Vox, loin de considérer la répartition des mineurs à Ceuta comme un scrutin politique difficile à intégrer, croit pouvoir mener une bataille fructueuse pour s’y opposer. Outre l’absence annoncée de leurs représentants à la rencontre de ce jeudi entre la ministre de l’Enfance, Sira Rego (d’Izquierda Unida) et les communautés autonomes – un projet non soutenu par leur partenaire, le Parti populaire (PP) – ceux de Santiago Abascal préparent déjà une défense de leur rejet de la distribution qu’ils porteront le plus loin possible, y compris par la voie judiciaire. Comme le confirment des sources du groupe, qui affirment avoir leur veto sur la distribution très « légalement armé ».
C’est la même question qui, lorsqu’elle a été soulevée il y a deux ans aux îles Canaries, alors que le nombre de mineurs arrivant en Espagne était bien inférieur à l’actuel, a provoqué la rupture unilatérale par l’extrême droite de tous les gouvernements de coalition qui, un an auparavant, s’étaient formés, pour la première fois, avec ceux d’Alberto Núñez Feijóo. Cette possibilité étant cette fois exclue, selon les mêmes sources, qui avaient alerté il y a quelques semaines sur une situation substantiellement « différente » de celle qui s’était produite à l’époque, Vox et ses quatre vice-présidents régionaux, ceux d’Estrémadure, d’Aragon, de Castille et de León et d’Andalousie, se concentrent désormais sur la remise en question du processus de distribution depuis le début.
Une position quelque peu différente de celle du PP qui, même s’il demande également le retour des mineurs au Maroc, En fin de compte, il accepte une répartition solidaire entre les différentes autonomies, même s’il est ouvertement en désaccord avec les quotas fixés par le gouvernement de Pedro Sánchez.
La clé pour torpiller ce processus de relocalisation, que la formation ne cache pas, et dont elle se vante même publiquement, réside dans les dossiers de chaque mineur spécifique. Dans une position de départ qui présente encore des similitudes avec celle du PP, qui insiste pour que chacune des affiliations de ces mineurs soit effectuée avec les plus grands scrupules, pour détecter d’éventuelles fraudes. Les plus populaires brandissent le chiffre selon lequel la moitié de ceux qui sont arrivés de leur époque dans la Communauté de Madrid et des Îles Baléares en provenance des îles Canaries se sont avérés avoir finalement plus de dix-huit ans, alimentant ainsi l’hypothèse que quelque chose de similaire pourrait maintenant se produire.
Lettre au ministre Rego
Concernant ces dossiers, Vox est clair. Dans trois lettres envoyées au ministre Rego par les vice-présidents Óscar Fernández (Estrémadure), Alejandro Nolasco (Aragon) et Carlos Pollán (Castilla y León), le PSOE et l’Exécutif de Sumar sont invités à s’abstenir d’effectuer le transfert, ou même à commencer à le préparer. Premièrement, ils exigent que des dossiers individualisés soient constitués pour chaque mineur, comprenant des examens médicaux comme des radiographies du poignet. Selon le gouvernement, il en reste environ 1 300 dans la ville autonome. Et une fois réalisées, elles devront être envoyées aux communautés, auxquelles Vox se réserve le droit de contester judiciairement les dossiers qui devront éventuellement être résolus, et toujours selon les critères d’Abascal, avec un retour dans leur pays d’origine, qui dans le cas de ceux qui arrivent à Ceuta n’est pas toujours le Maroc. Il faudra voir si cela a un effet, étant donné que le placement des enfants en famille d’accueil est requis par la loi.
Les vice-présidents de Vox vont jusqu’à affirmer que précisément la répartition des plus d’un millier de mineurs qui restent encore à Ceuta dans divers endroits de l’Espagne continentale rendrait difficile leur rapatriement, y compris la localisation de leurs proches. Au cœur de l’argumentation de Vox, la même que celle qu’elle fera valoir le moment venu devant les tribunaux, se trouve le raisonnement suivant : la compétence en matière de frontières et d’immigration appartient au gouvernement central, et ce qu’elle chercherait en entamant le processus de répartition, c’est d’imposer ce problème aux autonomies, ce qui est inacceptable pour le troisième parti du Congrès. Aussi que l’avalanche migratoire du 31 juillet correspondrait à un acte de « guerre hybride » de la part du régime de Mohamed VI, étant donné que tout ce qui n’impliquait pas le retour des mineurs véhiculerait l’idée d’une « collaboration avec l’envahisseur ».
Curieusement, dans les premiers jours qui ont suivi cette entrée massive, Abascal a évité de désigner le Maroc (tout comme Feijóo et le gouvernement) et a tenu Sánchez pour seul responsable de ce qui s’est passé en raison du processus de régularisation de l’immigration approuvé cette même année. Un message très similaire à celui utilisé par plusieurs de ses coreligionnaires internationaux, dont le président des États-Unis, Donald Trump.