Huit des neuf premiers risques auquel nous devrons faire face au cours des prochaines années, selon Le rapport sur les risques mondiaux 2019 de la Forum économique mondialsont directement liés à durabilité. Concrètement, et dans cet ordre, ce sont les suivants : les épisodes météorologiques extrêmes ; échecs des mesures d’atténuation et d’adaptation changement climatique; catastrophes naturelles ; cyberattaques ; perte de biodiversité et effondrement des écosystèmes; crise de l’eaueau; catastrophes environnementales causées par homme; migrations involontaires à grande échelle et intensification des conflits. Autrement dit : hormis le cas des cyberattaques, tous les principaux risques, qu’ils soient de nature environnementale ou sociale, sont étroitement liés à la durabilité de la planète.
Compte tenu de ce scénario, quel rôle joue le entreprise? Que peuvent ou doivent faire les entreprises ? Que peut-on attendre d’eux ? D’emblée, il faut reconnaître que, même si les entreprises Ils ne sont pas les seuls acteurs responsables de la durabilité de la planète (puisqu’ils partagent un rôle de premier plan avec les gouvernements, les institutions publiques, les citoyens et la société civile organisée), leur impact C’est absolument décisif non seulement pour le développement économique, mais aussi pour équilibre environnemental et social. Émissions de CO2 et de gaz à effet de serreÉmissions2; consommation d’eau, d’énergie et de matières premières ; déversements, recyclage et impact sur le biodiversité; conditions de travail, formation et développement professionnel; gestion de la diversité, respect et protection des droits de l’homme, impact sur les communautés et soutien au développement local ; approvisionnement et achats responsables proximité; le dialogue avec les groupes d’intérêt, la transparence, l’intégrité, etc. ne sont que quelques-uns des aspects presque infinis touchés directement ou indirectement par l’activité des entreprises.
De sombres conclusions
Deuxièmement, et puisque l’activité des entreprises est si déterminante pour le avenir de l’humanitéla question la plus pertinente est : que font les entreprises en termes de durabilité ? Comment signalent-ils ce qu’ils font et quoi engagements sont-ils prêts à assumer ? Ou, en d’autres termes : quel est votre stratégie de durabilité, s’ils l’ont ?
Le deuxième rapport annuel de l’Observatoire des Objectifs de Développement Durable (ODD) a été récemment publié, préparé par la Chaire Leadership ESADE et promu par la Fundació La Caixa, dans le but d’étudier le niveau d’engagement des entreprises espagnoles avec les 17 grands objectifs établie par les Nations Unies pour l’année 2030. De l’analyse des rapports de durabilité de 169 entreprises espagnoles cotées, correspondant à l’exercice 2017, certaines conclusions certainement sombre. Par exemple, dans un contexte de mauvaise transparencedans laquelle seulement 55% des entreprises analysées divulguent des informations non financierdes données telles que les suivantes émergent : seules 38 % des sociétés cotées rendent compte de leur consommation d’eau et seulement 36% sur sa consommation énergétique. Seules six des entreprises étudiées atteignent 40% des les femmes aux postes de directionalors que 60 % des entreprises n’atteignent même pas les 20 %. Seulement 35 % rendent compte de leur politique approvisionnement25% sur l’embauche de fournisseurs locaux et 15% presque ridicule sur droits de l’homme dans la chaîne de valeur. Ce sont des chiffres très faibles, sans compter inacceptableet cela devrait déclencher toutes les alarmes. Nous sommes contre la montre. Le compte à rebours a commencé, mais la grande majorité des entreprises ne l’ont pas encore compris et continuent de faire comme si la situation de urgence environnementale et sociale où nous nous trouvons n’étaient pas avec eux.
Le rapport international Planète vivante 2016 publié par le WWF souligne que « pour satisfaire ses besoins actuels, l’humanité consomme une quantité de ressources naturelles équivalente à 1,6 planètes. Si cela continue, 1,75 planètes seraient nécessaires en 2020 et 2,5 planètes en 2050. » Il faut transformer changer radicalement les business models, réinventer les but des organisations à la lumière de l’Agenda 2030 et intégrer les ODD au cœur de la stratégie d’entreprise. Il n’est plus possible de continuer à prétendre ignorance ou l’indifférence. Nous devons de toute urgence promouvoir une authentique changement de paradigme commercialfondé sur une compétitivité durable et responsable. Le temps presse. Il faut agir ici et maintenant.
*Professeur agrégé du Département des Sciences Sociales de l’Esade (URL)