Berlin – Le salon Venus de Berlin a 21 ans autant dire qu’il est majeur dans tous les pays du monde. Peut-être une des raisons de sa popularité et de sa longévité. Avec plus de 30 000 visiteurs sur quatre jours, Venus est la grande rencontre européenne de toutes les sociétés, qui proposent du loisir pour adultes, avec le grand public d’une part et les distributeurs d’autre part. C’est également une manière de voir les nouvelles tendances du marché.

D’une certaine manière, je connais bien le salon Venus de Berlin. Dans une autre vie j’ai été amené à couvrir plusieurs fois cet événement avec toujours le même plaisir. La possibilité de rencontrer dans un même espace des producteurs de films pour adultes, des stars du X et des distributeurs de sextoys et autres accessoires sexuels.

Puis la vie étant, je n’étais pas revenu depuis quelques années. Alors l’idée de revenir cette année hanter les allées du salon avait un parfum spécial pour moi. Comme un retour à une vie ancienne toute dévouée aux films X.
J’allais être quelque peu désorienté.

salon venus de Berlin
Des drapeaux qui claquent au vent un son typique du salon venus de Berlin

La première chose qui symbolise le salon Venus de Berlin est un son, celui de dizaines de drapeaux qui flottent au vent sur l’esplanade du MesserBau ou se tient le salon. Nulle part ailleurs je n’ai entendu ces claquements. En marchant vers l’entrée, on sait qu’on est à Berlin.

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Le fétichisme s’affiche sans tabou à Berlin

La deuxième chose, ce sont les gens que l’on croise. Un reporter télé Drag Queen, des adeptes du bondage et autres plaisirs BDSM, des jeunes femmes sans culotte qui entrent dans le salon sur les cliquetis de leurs hauts talons. Des allemands qui finissent leur bière, des hommes d’affaires en costumes, des couples. Bref toute un faune bigarrée où toutes les tendances, tous les styles se croisent dans une tolérance totale.

Une qualité allemande pour Walter Hasenclever, porte parole du salon, « Nous somme très ouverts d’esprit, les gens veulent savoir comment améliorer leur vie sexuelle. C’est une des raisons du succès de notre salon. » et il ajoute, « Cela a évolué. Au départ, nous avions surtout des hommes qui venaient chercher ou voir des femmes. Avec le temps, on a vu les couples venir et maintenant, nous avons plus de 40% de couples dans nos visiteurs. Il y a même un espace réservé aux femmes avec des shows pour elles. Et c’est toujours plein. »

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Le sésame pour sexhightech

Dernière obligation avant de pénétrer dans le temple du plaisir berlinois, obtenir mon sésame, mon badge presse. « C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup ». I’m back !

Le salon Venus de Berlin, ce sont quatre espaces immenses. Deux sont réservés aux shows, un d’ambiance générale, l’autre plus fétichiste. Dans le premier on se déshabille, dans le deuxième on s’attache. Et les deux font le plein de spectateurs. Inutile de m’éterniser, ce n’est pas pour cela que je suis venu.

Reste les deux autres espaces. Un pour le grand public qui va pouvoir aller au contact avec les stars du moment pour des séances de dédicaces ou acheter de nouveaux sextoys. L’autre pour le business où les sociétés présentent à de futurs distributeurs les derniers produits qui feront le plaisir de leurs acheteurs.

Les cam girls ont remplacé les pornstars

A peine a-t-on franchi les portes (ouvertes) du hall grand public qu’on est soumis à la puissance de la sono. C’est un déluge de décibels qui s’abat sur vos oreilles. Il y a d’un coté les DJ sur certains stands qui poussent la musique et de l’autre les « harangueurs » qui vous invitent à venir voir les shows hard et autre spectacle lubriques. Impossible de parler voire même de penser. C’est d’ailleurs peut-être l’effet recherché. On se laisse porter par la foule, d’une stand à l’autre, d’une actrice à un étalage de sextoys, d’un tatoueur à vendeur de t-shirts hardcore. On ne pense plus du tout.
J’ai dit actrice ? Là c’est peu la première déception.

Des jeunes femmes qui dédicacent des flyers, il y en a de quoi occuper toute la journée si on veut une signature de chacune. Mais en fait, qui sont elles ?

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Vanessa Decker à gauche, Blanche Bradburry à droite, d dédicaces pour sexhightech

On ne peut plus vraiment parler d’actrices comme au temps des films pour adultes. D’ailleurs, il n’y a pas de producteurs de films présents, ou très peu, mais des stands de cam girls. Des amatrices qui s’exhibent sur internet dans des séances de tête à tête en cam avec pour la plus part des pseudos impossibles à retenir. Plus des mots clés que des pseudonymes. Un nom comme Dirty-Tina ou RoxxyX, aussi gentilles et séduisantes que soient les personnes qui le portent, avouez que c’est pas Clara Morgane ou Jenna Jameson. Et surtout moins simple pour une carrière médiatisée.

Les temps changent. Mais cela n’empêche pas les souvenirs.

 

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Quittons les stands de cam girls, les Cam4, MyDirtyHobby et autres Fancentro pour continuer notre promenade dans ce surprenant salon Venus de Berlin
Un autre élément de surprise est l’importance des tatouages. A croire qu’on assiste à une convention du tatoo. Qu’il soit discret ou recouvrant entièrement le corps, j’avoue ne pas avoir vu autant de tatouages dans un salon du fantasme. Les modèles aux gros seins et aux corps lisses et bronzés ont laissé place à des jeunes femmes avec toute sorte de dessins et inscriptions sur le corps. Et les poitrines semblent plus naturelles. Pas de jugement, on fait avec la tendance actuelle.

