» » » La maison des poupées de sexe réalistes restera ouverte à Paris

La maison des poupées de sexe réalistes restera ouverte à Paris

Le 1er février dernier, ouvrait à Paris 14e un lieu secret permettant à des clients de passer une heure avec des poupées de sexe réalistes pour 89 €. Aussitôt des associations féministes et des élus parisiens protestaient et demandaient la fermeture rapide de l’établissement.

 Ils affirmaient d’une part qu’il s’agissait d’un bordel, ce qui est illégal en France, et d’autre part qu’il banalisait l’exploitation des femmes ainsi que le viol. La motion visant Xdolls a été rejetée au Conseil de Paris. La maison de poupées de sexe réalistes restera donc ouverte.

Finalement, le premier bordel de poupées de sexe réalistes en France ne fermera pas ses portes. Le Conseil de Paris a rejeté la motion qui demandait la fermeture de l’établissement dont l’adresse est tenue secrète, pour le moment. Xdolls est officiellement enregistré comme un centre de jeux et n’a fait, pour l’instant, l’objet d’aucune plainte de la part des voisins ou des riverains. Xdolls n’affiche aucune enseigne et même le propriétaire qui loue cet appartement de 70 m2 n’est pas au courant de l’activité de la société.

Une enquête de police a été menée et des policiers sont venus visiter les lieux et ont conclu qu’aucune loi n’était enfreinte. “Ce n’est pas un cas de prostitution, ce ne sont pas de vraies femmes” a déclaré un officier de police cité par Le Parisien, “Ce n’est pas un problème de police mais de morale. »

C’est sur cette notion de morale que Nicolas Bonnet Oulaldj, Président du groupe communiste – