L’entreprise néerlandaise LegalThings développe une application appelée LegalFling qui promet d’être la première application blockchain à vérifier le consentement explicite entre deux personnes avant d’avoir des relations sexuelles. Une proposition intéressante qui permettrait d'éviter de nombreux abus et risques, mais que va devenir la spontanéité, le coup de foudre si tout est programmé à l'avance.

Il y a eu l’affaire Weinstein, puis les mouvements #MeToo et #balancetonporc qui dénonçaient le harcèlement et les violences faites aux femmes. Et plus récemment la tribune publiée dans Le Monde par 100 femmes. Elles y affirment que l’on va trop loin dans l’opposition hommes femmes. Dans cette tribune, elles écrivent, entre autre, « En Suède un projet de loi a été présenté qui appelle un consentement explicite avant des relations sexuelles ! Ensuite, nous aurons une application pour smartphone que les adultes qui veulent dormir ensemble devront utiliser pour vérifier avec précision quels actes sexuels l’autre accepte ou n’accepte pas. »

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour découvrir qu’une société néerlandaise appelée LegalThings a lancé la beta test d’une application appelée LegalFling. Elle permet d’obtenir le consentement explicite entre deux personnes avant d’avoir des relations sexuelles. A l’origine, l’activité principale de LegalThings est la création de contrats juridiques numériques.

Définir les limites des relations sexuelles

Pour le co-fondateur de LegalThings, Arnold Daniels, l’application est destinée à apporter une solution moins radicale que la loi proposée par la Suède, qui stipule que le sexe sans consentement, clairement formulé ou démontré, est considéré comme un viol.

relations sexuelles

Grâce à l’application, il sera possible de définir des limites, une sorte de cadre à la relation sexuelle à venir. Par exemple, l’application aiderait à clarifier une situation où, par exemple, une des deux personnes consent à la relation sexuelle, mais pas à être prise en photo nue ou en vidéo. Certaines pratiques sexuelles pourraient également être refusées. Peut être la solution pour bien faire l’amour à une femme lors d’une première

rencontre. Même si on peut émettre quelques doutes !

Les utilisateurs de LegalFling pourront indiquer leurs préférences dans un certain nombre de catégories, notamment la photographie,

l’utilisation du préservatif et les tests STD, puis envoyer des demandes Fling à leurs partenaires sexuels via une appli de messagerie. Accepter une telle demande revient, en théorie, à accepter les préférences exprimées par le partenaire. Cette acceptation est ensuite enregistrée numériquement sur la blockchain. Et correspondrait à une forme de contrat passé entre les deux personnes.

Les limites de LegalFling

D’un côté, on peut se réjouir de voir cette possibilité offerte à tous, quand on sait que dans beaucoup de cas de harcèlement, c’est souvent « parole contre parole ». Là, il y aurait la trace d’un accord passé entre les deux parties. De l’autre, toute forme de spontanéité est absolument impossible. Le 1ere rapport sexuel débute donc avec un contrat. Avouez que cela peut laisser perplexe !

Reste une limite dans l’utilisation de l’application, il faut avoir la personne dans ses contacts pour pouvoir envoyer la demande de consentement. Inutile de vous faire un dessin pour imaginer ce que pourraient devenir les futures premières rencontres. Il va falloir être très fin psychologue pour trouver le bon moment pour demander le nom et le téléphone de la personne, jeter un oeil sur ce qu’elle accepte ou refuse puis envoyer la demande, attendre la réponse. A moins que ce ne soit à utiliser que pour demander à un de ses contacts s’il n’a pas envie de s’envoyer en l’air. Pour toutes celles qui disent ne pas coucher le premier soir, c’est la solution idéale. Le site parle même d’une possibilité de retirer son consentement. Ce que l’on peut comprendre, mais à priori pas un mot sur celle de le rajouter.

Quand la technologie s’intéresse à la relation intime entre homme femme, on peut avoir quelques inquiétudes sur la spontanéité et la fantaisie qui sera encore permise. Une appli pour avoir l’accord, une autre appli pour apprendre comment faire rapport sexuel ou bien faire l’amour à une femme, notre future vie intime va nettement manquer de romantisme. C’est toute la « relation homme femme amour » qui se trouve remise en question.

Une autre solution, destinée aux femmes est de privilégier toutes les applications de rencontres qui leurs permettent de faire le premier pas et de décider de qui elles recevront des messages et plus. Il en existe de nombreuses généraliste et quelques une nichée comme Eshq, une application de rencontre musulmane crée par une femme.

Au moment où l’on annonce une conférence intitulée « La sextech à l’heure de la blockchain » en février à Marseille, cette information tombe à point nommé et on attend avec impatience l’avis des spécialistes présents. En attendant, êtes vous prêts à utiliser une telle application pour donner votre consentement explicite avant d’avoir des relations sexuelles avec une personne inconnue ?

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