Le VR porn, du porno centré sur le consommateur

Les porn stars sont en train de disparaître au profit des cam girls et des amatrices. Un des signes qui me fait pencher pour cette évolution est la presque disparition des sociétés de production du coté grand public. Elles ne sont plus là comme par le passé avec leurs actrices, leurs stars venues faire la promotion de leurs dvd. A la place, on trouve des sociétés de VRporn, de porno en réalité virtuelle.

La technologie, le fantasme du spectateur-acteur est au centre des nouvelles productions. Certes il y a quelques modèles présents mais, là encore, elles semblent plus ici pour attirer le public vers la plateforme de diffusion. A l’image de Reality Lovers, qui avait plus d’hôtesses faisant tester les lunettes de réalité virtuelle que d’actrices.

Comme l’expliquait Walter Hasenclever, porte parole du salon « Le VR porn est encore plus important cette année. On en avait 2 stands l’an dernier, cette année il y en a 6 avec des grands noms comme reality lovers. Et on peut voir que la technologie a évolué que c’est vraiment de mieux en mieux, y compris pour les scènes elles-mêmes. »

C’est aussi cela l’avenir du porno, une technologie centrée sur l’utilisateur.

Hier on offrait au spectateur des histoires, des situations qu’il regardait comme autant de voyages vers le plaisir et les fantasmes. Aujourd’hui on lui propose d’être l’acteur de ses fantasmes dans des scènes essentiellement en POV. Demain il pourra, grâce à des sextoys connectés, être plus présent dans les films et après demain, avec des gants et autres vêtements eux aussi connectés, il sera en contact virtuel et total avec les actrices qu’il verra dans les scènes. Pour une forme d’expérience sexuelle ultime. C’est en tout cas ce que nous prédit René Pour Président de Reality Lovers, une société basée à Bratislava en Slovaquie. (Nous y reviendrons prochainement).

Sextoys et Sexdolls marquent l’innovation

Si on peut espérer une évolution des plaisirs liés à la pornographie en réalité virtuelles dans les années à venir, il semble que coté sextoys et sexdolls, on soit déjà demain. C’est là qu’on voit le plus de choses évoluer rapidement.

Que ce soit sur les stands de Lelo qui présentait Sona un sextoy qui « donne des orgasmes de plusieurs minutes » comme disait le représentant de la compagnie. De Fun Factory et de son stimulateur de point G ou de Motorbunny et de son incroyable sextoy dont les vibrations sont infinies, les nouveautés sont nombreuses. Et ce sera l’occasion de reparler de leurs produits plus précisément.

Deux stands du salon Venus de Berlin avec des sexdolls étaient présents : RS-Dolls et Dolls Club. Les poupées sont assez similaires, faites en TPE ou Silicone, elles sont des plus ressemblantes avec une vraie personne. Mais alors que chez Dolls Club, elles restent pour l’instant totalement silencieuses, on trouve chez RS-Dolls, un charmant modèle qui se met à pousser des soupirs de plaisir quand on lui touche les seins. Programmez votre playlist sur votre smartphone et elle vous chantera une chanson. Vous pouvez même enregistrer quelques messages vocaux. A vous pour l’instant de trouver parmi vos amies ou conquêtes, la voix qui les prononcera.

Elément intéressant, Peter Trenlüb de RS-Dolls nous expliquait que son modèle le plus demandé est une brunette assez standard quand on aurait pu penser que la blonde bimbo à gros seins ferait un carton. Comme quoi il ne faut pas avoir de préjugés.

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Des sexdolls pour tous les goûts avec une préférence pour la brunette chez les consommateurs

A bientôt au salon Venus de Berlin

Avant de mettre un terme à cette visite du salon Venus de Berlin, une petite rumeur circule, celle de la création d’un fond d’investissement dédié à la sextech en France. Une structure dont l’unique objet serait de financer des sociétés spécialisées dans le domaine de la sexualité. Et avouez que rien que pour cette nouvelle, je ne regrette pas d’être venu. A sexhightech, on va rester vigilant sur la réalité de cette rumeur.

salon de venusProchainement je vous parlerai de mes retrouvailles avec Steve Orenstein le patron de la société américaine Wicked Pictures. Ou comment l’évolution des mœurs a eu un effet direct sur la production de films pour adultes. Et de Jessica Drake, porn star, vraie porn star. Elle nous parlera de sa poupée sexuelle mais également des conférences qu’elle donne pour participer à une meilleure éducation sexuelle.

Un dernier petit clin d’oeil avant de quitter le salon Venus de Berlin. Sexhightech n’est pas contre la technologie et toute forme d’évolution, bien au contraire, mais dans le passé, quand j’allais sur un salon, je prenais un ou deux magazines avec des couvertures de porn stars pour leur faire dédicacer. J’ai bien essayé de faire dédicacer un article concernant la sexdoll Jessica Drake par l’original qui était en face de moi, mais… ça n’a pas marché sur l’écran de mon smartphone. Dommage !

Retrouvez prochainement les articles consacrés aux différents produits présentés lors de cette 21e édition du salon Venus de Berlin.

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