventuel accord.
C’est après les incendies qui ont dévasté l’Estrémadure, León et la Galice en août dernier que le gouvernement et le PP ont lancé des propositions pour éviter que cela ne se reproduise cette année. Alberto Núñez Feijóo a présenté, dès l’été, son « Plan global d’aide, de récupération et de prévention pour les milieux ruraux et forestiers » avec 50 mesures pour faire face aux conséquences désastreuses de la vague d’incendies, axées sur trois phases : Aider, Récupérer et Prévenir. Pedro Sánchez a fait de même, en expliquant son Pacte d’État contre l’urgence climatique, qui couvrait la lutte contre les incendies mais aussi contre d’autres catastrophes. Même si l’objet des deux propositions diffère, puisque l’une est plus large que l’autre, il existe plusieurs similitudes.
Tout au long du week-end dernier, avec les incendies qui ont fait rage à Madrid, Ávila et Tolède, toutes les administrations ont reconnu qu’il y avait une bonne coordination entre elles. En fait, le chef de l’Exécutif est même apparu publiquement devant les journalistes aux côtés des présidents régionaux des zones touchées par les incendies (Andalousie, Castille-La Manche, Castille-León, Generalitat Valencia, mais pas avec le président de la Communauté de Madrid). Cependant, améliorer cet aspect est une priorité pour Sánchez et Feijóo.
Le chef de l’Exécutif a proposé de créer une Agence nationale de protection civile et d’urgence pour améliorer « la prise de décision des administrations », un Plan national d’interconnexion et d’interopérabilité de l’information et un catalogue national de capacités opérationnelles, entre autres. Feijóo, pour sa part, approuve le mécanisme national de réponse de la protection civile et une nouvelle loi sur la coordination des services de gestion des incendies et de secours et établit des critères objectifs pour la mobilisation de toutes les ressources.
Chaque année, le débat tourne à nouveau autour du nombre de professionnels embauchés pour faire face aux incendies et du personnel qui travaille tout au long de l’année pour les prévenir. Le Gouvernement et le PP estiment nécessaire de l’élargir. Le Parti Populaire, dans son plan, propose de « garantir des moyens suffisants pour l’effort de lutte contre les incendies », en renforçant la structure de l’UME et du SEPRONA. Tout cela, soulignent-ils, est entre les mains de l’Exécutif central.
Le Gouvernement, dans son pacte d’Etat, parle de « redimensionner et renforcer par toutes les administrations publiques les moyens techniques nécessaires ». En outre, ils proposent la création d’un corps facultatif de techniciens de la protection civile pour la réponse aux catastrophes et la création d’équipes professionnelles permanentes pour les mesures préventives et opérationnelles.
Outre la destruction du paysage, les incendies entraînent également l’expulsion de milliers de personnes et, dans le pire des cas, la destruction de leurs habitations. Rien que la semaine dernière, plus de 100 000 personnes ont dû quitter leur domicile. L’Exécutif a proposé la création d’un fonds « avec des ressources nationales et régionales » qui permettrait « d’accélérer l’acheminement de l’aide aux ménages, entreprises et municipalités touchés ». Dans le cas du PP, la proposition est plus précise et propose un paquet d’aides d’État pour les dommages corporels, l’indemnisation des dommages aux habitations, des lignes de crédit publiques, des exonérations fiscales et que les aides soient accordées automatiquement.
Le PP et le gouvernement conviennent également que la prévention des incendies implique la reprise de l’activité dans les montagnes, le renforcement de l’élevage extensif et l’utilisation de la PAC pour rémunérer les agriculteurs et les éleveurs pour le nettoyage et la conservation du territoire. Les différences apparaissent dans les instruments : le PP s’engage principalement sur des incitations fiscales, des réformes juridiques et une flexibilité dans l’utilisation des forêts, tandis que le gouvernement développe un modèle plus technique basé sur le brûlage dirigé, les mosaïques agroforestières, les paiements pour les services écosystémiques, les forêts résistantes et l’emploi vert rural.