Quelque 240 000 foyers de la région de Barcelone commenceront à payer l’Hommage Métropolitain en 2026

La politique fiscale de l’Aire Métropolitaine de Barcelone (AMB) prendra un tournant décisif en 2026 prochain. Les déboires judiciaires répétés de la Cour Suprême contre ce que l’on appelle l’Impôt Métropolitain ont conduit l’AMB à approuver ce 28 octobre une nouvelle ordonnance fiscale qui modifie l’impôt de fond en comble. La précision la plus immédiate est que 242 000 foyers de la région de Barcelone commenceront à payer l’impôt à partir de 2026, comme a pu le confirmer EL PERIÓDICO. La facture moyenne que ces milliers de ménages devront payer sera d’environ 17,5 euros par an, ce qui impliquera des versements semestriels compris entre 7 et 9 euros en moyenne.

La raison qui explique cette nouvelle imposition de la seule majoration de l’impôt foncier (IBI) en vigueur en Espagne est que toutes ces maisons étaient jusqu’à présent exonérées du paiement de l’impôt pour être situées dans des propriétés d’une valeur cadastrale inférieure à 49 213,77 euros et dédiées à la résidence principale. Après que la Cour suprême a annulé cette exonération, l’avantage fiscal – en vigueur en 2025 à titre exceptionnel – a disparu de la nouvelle ordonnance et ne sera plus applicable en 2026 prochain.

La nouvelle règle budgétaire pour 2026 a été adoptée au Conseil Métropolitain de l’AMB avec le seul vote favorable du PSC et l’abstention du reste des forces politiques qui composent le gouvernement métropolitain : Junts, ERC et Comuns. Compromís i Acord per Torrelles et Junts per Tiana se sont également abstenus, dont le maire, Isaac Salvatierra, s’est montré très critique à l’égard de la réforme de l’Hommage métropolitain : « Leurs devoirs n’ont pas été faits », a déclaré Salvatierra, exprimant son mécontentement face au retour métropolitain que reçoit la municipalité. PP et Vox ont voté contre.

Un autre élément juridique essentiel de la taxe qui disparaît dans la réglementation fiscale récemment approuvée est la réduction du quota. Jusqu’en 2025, l’AMB a autorisé un avantage fiscal de plusieurs centaines d’euros par an et par foyer qui ne pourra pas non plus être appliqué en 2026. Face à cette baisse, et pour compenser ce qui impliquerait une augmentation exorbitante de la fiscalité des 2,2 millions de ménages qui paient la surtaxe, l’AMB a pris la décision de baisser le taux d’imposition. L’administration métropolitaine est confiante que les ménages qui ont déjà payé la taxe ne remarqueront pas une augmentation annuelle de plus de 10% sur leurs recettes.

La taxe descend ainsi à 0,045%, à appliquer sur la valeur cadastrale du bien correspondant. Jusqu’à présent, il s’agissait de 0,2%, qui était devenu un impôt unique dans l’ordonnance fiscale de 2023 après que les tribunaux ont annulé le taux aggravé qui attribuait une charge fiscale plus élevée aux biens dits à caractéristiques spéciales (BICES). Il s’agit de propriétés de grandes entreprises situées dans des installations importantes de la région de Barcelone comme l’aéroport ou les cycles combinés de la centrale thermique de Besòs. La réforme fiscale consacrée par l’AMB gomme les différences fiscales entre les grandes entreprises et les particuliers, qui en bénéficiaient jusqu’ici comparativement.

Pas de changement dans la loi du Trésor local

La réforme fiscale que vient de réaliser l’AMB a été précédée de conversations entre l’administration métropolitaine et le ministère des Finances, comme le rapporte ce journal. Leur objectif était de trouver dans la Loi du Trésor Local une allocation légale à l’impôt métropolitain afin que sa reformulation n’affecte pas financièrement l’AMB, qui collecte cet impôt il y a environ 130 millions d’années. Malgré le caractère unique de l’État que représente l’entité métropolitaine, les tensions à Madrid ont empêché pour le moment ces négociations d’aboutir.

Le goût de la réforme fiscale est doux-amer à l’AMB car elle représente une victoire des grandes entreprises au détriment des économies nationales. Si jusqu’à présent les biens immobiliers détenus par les grandes entreprises étaient davantage imposés, ils le seront désormais au même titre que les particuliers. C’est la conséquence des triomphes judiciaires d’Endesa, Naturgy et Enagás, qui remportent depuis des années des appels devant la Cour suprême contre les différentes ordonnances de l’impôt métropolitain depuis 2020.

Ce journal rapportait déjà qu’à l’origine de ces revendications se trouvent des accords fiscaux, évalués à 5,7 millions d’euros entre 2020 et 2024, que les grandes entreprises énergétiques considèrent comme « illégaux ». Essentiellement, ils soutiennent dans leurs appels que leur fiscalité BICES subit un affront comparatif par rapport aux autres types de propriétés imposées par l’impôt métropolitain : les propriétés urbaines – pour lesquelles les citoyens paient des impôts – et les propriétés rurales.

Près d’une douzaine d’arrêts judiciaires de la Cour suprême leur ont donné raison : l’Impôt Métropolitain ne peut pas introduire de nouveautés juridiques, comme des exonérations, des taux différenciés ou des réductions de quota, qui n’envisagent pas déjà la réglementation étatique de l’IBI, l’impôt sur lequel il est calculé. L’ordonnance fiscale pour 2026 élimine ces différences, homogénéise le régime fiscal avec l’IBI et aspire à clore le chapitre judiciaire qui a causé tant de maux de tête à l’AMB ces dernières années.

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