La récente épidémie de peste porcine africaine détectée chez des sangliers dans la région de Collserola (Barcelone), qui a entraîné le blocage d’un tiers des certificats d’exportation de porc espagnol, a déclenché l’alarme dans le secteur porcin.
Cependant, et contrairement à ce que l’on pourrait attendre, les sources consultées dans le secteur commercial et dans les organisations de consommateurs par EL PERIÓDICO suggèrent que l’impact sur les prix du jambon et d’autres dérivés du porc sur le marché intérieur pourrait être nul, voire à la baisse.
Selon ces interlocuteurs, au cours des deux derniers mois, depuis septembre, le prix du porc avait déjà connu une baisse de près de 10 %. Et même si l’épidémie et les restrictions internationales pourraient modifier les flux commerciaux, elles ne prévoient pas une augmentation des prix : bien au contraire.
Plus de 8 milliards d’euros en jeu
L’Espagne est le premier producteur de porc de l’Union européenne et la valeur de ses exportations est d’environ 8,8 milliards d’euros par an, la Catalogne étant la région la plus touchée, produisant près de 50 % de la viande de porc de notre pays.
Après la détection des premiers cas chez des sangliers, le gouvernement a bloqué l’exportation de quelque 120 certificats sanitaires vers une quarantaine de pays hors UE. Parmi eux, des marchés très importants comme le Mexique ou Taïwan ont suspendu l’entrée de produits carnés et porcins espagnols.
Certains grands importateurs, comme la Chine, ont accepté la « régionalisation », c’est-à-dire l’interdiction de la viande provenant uniquement de la zone touchée, ce qui permet de continuer à envoyer des produits en provenance d’autres régions espagnoles.
Cependant, l’incertitude reste présente. Jusqu’à ce que la situation sanitaire soit rétablie, de nombreux marchés internationaux resteront prudents, ce qui pourrait ralentir le commerce extérieur du porc espagnol pendant des mois.
Le prix en Espagne pourrait même baisser
Les sources de consommation susmentionnées indiquent qu’il existe deux facteurs clés qui pourraient adoucir, voire réduire les prix :
- Offre intérieure excédentaire : à mesure que les exportations ralentissent, une partie de la production qui aurait été exportée devient disponible pour le marché intérieur. Cette offre excédentaire exerce une pression à la baisse sur les prix.
- Tendance baissière précédente : comme nous l’avons souligné, le prix de la viande de porc était déjà en baisse depuis deux mois, avec une baisse estimée à 10 %. Cet ajustement antérieur à l’épidémie suggère que le marché intérieur était déjà engagé dans un processus de correction des prix.
C’est pour cette raison que, malgré la crise sanitaire et commerciale, rien n’indique qu’il y aura une augmentation générale du prix du jambon, de l’épaule, de la longe ou des saucisses.
Impact sur les différents acteurs concernés
Pour le citoyen moyen, la bonne nouvelle : le prix des produits à base de porc, des steaks aux jambons, ne devrait pas monter en flèche. En fait, il existe une réelle possibilité qu’il reste stable ou, comme on dit, qu’il continue même à décliner.
Les abattoirs, les producteurs et les entreprises de viande orientées vers l’exportation se trouvent dans une situation plus délicate. Le blocage des marchés extérieurs pourrait réduire les revenus, forcer des ajustements de production ou rechercher des marchés alternatifs.
Le secteur agroalimentaire espagnol dans son ensemble entre alors dans une période de tension, avec un équilibre entre la protection de l’état sanitaire, la récupération des marchés d’exportation et la nécessité d’éviter un débordement de l’offre interne qui nuit à la rentabilité.
Coup dur pour les exportations de viande de porc
Ce qui est clair, c’est que l’actuelle épidémie de peste porcine africaine représente un coup dur pour les exportations espagnoles de porc.
Mais du point de vue du consommateur national, la réaction économique ne doit pas nécessairement être dramatique. Avec une offre intérieure potentiellement accrue et une tendance antérieure à la baisse des prix, les produits dérivés du porc (jambon, saucisses, longe, etc.) pourraient se maintenir à des prix similaires, voire légèrement inférieurs, dans les semaines à venir.
Le vrai risque réside cependant dans l’équilibre du secteur : faire en sorte que la baisse des ventes à l’étranger ne se traduise pas par une perte de rentabilité qui affecte les producteurs, les industriels et la chaîne logistique.
La clé sera la capacité à convertir les volumes pour la consommation interne et la rapidité à réactiver les marchés extérieurs tout en respectant les exigences sanitaires.
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