Junts considère que le pacte de Bruxelles est rompu, l’entente qui a permis en 2023 l’investiture de Pedro Sánchez et a ouvert une table de négociation en Suisse avec la présence d’un médiateur international. C’est ce qui a été décidé « à l’unanimité » par la direction du parti lors d’une réunion tenue à Perpinyà qui a duré plus de trois heures.
Ce sera maintenant le tour du militantisme de la formation post-convergente, qui doit entériner la rupture lors d’une consultation prévue mercredi et jeudi, selon des sources du parti consultées par EL PERIÓDICO. Le conseil national du parti se réunira ce mardi pour activer tous les mécanismes internes afin de lancer le vote. Jeudi précisément, jour où le résultat sera connu, Sánchez est convoqué pour témoigner devant la commission d’enquête sur le « cas Koldo » au Sénat, où le PP dispose de la majorité absolue.
Réunion de la direction des Junts, à l’espace Les 5 Éléments, le 27 octobre 2025, à Perpignan (France). Puigdemont a rencontré la direction des Junts pour décider s’il fallait rompre avec le PSOE, une décision qui sera probablement soumise au vote des militants. / JuntsxCat / JuntsxCat
Lors de la réunion de ce lundi en France, l’ancien président Carles Puigdemont a choisi de rompre. Le leader du parti estime que, deux ans après l’investiture de Sánchez, les non-respects accumulés rendent intenable le maintien des négociations et que le dialogue ouvert en Suisse n’a pas beaucoup de chemin à parcourir.
La loi d’amnistie n’a pas permis le retour de Puigdemont en Catalogne, la délégation des pouvoirs en matière d’immigration n’a même pas passé la première procédure au Congrès et le catalan n’est toujours pas officiel en Europe. Aucune des trois questions ne dépend exclusivement du PSOE, mais Junts estime que les socialistes auraient pu faire davantage. Par ailleurs, sur la liste en attente figurent également les propositions contre la récidive multiple ou le squattage, des lois qui restent dans un tiroir au Congrès et auxquelles les maires du parti accordent une grande importance en vue des élections municipales de 2027.

la porte-parole de Junts au Congrès, Miriam Nogueras (4) ; l’ancien président de la Generalitat et leader de Junts, Carles Puigdemont (5i), et le secrétaire général de Junts, Jordi Turull (4d), lors d’une réunion de la direction de Junts, dans l’espace Les 5 Éléments, le 27 octobre 2025, à Perpignan (France). / JuntsxCat / JuntsxCat
Au cours des dernières heures, le gouvernement a pris quelques mesures pour apaiser les tensions avec ses partenaires : il a fait signer à l’Allemagne une déclaration dans laquelle il s’engage à « ouvrir un dialogue » pour faire progresser le statut officiel du catalan dans l’UE, même si le gouvernement de Friedrich Merz ne voit toujours pas clairement la proposition, et il s’est ouvert à étudier l’initiative des post-convergents pour lutter contre la récidive multiple. Mais rien de tout cela n’a suffi à convaincre Puigdemont.
Le doute est désormais de savoir comment cette rupture se concrétisera au Congrès, car le parti dirigé par Carles Puigdemont négocie « pièce par pièce » depuis un certain temps déjà et il existe de nombreuses initiatives gouvernementales qu’il a renversées, aux côtés du PP et de Vox.
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