Les pires présages de Google se sont confirmés. La Commission européenne a annoncé jeudi qu’elle obligerait le géant de la technologie à autoriser les entreprises concurrentes du secteur de l’intelligence artificielle à opérer dans le secteur de l’intelligence artificielle. téléphones intelligents Android et accédez aux données exclusives de son moteur de recherche populaire.
Environ 60 % de tous les téléphones mobiles de l’Union européenne sont équipés du système d’exploitation Android, propriété de Google. Bruxelles soupçonne que l’entreprise pourrait utiliser cette position de force pour obtenir un avantage qui affaiblirait ses concurrents tels qu’OpenAI et Anthropic, une crainte qui s’étend également à Apple, propriétaire de l’iPhone. Tous deux fixent les règles pour les développeurs d’applications et peuvent exclure leurs concurrents pour privilégier leurs services.
La batterie de mesures réclamées ce jeudi à Google a pour objectif de « rééquilibrer » la concurrence sur le marché, puisque les autorités européennes comprennent que certaines de ses pratiques ne respectent pas le Digital Markets Act (DMA), la législation qui réglemente le secteur numérique pour mettre fin à de potentiels abus monopolistiques.
« La société traverse une profonde transformation numérique. Nous devons garantir l’équité dans ce processus et garantir que nos citoyens aient des options », a déclaré la première vice-présidente de la Commission et commissaire à la concurrence, Teresa Ribera, dans un communiqué. « Notre décision permettra aux petits concurrents, tels que les moteurs de recherche ou les assistants IA, de rivaliser et de proposer ces options, tout en protégeant la vie privée des utilisateurs », a-t-il ajouté.
Notre décision permettra aux petits concurrents, tels que les moteurs de recherche ou les assistants IA, de rivaliser et de proposer leurs options.
Accès à plus d’applications d’IA
D’une part, le pouvoir exécutif de l’UE déclare que Google doit offrir des « règles du jeu équitables » aux services d’IA générative concurrents. Les assistants comme ChatGPT, Claude ou Grok, entre autres, ont un accès restreint à l’écosystème Android, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas fournir les mêmes services que Gemini, de Google, ni rivaliser dans les mêmes conditions. Selon Bruxelles, cela « les rend moins attractifs pour les 60% d’Européens qui possèdent un appareil Android ».
Avec les changements établis par la Commission, Google sera contraint de permettre à chaque utilisateur d’activer l’assistant IA de son choix à l’aide de commandes vocales. La décision est contraignante et doit être appliquée avant juillet 2027, donnant ainsi un an de marge à l’entreprise dirigée par Sundar Pichai pour s’adapter à la loi.
Logo de l’application Google sur un mobile Android / Fabian Sommer/dpa – Archives
Partager les données de recherche
D’autre part, Bruxelles a également exigé que Google partage les données anonymisées des utilisateurs qu’il collecte via son moteur de recherche avec d’autres moteurs de recherche. C’est-à-dire avec des concurrents comme DuckDuckGo, Brave Search ou Bing, de Microsoft, mais aussi avec des solutions d’IA comme Perplexity ou ChatGPT Search. L’entreprise aura jusqu’en janvier 2027 pour mettre en œuvre cette mesure.
« L’échange de données est crucial pour le développement et l’optimisation des moteurs de recherche tiers », a déclaré la Commission dans un communiqué dans lequel elle a souligné que cette mesure garantirait une concurrence plus équitable dans le secteur. L’UE permettra à Google d’évaluer si le partage de ces données avec un tiers peut avoir « des effets graves sur la cybersécurité et la protection des données ».
À partir de 2027, Google devra permettre aux utilisateurs d’Android d’activer l’assistant IA de leur choix et de partager les données des moteurs de recherche avec ses concurrents
Que dit Google ?
Google a critiqué la décision de Bruxelles, mais n’a pas encore précisé s’il ferait appel devant les tribunaux. « Les décisions d’aujourd’hui mettent en danger la sécurité et la vie privée de millions d’Européens », a déclaré Kent Walker, président des affaires mondiales chez Google et Alphabet, dans un bref communiqué. « Cette décision Android menace la sécurité des appareils en accordant à des applications externes des autorisations sensibles et puissantes sans ces garanties. »
Que dit Bruxelles ?
La Commission assure qu’avec ces changements, elle souhaite encourager « une concurrence loyale sur les marchés des assistants d’IA ». « Nous espérons que des alternatives aux services de recherche Google et d’IA de Google, telles que Gemini, verront le jour et que les utilisateurs de l’UE bénéficieront d’une plus grande variété de services », a déclaré Henna Virkkunnen, vice-présidente exécutive en charge de la politique technologique.
L’exécutif communautaire se réserve néanmoins le droit de modifier la décision si le marché évolue ou si une évaluation indépendante le recommande.
Mesure similaire contre Meta
Ce n’est pas la première fois que la Commission prend une décision similaire. En juin dernier, le Community Executive a annoncé que Meta, propriétaire d’Instagram et de Facebook, devrait restituer l’accès gratuit, bien que temporaire, à WhatsApp aux entreprises rivales dans le développement d’assistants basés sur l’IA.
Elle l’a fait en confirmant que l’exclusion de ses concurrents de l’application de messagerie dans un premier temps, puis sa réouverture ultérieure mais en échange d’une redevance, constituaient un abus de position dominante. Ribera a accusé le géant des médias sociaux de profiter de la domination de WhatsApp pour bénéficier du développement et de la mise en œuvre de son propre outil d’IA, par rapport à celui de ses rivaux.