Poupées et robots sexuels sont ils des sextoys comme les autres ?

2 semaines ago Sex High Tech 0

Cela fait des siècles que les sextoys font partie de la sexualité des personnes. Peut-être pas sous ce terme, mais depuis toujours, des objets sont utilisés pour prendre du plaisir. Avec l’avènement de la sextech, c’est un nouveau pas qui est franchi. Objets sexuels beaucoup plus design donc plus acceptables. Si on commence à voir de plus en plus de sextoys pour les hommes, des sextoys classiques, l’arrivée en force des poupées et robots sexuels pose un certain nombre de questions. Tant morale qu’éthique. Peut être que la première question à se poser est de savoir si ces poupées et robots sexuels ne sont pas des sextoys comme les autres. Un peu plus sophistiqués sans doute, mais de « simples » objets de plaisirs ?

Nous vous parlions récemment de la production en masse prévue pour le robot sexuel Samantha. Pour l’instant, un corps de poupée en silicone ou TPE avec une tête dotée d’intelligence artificielle. Elle ne bouge pas encore mais peut discuter avec son partenaire et simuler un orgasme. La question est bien de savoir comment notre société est prête à accepter ces robots sexuels. Comment elle va les considérer. Dans plusieurs déclarations, Matt McMullen, le concepteur, de Harmony affirmait à ses détracteurs que ce qu’il fabrique n’est rien d’autre qu’une machine.

C’est sans doute le fait que cette machine ait une apparence humaine qui la rend si différente. Pour preuve, un sondage aux Etats Unis organisé par la société de sondage en ligne YouGov montrait de 49% des Américains estiment que d’ici 2050 les rapports avec des poupées et robots sexuels seront une pratique courante. Cependant tout le monde n’est pas prêt à franchir le cap aujourd’hui. Seulement 9% des femmes accepteraient un rapport sexuel avec un robot contre 24% chez les hommes.

poupées et robots sexuels

Sexe avec poupées et robots sexuels : une forme de masturbation

Pour les Américains interrogés, l’apparence physique de la machine est très importante. 52% d’entre eux estime que le robot doit avoir une apparence humaine alors qu’ils ne sont pas convaincus que les actes sexuels doivent suivre les conventions des relations intimes. Pour eux, il ne s’agit pas d’un rapport au sens classique du terme.

14 % des sondés pensent qu’il s’agit d’un vrai rapport sexuel quand 33% rapproche cette pratique de la masturbation, 27 % pensant qu’il s’agit d’un peu des deux.

poupées et robots sexuelsAvoir un rapport sexuel avec un sexbot est considéré par 33 % comme une marque d’infidélité de la part d’hommes mariés quand 32% pensent le contraire. Ce sont surtout les femmes qui ont cette réaction à 36% contre 29 % d’un avis opposé. Chez les hommes, 29 % parlent d’infidélité mais 37 % ne sauteraient pas le pas.

Pour l’heure, le consommateur trouve essentiellement des poupées en silicone ou TPE, très ressemblantes à des être humains mais totalement inertes. Il peut choisir la couleur des cheveux, des yeux, la pilosité et autres détails comme par exemple s’il veut qu’elle tienne debout pas. Elles sont principalement fabriquées en Asie, Chine et Japon. Les têtes renfermant la technologie de l’intelligence artificielles sont elles plus « occidentales » avec notamment l’américaine Harmony ou l’espagnole Samantha. Les têtes sont ensuite assemblées aux corps venant d’Asie. Pas de déplacement, pas encore de gestes sexuels, même si on approche. Pour l’instant !

poupées et robots sexuels

Le développement rapide de l’intelligence artificielle laisse à penser que d’ici quelques dizaines d’années, les poupées et robots sexuels pourront se comporter comme des humains, ils seront capables de satisfaire leurs partenaires en apprenant leur personnalité à travers le dialogue. Mais ces poupées et robots sexuels resteront toujours des machines. La notion du plaisir ressenti quand on donne du plaisir à l’autre leur sera totalement inconnu. C’est sans doute pour cela qu’un certain nombre de personnes penchent du côté de la masturbation plutôt que du rapport sexuel classique. Avec quand même en sous-entendu un préjugé négatif envers les hommes qui se masturbent.

Robots sexuels mieux acceptés si c’est pour aider

Finalement, c’est dans leur fonction « aide aux personnes en difficultés » que les poupées et les robots sexuels sont les mieux acceptés. Aider des personnes handicapées ou des personnes isolées à avoir accès à une sexualité. Aider des personnes souffrant d’un trauma ou plus simplement incapables d’avoir des relations avec d’autres personnes.Voire même les utiliser pour faire de l’éducation sexuelle. Ce sont souvent ces aspects qui sont mis en avant, comme pour se déculpabiliser. La morale serait elle sauve ?

A Barcelone, à Dublin, à Vienne, à Dortmund où les premiers bordels avec des poupées sexuelles ont vu le jour, c’est souvent cet argument qui est mis en avant. Entre curiosité et solitude. Des motivations rarement utilisées pour parler des clients de prostituées humaines. On voudrait même parfois nous faire croire que les clients des prostituées viennent surtout pour se confier, trouver une oreille attentive, voire de la tendresse. Impossible à avoir avec des machines !

Les poupées, les robots sexuels sont des machines qui permettent d’avoir un plaisir, de la même manière qu’un Womanizer ou des boules de geisha. La seule différence est leur ressemblance avec des être humains. Quand on évoque l’infidélité d’un homme qui coucherait avec une poupée sexuelle, cela ne viendrait jamais à l’esprit de dire la même chose à propose d’une épouse prendrait du plaisir seule avec son sextoy préféré. Pourtant dans les deux cas, ce sont des objets qui sont utilisés.

Une récente étude des Archives of Sexual Behavior indiquait que les nouvelles générations ont moins de rapports sexuels que leurs aînés. Selon un docteur en philosophie de l’Université de Buenos Aires, cité par le site lanacion,  cette baisse des rapports sexuels « pourrait être due en partie au fait que les relations sexuelles de mauvaise qualité sont remplacées par des formes de masturbation de plus en plus sophistiquées, trouvant ses origines dans une offre presque illimitée et très variée de pornographie. » et il ajoute « Les robots pourraient nous emmener plus loin dans cette direction. Ils seraient là pour des rapports sexuels ordinaires, pour répondre à une envie soudaine, laissant les humains avoir des rapports entre eux dans une forme plus créative et plus enthousiaste, plus sublimée.« 

Quand on vous parlait de sextoys ? N’hésitez pas à partager vos sentiments dans les commentaires…

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