62,6% des Catalans sont favorables à ce que la loi d’amnistie soit appliquée à toutes les affaires judiciaires pendantes liées au « procés ». Cela ressort clairement de l’Enquête politique sur la Catalogne réalisée par le Gabinet d’Estudis Socials i Opinió Pública (GESOP) pour EL PERIÓDICO, réalisée entre le 16 et le 22 juillet, une fois que la justice européenne avait déjà approuvé le contenu de la norme et déterminé qu’elle ne contrevenait pas aux intérêts financiers de l’Union européenne ni à la directive sur le terrorisme.
Les plus favorables à l’exonération de tous les condamnés ou poursuivis sont les électeurs du CUP : plus de 93 % de ceux qui ont voté lors des dernières élections législatives soutiennent l’amnistie. Ils sont suivis de près par les électeurs de Junts (90,5%) et d’ERC (86,5%). En revanche, seuls 65% des habitants de l’Aliança Catalana sont favorables, tandis que plus de 26% se déclarent contre cette grâce. Il s’agit d’un soutien bien inférieur, par exemple, à celui des Comuns (80%), alors que dans le cas des électeurs socialistes des derniers Catalans, près de 60% sont d’accord.
Il n’est en revanche pas surprenant que la majorité des électeurs du PP et de Vox rejettent l’amnistie. Les plus populaires le font à 78%, tandis que ceux qui ont choisi le ticket d’extrême droite sont contre l’exonération à 82%. Les différences sont moins significatives selon le sexe, l’âge, le lieu de résidence ou le niveau scolaire. 65 % des hommes soutiennent la loi, contre 60 % des femmes ; tandis que par âge, le groupe le plus réticent se situe entre 30 et 44 ans : 52% soutiennent la norme. Le plus favorable, en revanche, est celui des plus de 60 ans, puisque près de 69 % sont d’accord.
Si l’on regarde la répartition par province, à Tarragone 55,6% soutiennent l’amnistie, contre près de 40% qui y sont opposés. En revanche, Gérone est la plus favorable avec 65% de partisans et 30% de détracteurs, suivie par Lleida, avec des chiffres très similaires, et Barcelone (63% contre 27%). Quant à la ville de Barcelone, 64% de ses habitants soutiennent l’amnistie, tandis que dans le reste des grandes villes de la communauté – celles de plus de 100.000 habitants – seulement 58% se déclarent défenseurs de la norme approuvée par le Congrès en 2024. En revanche, dans les petites villes – de moins de 10.000 habitants – 68% y sont favorables.
Enfin, si l’on prend en compte la profession, 69% des retraités, 62% des travailleurs et 55% des chômeurs se déclarent en faveur de la loi, alors que seulement 46% de ceux qui effectuent un travail domestique ou non rémunéré sont en faveur de la loi. Au niveau éducatif, 68% de ceux-ci ont un niveau d’éducation supérieur, suivis par 60% de ceux qui déclarent avoir un niveau d’éducation faible et 57% de ceux qui ont un niveau intermédiaire.
Deux ans après la validation de la norme par les Cortes générales, de nombreux dirigeants indépendantistes attendent encore d’en bénéficier. Le cas qui fait le plus parler d’eux est celui de l’ancien président Carles Puigdemont, qui n’a pas encore pu rentrer en Catalogne – comme les anciens conseillers Toni Comín et Lluís Puig – mais les condamnations à la déchéance continuent de peser sur d’autres dirigeants politiques comme Oriol Junqueras ou Jordi Turull. Et il y a aussi des citoyens anonymes qui attendent toujours que cela leur soit appliqué. Cependant, la majorité des personnes concernées espèrent que leur situation procédurale pourrait changer dans un avenir proche, suite à l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne.
En effet, ce vendredi, la Cour suprême a appliqué la loi d’amnistie à huit personnes reconnues coupables de désobéissance ou de troubles publics, parmi lesquelles l’ancien président du Parlement Roger Torrent et d’autres membres du Conseil. Il a également accordé l’amnistie à deux citoyens condamnés à un an et demi de prison pour avoir jeté des pierres lors de manifestations en octobre 2019, lorsque la sentence du « procès » a été prononcée. Les cas Puigdemont et des autres membres du Gouvernement devraient commencer à se résoudre cet automne. C’est d’abord la Cour constitutionnelle qui devra se prononcer, puis la Cour suprême.
Fiche technique de l’enquête
- Entreprise responsable : GESOP.
- Technique de recherche : Entretien téléphonique et en ligne.
- Zone d’étude : Catalogne.
- Population : Adultes ayant le droit de vote.
- Échantillon : 800 entretiens.
- Type d’échantillonnage : Stratifié par taille de commune et, au sein de chaque strate, par quotas de sexe et d’âge.
- Marge d’erreur : ±3,5 % pour un niveau de confiance de 95 % et p=q=0,5, sous l’hypothèse de plus
- Travaux de terrain : Du 16 au 22 juillet 2026.