Sextech : une révolution sexuelle 2.0 en douceur… ou presque (chapitre 1)

3 mois ago Sex High Tech 1

La sextech est née il y a un peu moins de 10 ans et représente déjà un marché mondial de plus de 30 milliards de dollars, dont 2 milliards pour le simple secteur de la rencontre. Des chiffres qui reflètent le bouleversement que connaissent nos modes de vie. Applications de rencontre, sextoys, réalité virtuelle, éducation, jeux la sextech aborde tous les domaines de nos relations intimes. Etats des lieux d’une révolution sexuelle 2.0 tout en douceur en attendant les polémiques…

Il est loin le temps des mariages arrangés, des idylles entre collègues voire du speed-dating dans sa version New-yorkaise d’origine. Aujourd’hui, comme dit une publicité, « on se rencontre d’un simple « swipe » ».  Tinder pour tout le monde, Grindr pour les gays, Kinkd pour les fétichistes ou Sizzl pour les amoureux du bacon, il existe toujours une application qui peut répondre à toutes vos envies, quelles qu’elles soient. Cette simplicité dans la possibilité de faire des rencontres est un des piliers de cette révolution sexuelle 2.0.

révolution sexuelle 2.0
Les sextoys en pleine mutation esthétique

Un autre pilier à cette révolution sexuelle 2.0 est la démocratisation des sextoys. Ils sont loin les godes « realistics » qui n’avaient de réaliste que la laideur de leur apparence, poussant les utilisatrices, rougissantes de honte, à les cacher au fond de l’armoire. Aujourd’hui, les nouveaux matériaux offrent des objets toujours plus stylisés, toujours plus design que madame peut très facile mettre dans son sac en toute discrétion. Revendiquant du coup son droit au plaisir ! Les nouveaux objets du plaisir s’appellent Crescendo, Lovely, Hum, Ora2 et ont cette particularité d’être connectés à une application qui permet de les commander à distance et de varier les vibrations selon ses envies. Comme le Bleumotion qui se glisse dans le string. « Sortez, vibrez ! »

Les sextoys ne sont plus seulement des objets de plaisirs solitaires, ils sont devenus de plus en plus complémentaires dans les rapport des couples. Madame et monsieur ont désormais chacun le sien et peuvent l’utiliser à distance pour se sentir l’un contre l’autre pour ne pas dire l’un dans l’autre. Kiiroo avec son Onyx et Pearl s’intéresse ainsi aux couples, qu’ils soient ensemble ou séparés.

Little bird augmente le plaisir des lectures érotiques

Ces objets du plaisir se sont adaptés à nos modes de vie. Plus esthétiques on l’a dit, ils réagissent maintenant à nos lectures érotiques, comme le « Little Bird » de B. Sensory. Ils s’adaptent aux vidéos que nous regardons comme le propose l’association BadoinkVR et Kiiroo pour se sentir acteur ou réalisateur de scènes XXX en réalité virtuelle. Ils peuvent aussi se régler sur votre playlist pour une jouissance musicale.

Révolution sexuelle 2.0 aussi pour l’éducation et la santé

Autre pillier de cette révolution sexuelle 2.0 les sexo-applications qui font entrer la sextech dans le

révolution sexuelle 2.0
Gentle l’application pour le plaisir des couples

monde de l’éducation. Pas l’Education Nationale rassurez vous, mais l’éducation individuelle, personnelle. Des applications ludiques apprennent à entretenir la flamme dans le couple, comme Happy Couple ou Gentle. Les femmes apprennent à mieux se caresser sur OMGYes. Les chatbots  apportent des réponses aux questions des adolescents concernant la sexualité, leur sexualité, remplaçant les adultes, les thérapeutes, les enseignants avec lesquels il est parfois difficile de dialoguer sur ce thème. Voire les adolescents eux-mêmes.

