Le jour même où se termine le délai pour le processus extraordinaire de régularisation des migrants, Pedro Sánchez a présenté le Plan d’intégration et de citoyenneté du gouvernement, qui sera doté de 505 millions d’euros au cours de la seule première année pour financer dans une perspective globale la politique d’immigration de l’Exécutif. De l’accès aux services publics pour garantir l’égalité des chances, à la formation professionnelle ou à l’apprentissage des langues co-officielles, à la mobilité du travail avec des itinéraires « légaux et sûrs ». Pour ces derniers, le chef de l’exécutif a annoncé la création d’une Agence nationale de mobilité humaine dans le but de « simplifier et coordonner la gestion des migrations ».
Il s’agit de favoriser des « flux ordonnés » avec des recrutements à la source et des « voies légales ». La future agence rassemblera des fonctions et des ressources pour « offrir une gestion plus simple, plus coordonnée et plus efficace », comme l’a résumé le directeur général, dans le cadre de la stratégie de mobilité du travail. Cette nouvelle entité intégrera l’asile, l’accueil et le séjour et pour ce faire elle assumera les ressources et fonctions actuellement dispersées entre la Direction générale de l’assistance humanitaire et de la protection internationale, l’Office d’asile et de refuge et les bureaux d’immigration, sans inclure les pouvoirs sécuritaires dans le contrôle des frontières. Contrairement à la majorité des mesures du plan, qui sont de nature exécutive, la création de cette agence doit être élaborée à travers un projet législatif et donc avoir l’approbation du Congrès. Selon des sources exécutives, des travaux sont déjà en cours sur le texte afin qu’il voie le jour le plus rapidement possible.
« La meilleure intégration commence avant de traverser la frontière : avec un contrat, une situation régulière et un projet de vie », a-t-il défendu en ce sens. L’objectif de cette structure vise à « promouvoir une meilleure adaptation entre la main-d’œuvre arrivant en Espagne et les besoins réels du marché du travail et de la société, et à renforcer la coopération avec les pays d’origine et de transit », en renforçant la coordination entre les administrations publiques et entre l’État et les pays tiers.
Dans le cadre du plan, 185 millions seront alloués à des programmes visant à faciliter l’accès à l’emploi dans des secteurs à forte demande et à la promotion de l’entrepreneuriat et à une offre extraordinaire de plus de 100 000 places de formation professionnelle adaptée au marché du travail. De même, l’Inspection du travail sera renforcée.
« Depuis 2018, la politique migratoire du Gouvernement a été soutenue par des voies d’entrée plus légales, le renforcement des racines, la migration circulaire et la coopération avec les pays d’origine et de transit », a déclaré le chef de l’Exécutif pour positionner ce Plan d’Intégration et de Citoyenneté comme « l’expression concrète de cette stratégie sur le territoire ». Il sera géré par une commission interministérielle présidée par la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et de la Migration, Elma Saiz.
L’objectif de cette nouvelle structure vise à « promouvoir une meilleure adaptation entre la main-d’œuvre arrivant en Espagne et les besoins réels du marché du travail », ainsi qu’à renforcer « la coopération avec les pays d’origine et de transit ».
Dans l’axe sur la coexistence, l’objectif est de renforcer « l’accès aux droits, mais aussi aux obligations des migrants » avec une provision de près de 30 millions d’euros dans des programmes qui « renforcent l’apprentissage des langues co-officielles et la connaissance de nos normes et valeurs ». Par ailleurs, un plan sera mis en œuvre pour renforcer la prévention des discours de haine et un meilleur accompagnement des victimes de discriminations. Pour garantir l’accès aux services publics, principalement de santé et d’éducation, en luttant contre la « ségrégation scolaire », plus de 260 millions seront alloués.
Le président du gouvernement a souligné non seulement la vision humanitaire du plan, mais également les avantages économiques de l’immigration. « Dans un scénario de migration zéro, la population tomberait à environ 47,9 millions en 2050 et 41,8 millions en 2070, avec des pertes de PIB respectivement de 19% et 32% par rapport au scénario de base, bien supérieures à l’impact de la crise financière de 2008 », a-t-il assuré.
Impact économique
S’appuyant sur les données de la FUNCAS, Sánchez a expliqué que l’immigration est à l’origine de « 47 % de la croissance accumulée du PIB entre 2022 et 2025 ». En termes par habitant, a-t-il ajouté, selon les rapports de la Banque d’Espagne, « la population étrangère a contribué entre 14 et 24% à la croissance du PIB par habitant entre 2022 et 2024 ». « Son rôle est déterminant dans le financement de l’Etat providence », a-t-il ajouté pour conclure que « sans l’immigration, l’Espagne perdrait 19% de son PIB en 25 ans ».
Face aux critiques de l’opposition concernant la régularisation des migrants, qui a dépassé le million de demandes, Sánchez a défendu ce processus comme « un succès de gestion ». « Une étape clé pour sortir de l’invisibilité les centaines de milliers de personnes qui vivent avec nous », a-t-il souligné. Avec la prochaine étape du plan d’intégration, nous cherchons à transformer ce processus « en un projet de vie : avec un emploi, une éducation, des droits, des devoirs et des règles de coexistence partagées ».