NOTIFICATION DU TRÉSOR | Le Trésor déploie son « Big Brother » fiscal : les banques devront signaler celles qui dépensent plus que ce montant annuel avec leur carte

L’Agence nationale de l’administration fiscale (AEAT), l’organe de contrôle du Trésor, a définitivement mis l’accent sur les paiements numériques de grande valeur. Grâce à la publication du décret royal 253/2025 du 1er avril, le gouvernement a imposé une nouvelle et importante obligation aux entités financières : rendre compte annuellement des mouvements de cartes qui dépassent un seuil de dépenses considérable.

Il s’agit d’une étape supplémentaire dans la stratégie du ministère des Finances visant à moderniser la lutte contre la fraude fiscale, en adaptant ses mécanismes de contrôle à une économie de plus en plus numérisée et utilisant moins d’espèces.

La mesure prévoit que les banques doivent soumettre une déclaration de renseignements annuelle à l’AEAT. Ce relevé comprendra des détails exhaustifs sur les opérations effectuées avec tous les types de cartes, y compris la monnaie de débit, de crédit, prépayée et même la monnaie électronique et virtuelle.

Image d’archive d’une femme effectuant un paiement par carte dans un magasin. / FERRAN NADEU – ARCHIVES

25 000 euros par an

Le point clé qui active cette obligation est le plafond annuel : 25 000 euros. Si le montant total des charges ou le total des crédits (dépôts ou recharges) enregistrés sur une carte au cours de l’année dépasse ce montant, la banque est tenue de déclarer l’information.

Quelles données les banques fourniront-elles ?

L’objectif du Trésor est d’améliorer la traçabilité de l’argent et d’obtenir une vision complète du comportement financier des contribuables. Ainsi, la liste des informations à fournir par les entités est détaillée :

  • Identification du propriétaire : nom, prénom ou raison sociale et numéro d’identification fiscale (NIF).
  • Type de carte et comptes associés.
  • Montant total des charges et crédits enregistrés sur la carte au cours de l’année.
  • Informations sur les recharges en espèces.

Cette obligation de déclaration incombe exclusivement aux institutions financières. Le citoyen n’aura pas à effectuer de démarches supplémentaires ni à déclarer cette dépense si sa justification fiscale est correcte. Le contrôle est un mécanisme de suivi pour l’AEAT.

Un contrôle fiscal à 360 degrés

L’obligation de déclarer les dépenses supérieures à 25 000 euros n’est pas la seule nouveauté promue par ce décret. La norme a également introduit d’autres changements qui établissent un contrôle fiscal plus exhaustif et plus fréquent sur le système financier :

  1. Comptes bancaires. L’information sur les comptes passe d’annuelle à mensuelle, permettant au Trésor de suivre de manière plus dynamique la liquidité des contribuables.
  2. Mouvements de trésorerie. Les entités doivent déclarer les impositions, les dispositions de fonds et les encaissements de tout document dépassant 3 000 euros, renforçant ainsi le contrôle de l’utilisation des espèces.
  3. Agrandissement de la clôture. L’obligation d’information s’étend aux entités de paiement et de monnaie électronique, y compris les systèmes modernes comme Bizum ou les frais associés aux numéros de téléphone mobile, qui bénéficiaient jusqu’à présent de moins de contrôle.

En bref, le Trésor a fait un saut qualitatif dans sa capacité d’inspection, en utilisant la technologie des paiements numériques pour affiner son radar et fermer davantage les voies de l’économie souterraine. C’est un message direct à ceux qui gèrent d’importants volumes de dépenses ou de revenus sans justification fiscale : l’anonymat numérique est terminé.