La sextech devient médicale et les hommes peuvent tester leur fertilité, les femmes suivre leurs cycles, chacun ayant son « My Sex Doctor“, un dictionnaire sexo-médical dans son smartphone. Sans oublier, à l’époque du quantified self, toutes les applications pour étudier et analyser de ses propres performances sexuelles.

cours d'éducation sexuelleDans le même temps, la consommation de vidéos porno n’a jamais été aussi importante avec la prolifération des tubes et de leur mode de fonctionnement souvent très discutable. Avec la sextech, la réalité virtuelle permet aux spectateurs une immersion totale dans la séquence X qu’ils regardent. Non qu’elle ait changé les manières de productions, c’est plus les sensations physiques qui sont sollicitées avec les sextoys connectés comme on l’a vu mais également avec par exemple le masque OhRoma pour des sensations olfactives très réalistes ou les cours d’éducation sexuelle.

Internet et les nouvelles technologies ont rendu l’accès au plaisir, à tous les plaisirs plus simple, plus anonyme, plus libre engendrant cette révolution sexuelles toute en douceur, sans débats ni polémiques. La presse se fait l’écho des succès de Tinder comme elle parle des ventes de la dernière Peugeot, elle commente les statistiques de consommation de films adultes publiées par Pornhub comme s’il s’agissait d’un sondage Ifop-interactive. Tout cela est devenu tellement normal, tellement banal.

Peut-être que ce n’est pas plus mal après tout. Cela nous évite de voir les donneurs de leçons et autres conservateurs de tous bords venir nous expliquer que la société est en perdition, que la jeunesse est menacée et que c’était mieux avant.

La révolution sexuelle 2.0 est en marche (pour reprendre une expression à la mode) et les marcheurs du plaisir sont de plus en plus nombreux avec l’intention de ne pas faire de pause.

La polémique pointe…

Un phénomène pourrait bien venir perturber le ronron de la sextech d’ici la fin de l’année, ouvrant la porte à de nombreuses polémiques : les robots sexuels.

robot sexuel
Les sexbots, prochaine étape de notre révolution sexuelle

A la fin de l’année, est annoncée l’arrivée sur le marché de Harmony, probablement le premier robot sexuel. Harmony, c’est la rencontre des lovedolls et de l’intelligence artificielle.

Un étude menée par la Foundation for responsible Robotics intitulé « Our sexual future with robots » (Notre futur sexuel avec les robots) et publiée début juillet 2017 veut présetner un rapport objectif des conséquences et des différentes opinions sur ce qui pourrait être notre plus intime relation avec des artefacts technologiques. « Nous nous intéressons à un phénomène qui pourrait intervenir d’ici 5 à 10 ans. » expliquent les auteurs de ce projet, qui alertent déjà l’opinion publique, « Il ne fait aucun doute que les robots feront partie de notre quotidien. Ils devraient provoquer une véritable révolution sexuelle  avec de bonnes et de mauvaises conséquences pour la société. »

Pour résumer dans un premier il y a d’un coté ceux qui défendent les robots, capables de compenser la solitude des personnes âgées ou isolées ou connaissant des troubles de sexualité. De l’autre, il y a ceux qui pensent que les robots vont encourager des relations sexuelles malsaines, de favoriser « l’objectification » (1) des femmes et des enfants.

Pour limiter ces risques, les auteurs du rapport préconnisent tout simplement d’interdire certains robots et de se montrer prudents avec les autres.

La sextech ouvre la porte à un nouveau monde sexuel. Les tabous de notre sociétés vont être remis en question et des problèmes législatifs vont apparaître. Les implications éthiques des relations entre les humains et les robots sont complexes et nombreuses.

Et nous ne sommes qu’à l’aube de ce nouveau monde. (à suivre)

(1) L’objectification est généralement une attitude qu’adopte un individu envers un autre qu’il considère comme un simple objet et qui peut plus ou moins se soucier de ce qu’il ressent. L’objectification sexuelle est une pratique dans laquelle le partenaire est réduit à un instrument (objet) de plaisir sexuel ou érotique. L’individu soumis peut être également considéré comme un objet de satisfaction sexuelle ou considéré comme sexuellement attirant. (Source wikipedia)