Le Conseil des ministres extraordinaire, réuni ce vendredi, approuvera un ensemble de mesures visant à atténuer les conséquences économiques et sociales dérivées du conflit en Iran, parmi lesquelles une réduction de 21% à 10% de la TVA sur les carburants et également une réduction de la taxe spéciale sur les hydrocarbures, dans le but d’arrêter la hausse des prix des carburants de ces dernières semaines, comme l’ont confirmé des sources gouvernementales.
Le gouvernement se concentre donc sur l’application de réductions de taxes sur les carburants pour atténuer avec effet immédiat l’impact de la hausse des prix sur les particuliers et les professionnels, et exclut ainsi l’application généralisée de réductions obligatoires (les fameux 20 centimes le litre) comme celles approuvées lors de la dernière crise énergétique après l’invasion militaire russe de l’Ukraine. Toutefois, des sources d’ERC assurent que l’Exécutif a accepté cette aide de 20 centimes uniquement pour les transporteurs et les producteurs agricoles.
L’exécutif inclura également des réductions d’impôts sur la facture d’électricité dans le plan de réponse global. Le Conseil des ministres extraordinaire donnera son feu vert à une réduction de la taxe spéciale sur l’électricité (actuellement au taux de 5,11%) et à une suspension temporaire de la taxe de 7% sur la production d’électricité pour réduire la facture d’électricité. Les compagnies d’électricité et la grande industrie réclament depuis longtemps la suppression définitive de cette taxe.
Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, à son arrivée au sommet du Conseil européen qui se tient ce jeudi à Bruxelles (Belgique). / FRÉDÉRIC GARRIDO-RAMIREZ
Bouclier social sans mesures de logement
Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, devait rendre compte des mesures approuvées et incluses dans un décret-loi royal, lors d’une comparution depuis le Palais de la Moncloa à partir de 11 heures du matin. Cependant, le projet des ministres de Sumar retarde le début du Conseil des ministres, dans le but de faire pression pour inscrire des mesures sur le logement et le contrôle des bénéfices des entreprises dans un décret-loi royal. Et le fait est que dans le paquet, comme l’a laissé entendre ces jours-ci l’aile socialiste de l’Exécutif, il n’était pas prévu d’inclure aucune mesure relative aux prix de l’immobilier, comme l’a insisté – et continue de faire pression – le secteur minoritaire de la coalition.
Au sein du volet bouclier social, on est plus réceptif à inclure des propositions du partenaire minoritaire comme l’interdiction des coupures d’approvisionnement des familles vulnérables ou l’élargissement du bonus social électrique et du bonus social thermique. En ce sens, des sources de l’ERC prévoient que les réductions du bonus social d’électricité seront élargies, avec des réductions de la facture qui passeront du 35% actuel à 42,5% pour les consommateurs vulnérables et de 50% à 57,5% pour les plus vulnérables.
En revanche, l’arrêté royal prévoira des déductions de l’impôt sur le revenu des personnes physiques pour les travaux visant à améliorer l’efficacité énergétique des logements ou pour l’acquisition de véhicules électriques « rechargeables ». Egalement des mesures pour simplifier et accélérer les procédures administratives pour les énergies renouvelables et pour favoriser le déploiement d’installations de stockage.
La nature « périmétrique » du plan de réponse à la guerre signifie que les réductions d’impôts se concentrent sur le carburant et l’électricité. Il n’est pas prévu pour l’instant d’étendre les réductions de TVA à l’alimentation – comme le réclamait également le Parti populaire -, en attendant de suivre l’évolution des prix, ni des primes. Après l’invasion russe de l’Ukraine, une réduction de 20 cents des prix de l’essence et du diesel a été appliquée, mais il est désormais reconnu que les résultats n’ont pas été ceux escomptés.

Le ministre des Droits sociaux, de la Consommation et de l’Agenda 2030, Pablo Bustinduy, / Diego Radamés – Europa Press
Dans le domaine économique, le gouvernement exclut également les mesures concernant les loyers. Dans ce cas, en raison de l’incompatibilité avec le PP et les partenaires parlementaires comme Junts. Sumar a fait pression pour inclure l’interdiction des expulsions sans alternatives de logement et l’extension des loyers. Du côté socialiste, ils sont ouverts à l’évaluation de mesures telles que le plafonnement des loyers, mais dans la perspective de futurs paquets de mesures si l’inflation s’accélère.
Le décret comportera ainsi un volet axé sur les réductions d’impôts et le bouclier social et un second sur les mesures structurelles. Cette dernière cherchera à activer les mécanismes de régulation et à promouvoir les énergies renouvelables pour faire progresser la souveraineté énergétique. L’intention est ainsi de donner un nouvel élan à l’électrification de l’économie nationale pour réduire la consommation et la dépendance aux combustibles fossiles (le pétrole et le gaz sont précisément ceux qui ont grimpé en flèche en raison de l’escalade de la guerre au Moyen-Orient). Un autre objectif est de continuer à promouvoir le déploiement des énergies renouvelables avec des changements réglementaires et des incitations.