Ce mardi, le Gouvernement a approuvé la Stratégie ferroviaire catalane 2025-2050, le document qui marquera la feuille de route de la mobilité ferroviaire pour les prochaines décennies. Le plan, présenté par la ministre du Territoire, de l’Habitat et de la Transition écologique, Sílvia Paneque, définit un réseau destiné à doubler la capacité du système actuel, à créer trois nouvelles gares à grande vitesse – dans les aéroports de Gérone et de Reus et une autre à Penedès -, à promouvoir deux axes structurels majeurs (projetés il y a des années, l’Eix Transversal Ferroviari et la Línia Orbital de Catalunya) et à créer une entreprise ferroviaire publique qui permet l’achat de son propre matériel roulant.
Train de la future ligne R-Aéroport qui sera exploitée par Ferrocarrils de la Generalitat. /Jordi Otix
L’édile a souligné lors de sa comparution après le gouvernement que l’on travaille à la « stabilisation » du système ferroviaire catalan et que le fait de concevoir une stratégie nous permettra de « lever le regard » et de voir quelles infrastructures et quels investissements sont nécessaires pour développer ce type de transport dans les décennies à venir. « Le système ferroviaire des Rodalies n’est pas au niveau que nous souhaiterions », a-t-il reconnu.
La stratégie englobe non seulement les Rodalies, les Regionals et le réseau à grande vitesse, mais inclut également le métro, les Ferrocarrils de la Generalitat de Catalunya (FGC), les tramways actuels de Barcelone et le futur train-tram du Camp de Tarragone. Le plan repose sur un diagnostic clair : la Catalogne va croître en population et en mobilité, et le système ferroviaire doit doubler sa capacité (il y a actuellement 2 050 kilomètres de lignes en service) s’il veut maintenir son poids en tant que véritable alternative au transport privé.
30 milliards depuis 2000
Au cours des 25 premières années du siècle, l’investissement ferroviaire en Catalogne a atteint plus de 30 milliards d’euros, à parts presque égales entre l’État et la Generalitat. Dans le premier cas, il a été consacré principalement au réseau à grande vitesse (plus de 10 milliards), avec des injections de millions de dollars surtout entre 2005 et 2010. Bien que le nouveau document gouvernemental n’estime pas le montant souhaité avant 2050, son objectif est qu’il soit similaire à ces 30 milliards.

Gare à grande vitesse de Gérone. /DDG
Un autre des objectifs du document approuvé ce mardi est d’amener la grande vitesse sur un plus grand territoire, avec la création de trois nouvelles gares intermodales : dans les aéroports de Gérone et de Reus et une autre à Vilafranca del Penedès. Le premier, le seul pour lequel une étude informative a été lancée, permettra de connecter directement l’aéroport de Vilobí d’Onyar au réseau à grande vitesse et à la future gare Eix Transversal ; le second desservira la zone autour de l’aéroport de Reus et le corridor méditerranéen ; et le troisième, situé entre Vilafranca et Sant Sadurní d’Anoia, servira de nœud de liaison entre l’Alt Penedès et la zone métropolitaine.
Ces trois gares s’ajouteront à celles existantes de Barcelone, Figueres, Gérone, Lleida et Camp de Tarragone, élargissant ainsi la carte d’accessibilité aux trains longue distance, qu’ils considèrent comme rares. L’édile a établi que les deux gares à grande vitesse de Gérone et de Reus sont liées au DORA III d’Aena (2027-2031), elles devraient donc être « en service » en 2030, alors que dans le cas de la gare de Penedès, il n’y a actuellement pas de calendrier.
Réclamations historiques
Parmi les principales lignes d’action, le Gouvernement propose également deux projets structurels qui étaient jusqu’à présent des revendications historiques. La première est l’Eix Transversal Ferroviari, une ligne qui reliera Lleida, Manresa, Vic et Gérone, fermant un corridor transversal de moyenne distance qui reliera l’intérieur du pays sans passer par Barcelone. La seconde est la Línia Orbital Ferroviària, conçue comme un grand anneau de Rodalies entre Vilanova i la Geltrú, Vilafranca del Penedès, Terrassa, Sabadell, Granollers et Mataró. Les deux projets sont considérés comme des piliers pour réduire la dépendance radiale vis-à-vis du réseau actuel.
« Tout comme nous disposons d’une première et d’une deuxième couronne d’axes routiers qui évitent la zone métropolitaine de Barcelone, nous voulons la reproduire sur les lignes ferroviaires », a expliqué Paneque, qui a révélé qu’avant la fin de l’année, l’étude des alternatives pour le tracé du premier tronçon de l’Eix Transversal Ferroviari, qui doit relier Lleida, Cervera, Igualada et Martorell, sera mise en adjudication.
Renouveler la flotte de véhicules
La stratégie envisage également la création d’une nouvelle entreprise ferroviaire publique, dépendante de la Generalitat, qui sera chargée de l’achat, de la gestion et de l’entretien des trains. Cette nouvelle entité lui permettra de disposer de son propre matériel roulant, et d’avancer dans le déploiement effectif des compétences assumées après le transfert du service. Le document justifie cette décision par la nécessité de « garantir l’indépendance opérationnelle et la fiabilité du service », et souligne que la Catalogne devra renouveler une grande partie de sa flotte mobile au cours des dix prochaines années.
Après l’approbation de la Stratégie Ferroviaire de Catalogne, qui était un mandat du Parlement de deux séances plénières monographiques sur les Rodalies et les infrastructures, le Plan de serveis ferroviaris de Catalunya (en préparation) concevra comment augmenter les services, la fiabilité et la sécurité et, troisièmement, un autre élément de planification, le Plan d’infrastructures de transport établira ce qui est nécessaire pour y parvenir.
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