Sextech et révolution sexuelle : les robots sexuels au coeur de la polémique (chapitre 2)

5 mois ago Sex High Tech 0

Dans un précédent article, nous évoquions l’influence de la sextech sur notre société, et la révolution sexuelle 2.0 qui en découle. Une mutation tout en douceur. Le récent rapport de la Foundation for Responsible Robotics sonne comme un coup de tonnerre dans le ciel bleu de nos relations intimes. L’arrivée programmée des sexbots, les robots sexuels, soulève déjà nombre de polémiques. Ces androïdes, qui ressemblent de plus à plus à des humains, divisent les experts mais ce sont surtout les aspects négatifs, pour ne pas dire dangereux qui sont, actuellement, mis en avant.

En 2015 en France, le compte @lillyinMoovator affirme être une robosexuelle. Il s’agissait du compte d’une jeune femme qui a construit son robot avec une imprimante 3D à partir de fichiers open source disponibles sur le web et qui attend que la loi évolue pour pouvoir l’épouser. Elle ne supportait pas le contact de la chair.

En 2016, au Japon, un homme vit avec des poupées sexuelles sous les yeux de sa femme qui supporte de plus en plus mal cette nouvelle forme d’adultère.

Cette année en Chine, un ingénieur défraye la chronique en épousant justement le robot qu’il s’est lui aussi fabriqué.

Des cas isolés peut-être, mais qui annoncent ce que pourraient être les relations intimes dans l’avenir pour une partie des humains. Partager leur intimité avec un robot sexuel.

Les robots sexuels divisent les experts

Plusieurs sociétés spécialisées dans ce domaine travaillent actuellement à mettre sur le marché les robots sexuels les plus performants pour aider des humains à satisfaire leurs fantasmes les plus fous. Et cela pourrait, selon certains experts et futurologues, intervenir d’ici 5 à 10 ans.

Un sondage du Huffington Post montrait que 86% des personnes interrogées pensaient que les robots sexuels seraient capables de satisfaire leurs désirs sexuels et leur procurer du bon temps au lit.

Comme souvent avec les nouvelles technologies et la nouveauté en général, par conservatisme ou peur de l’inconnu, la tendance est plutôt de condamner avant de se résigner et finir par accepter.

sexhightech : sex robots
Roxxxy créée par TrueCompanion du New Jersey – USA

Les robots sexuels divisent les experts. La question de savoir s’il sera éthique d’avoir une relation sexuelle avec un robot est déjà dépassée. C’est même considéré comme acquis. La vraie question est d’évaluer les risques pour l’individu et peut-être aussi, à l’occasion, les avantages.

C’est tout le sens du rapport publié par la Foundation for Responsible Robotics (FRR) sous le titre « Our Sexuel Future with Robotics ».

Pour Noel Sharkey, Professeur Emérite en Robotique et Intelligence Artificielle à l’Université de Sheffield en Grande Bretagne, cité par The Telegraph, il ne fait aucun doute que les robots sexuels arrivent. L’utilisation de ces robots à des fins thérapeutiques fait aussi partie des débats.

Au Japon, la société Trottla fabrique des poupées écolières mineures vendues à des pédophiles. Le patron de cette société, lui même pédophile repenti se justifiait, dans une interview, en affirmant qu’il avait appris à déplacer son attention vers les poupées plutôt que vers les enfants.

De là à faire commerce de ces robots, le professeur Sharkey prône leur interdiction pure et simple estimant « Je pense que cela encouragerait la pédophilie et la rendrait plus acceptable pour agresser les enfants. »

Parmi les autres interrogations, les robots sexuels vont ils lutter contre les crimes sexuels et le traffic d’être humains? Vont ils participer à une objectification des femmes et des enfants. ? Y a-t-il un risque de voir des hommes ou des femmes préférer les performances sexuelles des robots à celles de vrais humains ? Ce que le site de l’express résume par « Coucher avec un robot sexuel pourrait rendre solitaire et asocial« . Doit on laisser des poupées d’apparence soumises ou réticentes pour donner le sentiment au propriétaire de la forcer à avoir un rapport sexuel ? Parlera-t-on de viol dans ces cas là ?

les robots sexuels
Harmony produite par Abyss Creations – USA

Là encore, Le Pr Sharkey émet des doutes « Certaines personnes disent qu’il vaut mieux qu’ils violent des robots plutôt que de violer des vrais gens. D’autres personnes disent que cela encouragerait encore plus les violeurs. »

Des pays comme le Canada penchent déjà juridiquement sur ces problématiques. Et comme le rappelle un des auteurs du rapport de la FRR, le législateur devra se percher sérieusement sur la question.

Mais en 2002 la Court suprème des Etats-Unis a interdit une loi qui banissait la pornographie enfantine virtuelle, arguant qu’elle constituait une violation incontitutionnelle de la liberté d’expression par qu’aucun mineur n’est utilisé dans la fabrication de cette pornographie enfantine virtuelle. Ce qui tend à faire penser qu’une loi interdisant les robots sexuels représentant des mineurs serait considérée comme anticonstitutionnelle aux Etats-Unis.

les robots sexuels
Adam un robot sexuel homme par Android Love Doll – USA

Des voix commencent à se faire entendre pour dénoncer la dérive des robots sexuels. En Grande Bretagne, c’est l’Armée du Salut qui monte au créneau, dans le Birminghammail « De même que la pornographie a normalisé certaines pratiques, les robots sexuels normaliseront une dynamique de sentiment de puissance qui rabaissera les autres personnes en cas de transfert dans des rapports humains. »

Le site inverse explque qu’en 2014 déjà, dans un article publié par deux chercheurs islamistes de l’Université Internationnale Islamiste de Malaysie concluaient « avoir des relations sexuelles avec des robots était immoral, contraire à l’éthique, barbare et un affront à l’institution du mariage et devraient être punies de la même manière que l’adultère à coups de fouets et même lapidation. » Pour l’église catholique, selon un représentant de la Première Eglise Presbytérienne de Floride « Le sexe avec un robot est loin d’être l’intention ou le but de Dieu en premier lieu. Alors que nous vivons dans un monde qui semble en overdose de plaisir, le plaisir doit être un avantage, pas un objectif. »

Le rapport de la FRR évoque aussi le cas des robots sexuels utilisés à des fins de prostitutions. Quand on sait qu’il existe au Japon, en Corée des bordels de poupées sexuelles et que le premier bar à pipes robotiques a ouvert ses portes à Paddington à Londres l’an passé. Pourtant toujours selon le rapport et les travailleuses du sexe interrogées, les robots ne pourront pas remplacer les prostituées. Les clients veulent les voir jouir, répondre à leurs questions, parler avec eux, ce que des robots ne pourront jamais faire. Sauf à simuler !

Peu de défenseurs pour les robots sexuels

Les robots sexuels ont pourtant des défenseurs. Même s’ils sont moins nombreux pour l’instant. Certains experts estiment que les machines peuvent être perçues comme une solution pour les personnes seules, âgées, déficientes sexuellement ou qui ont des difficultés à entretenir des relation amoureuses. Les robots sexuels dotés d’une intelligence artificielle peuvent également intervenir dans le cadre d’une thérapie pour soigner un traumatisme passé. Ils pourraient même entrer dans la relation à distance d’un couple ou chacun pourrait avoir une réplique de l’autre près de lui et se parler à travers la voix du robot.

Est ce parce qu’ils ressemblent de plus en plus à des humains que personne n’imagine les utiliser tout simplement comme des sextoys de luxe, doués d’un intelligence artificielle voire de la parole ?

Cliquez sur l’image pour lire le rapport complet

Dans son rapport la FRR explique que pres de 70% des hommes et 30% des femmes sont prêts à utiliser des robots sexuels qui coutent pour l’instant entre 5000 $ et 15 000$. Le sexe, la taille, la couleur des cheveux, des ongles et même dans certains cas de la personnalité peuvent être « customisés » selon le désir des clients.

Les 19 et 20 décembre 2017 se tiendra le 3e congrès « Love and Sex with Robots » à Londres

Les robots sexuels font déjà débat, sexhightech ne manquera pas de s’en faire l’écho, mais il le fera en n’oubliant jamais qu’on parle de technologie. Ce ne sont pas les réseaux sociaux qui font les fake news, ce ne sont pas les voitures qui tuent des milliers de personnes sur la route chaque année, tous les maux dont on accuse déjà les robots, existent dans nos sociétés et sont hautement condamnables. Enfin comme on dit : « il n’y a pas de mauvais chien, il n’y a que de mauvais maîtres« .

Et vous, êtes vous prêts à avoir des relations sexuelles avec des robots ?

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