Rosalía annonce son quatrième album, « Lux », lors d’un événement à Callao diffusé de manière chaotique sur Tik Tok et Instagram

Il y a quelque temps, un panneau publicitaire affiché à Times Square avait révélé le secret : le nouvel album de Rosalía s’intitule « Lux », comme on le pensait depuis des jours, il sortira le 7 novembre et sur la couverture, elle apparaît dans des habits de nonne d’un blanc immaculé. Moment d’agacement apparent, lorsqu’il remarque le ‘scoop’, en plein live stream TikTok : « Mais c’est quoi cette merde ? Ils sont allés de l’avant à New York ! », s’est-il exclamé parmi les siens et devant la caméra. Qu’il s’agisse d’une gaffe ou d’un gag théâtral, plutôt de ce dernier, c’est ainsi qu’a commencé la quatrième époque du chanteur de Sant Esteve Sesrovires, qui, à en juger par l’événement de ce lundi, en plus de souligner un passé spirituel, semble jouer avec l’informalité et une certaine idée du chaos.

Le « live » a commencé sur TikTok à l’heure annoncée, 20h45, montrant Rosalía dans son quartier général, laissant son équipe se maquiller et coiffer ses cheveux bruns qui arborent désormais une frange de cheveux blonds sur le sommet de sa tête, comme pour signaler un halo mystique. Elle était là, piquant des morceaux d’omelette aux pommes de terre (et glissant des questions philosophiques : « avec oignon ou sans oignon ? »), parlant des derniers détails, se brossant les dents… En fond sonore on pouvait entendre des chansons de ‘The new anormale’, des Strokes. Les coupures de diffusion étaient déjà fréquentes, bien que brèves. Une demi-heure plus tard, Rosalía, dans sa longue robe blanche céleste et virginale, et son équipe sont sorties et sont montées dans une voiture conduite par elle-même. Il a commencé à fumer en conduisant. Et le signal TikTok a été coupé. Confusion parmi les « fandoms ». Après le fondu au noir, l’événement a repris, sans préavis, sur Instagram, où l’on a pu suivre les aventures passionnantes de la chanteuse traversant Madrid, en route vers Callao, et étant accueillie par des fans et des piétons qui l’ont reconnue.

Apparition surprise de Rosalía dans le centre de Madrid. / Juanjo Martín / EFE

Nonne en fuite

Un chapelet était accroché à l’intérieur de la voiture et dans la bande sonore choisie, on pouvait distinguer des morceaux classiques, comme « Les Quatre Saisons », de Vivaldi, et « Caprichos para Violin » de Paganini, ainsi que la voix flamenco de Camarón dans les sévillanes de « Vámonos pa casa ». Quand finalement, après plus d’une heure de diffusion cahoteuse, avec de plus en plus de coupures, la voiture arriva à la Gran Vía, Rosalía se précipita vers l’entrée de l’hôtel Vincci, courant vers l’ascenseur et montant jusqu’à un sol en verre d’où elle salua et envoya des baisers au très nombreux public qui était venu là suite aux rumeurs des heures précédentes.

La couverture du quatrième album de Rosalía, « Lux ».

La couverture du quatrième album de Rosalía, « Lux ». /Sony Musique

Le « live » de Rosalía sur les réseaux consistait ainsi à avoir ses followers pendant une heure et demie attentifs à un écran qui ne cessait de tomber en panne et, au moment de l’heureuse annonce, à les laisser en suspens, puisque le moment où la couverture de l’album était révélée à Callao n’était pas diffusé. Mais voilà, donnant un nom à ce projet connu jusqu’à présent sous le nom de « R4 » et qui fait désormais référence à une lumière qui présente des propriétés transcendantes. Une spiritualité qui, selon certaines photos intérieures de l’album (double vinyle) diffusées sur les réseaux, correspond à des images dans lesquelles elle apparaît nue au lit, dans un dialogue entre mystique et sexe qui ferait le bonheur de Prince. Sur les affiches exposées figurent les titres de certaines chansons de l’album : « Faith blind », « Curopo daos », « Berghain », « Carmesí », « Luz que duele », « Cielo fall » et « Lux ».

La transcendance n’est pas une idée nouvelle dans l’œuvre de Rosalía, qui flottait déjà dans l’agenda spectral du flamenco de « Los Angeles » (2017), s’exprimait dans les processions et la pénitence de « El mal qué » (2018) et parsemait plusieurs chansons de « Motomami » (2022), comme « G3 N15 », qui se terminait par une note vocale de sa grand-mère dans laquelle elle déclarait que « en premier lieu, il y a toujours Dieu, et ensuite la famille ». Lorsque la nouvelle musique sera entendue, il sera temps de commencer à assembler les nouveaux morceaux de ce « Lux » destiné à susciter d’intenses discussions dans les semaines à venir.

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