54 ans après le dernier voyage sur la Lune, la mission Artemis 2 a réveillé une authentique « joie lunaire » qui transcende le scientifique pour devenir un phénomène culturel passionnant. Regarder le vaisseau Orion naviguer dans l’espace lointain et les merveilleuses images que ses membres d’équipage ont envoyées depuis l’autre côté de la Lune a réactivé une fascination que le cinéma et la télévision n’ont jamais complètement abandonnée. Si vous souhaitez approfondir l’épopée de ce retour lunaire ou avez besoin de confort audiovisuel le temps d’assimiler les étapes de la mission, la fiction offre un plan parfait. De la rigueur documentaire des pionniers aux uchronies qui imaginent les villes lunaires, cette sélection de dix titres incontournables vous permet de revenir sur notre satellite depuis votre salon. Un aller-retour qui relie la nostalgie d’Apollon à l’ambition exploratrice d’Artémis.
Le réalisateur de « La La Land » échappe à l’orbite hagiographique pour filmer l’isolement (dans tous les sens du terme) de Neil Armstrong, le premier homme sur la Lune. Une expérience physique, presque tactile, qui nous fait découvrir des capsules grinçantes et nous rappelle que le voyage lunaire était un défi presque suicidaire. La séquence hypertendue d’alunissage est une merveille de conception sonore et visuelle, une pure angoisse en temps réel. Un portrait sec et direct, taciturne et antihéroïque, sur le prix émotionnel payé par ceux qui ont ouvert le chemin qu’Artémis aspire à tracer. Disponible à la location sur Apple TV, Rakuten, Google Play et Prime Video.
Bien avant les projets actuels d’exploitation minière de la Lune, le fils de David Bowie a réalisé ce film désormais culte sur la gestion des ressources du satellite. Sam Rockwell incarne un opérateur d’une base extractive d’hélium 3 dont la mission est marquée par une solitude absolue et qui découvre un jour qu’il n’est pas seul, ou peut-être qu’il l’est. Il s’agit d’une science-fiction humaniste qui réfléchit sur l’identité et l’éthique des entreprises dans la nouvelle frontière spatiale. Son atmosphère détaillée, presque artisanale, en fait une pièce maîtresse pour comprendre la psychologie de l’astronaute en mission de longue durée. Un petit bijou du genre qui interroge sur quelle humanité nous allons emmener vers les étoiles. Disponible sur Filmin.
En effet : « Houston, nous avons un problème ». Et les gros. Ron Howard documente avec une précision chirurgicale et une vocation spectaculaire l’accident qui a empêché la mission d’alunir en 1970. La Lune fonctionne ici comme une assistance gravitationnelle au retour sur Terre, concept en lien direct avec la trajectoire exécutée par Artemis 2. C’est, en vérité, un hommage à la rigueur technique et à la coordination avec le centre de contrôle de Houston, les héros de l’ombre. Disponible sur Movistar Plus+ et SkyShowtime.
Todd Douglas Miller utilise des images originales de la NASA en 70 mm, restaurées avec une clarté époustouflante, pour raconter la mission lunaire de 1969 sans voix off ni interviews rétrospectives. L’absence de filtres permet d’apprécier la grandeur réelle de la fusée Saturn V et la fragilité de l’Aigle descendant dans la poussière lunaire. C’est la référence visuelle définitive pour comprendre l’ampleur du défi auquel la NASA a été confrontée avec la nouvelle technologie du vaisseau spatial Orion. Disponible à la location sur Apple TV, Rakuten TV et Prime Video.
Sous le format désormais presque oublié des ‘found footage’, ce film maudit du réalisateur espagnol explore les théories du complot sur une mission secrète après Apollo 17. Bien qu’il se distancie de la rigueur scientifique d’Artemis, son atmosphère de réalisme sale et claustrophobe capte la peur atavique de l’inconnu sur la face cachée de la Lune. Il s’agit d’une proposition d’horreur spatiale qui joue avec l’idée de pourquoi il nous a fallu si longtemps pour revenir et quels dangers pourraient se cacher dans les cratères où le soleil ne brille jamais. Un exercice de style tellement plausible qu’il a obligé la NASA à prévenir que, attention, tout n’était que pure fiction. Disponible en Blu-ray et DVD.
Le réalisateur de « Boyhood » utilise l’animation pour reconstituer l’atmosphère sociale de Houston pendant la course à l’espace. Le film mêle chronique des mœurs et fantasme enfantin sur une mission secrète, servant d’analyse sociologique de la manière dont la Lune a marqué les aspirations de toute une génération d’enfants américains, aujourd’hui « baby-boomers » sûrement désenchantés. Un exercice de mémoire nostalgique qui explique pourquoi le retour actuel avec Artemis a une charge symbolique si puissante dans la culture populaire. Doté d’un délicat sceau 100% Linklater, le film est un délice visuel qui revendique le droit de rêver à d’autres mondes depuis son jardin. Disponible sur Netflix.
Bien que le voyage final pointe vers Jupiter et au-delà des étoiles, l’acte central du chef-d’œuvre de Kubrick à la base de Clavius, ce point d’où émerge le fascinant monolithe noir, reste le portrait le plus réaliste d’une Lune habitée. Filmé avant l’alunissage proprement dit, sa précision technique dans les manœuvres d’approche et la recréation de la gravité lunaire n’a pas été surpassée. Sûrement le chaînon manquant entre science et art, une vision qui anticipait tout ce que le projet Artemis cherche à établir : des bases permanentes, des routines spatiales et le mystère de ce qui attend sous la poussière grise de la Lune. Disponible sur Movistar Plus+, Filmin et HBO Max.
Kilomètre zéro de notre obsession pour le satellite. Ce travail fondamental a lancé une fusée dans l’œil de la Lune bien avant que la physique des moteurs ne devienne une réalité. C’est une fantaisie théâtrale que l’on voit aujourd’hui avec tendresse, mais qui contient le germe de la curiosité humaine et la grammaire même de la science-fiction cinématographique. Un document historique de seulement 14 minutes qui reste l’icône visuelle la plus poétique de l’histoire du cinéma spatial, avec la permission, peut-être, de cet os jeté dans l’espace par un singe en ‘2001’ et transformé, en une ellipse de milliers d’années, en vaisseau spatial se dirigeant vers la Lune. Disponible sur Mubi et en location sur Prime Video.
C’est la série qui dialogue le mieux avec le présent d’Artemis. Cette uchronie pose ce qui se serait passé si la course à l’espace ne s’était jamais arrêtée après l’alunissage soviétique quelques semaines avant Apollo 11. Au fil de ses saisons (la cinquième vient de sortir), elle montre l’évolution technologique vers des bases permanentes, la militarisation du satellite et l’extraction de glace aux pôles. Sa rigueur dans les procédures techniques et sa capacité à imaginer une Lune habitée en font la fiction de référence pour comprendre notre avenir à court terme. Une épopée qui fait de la Lune la première étape d’un destin manifestement interplanétaire et sans frontières. Disponible sur Apple TV+.
De Corée du Sud vient cette mini-série sous-estimée qui place l’action dans une station de recherche lunaire dans un avenir de pénurie d’eau. L’intrigue se concentre sur la récupération d’échantillons et les risques biologiques dans les environnements extraterrestres. Il explore le côté le plus inhospitalier du satellite et les difficultés logistiques liées au maintien d’une base opérationnelle, un sujet très présent dans les discussions actuelles sur l’exploitation minière au pôle sud lunaire. Disponible sur Netflix.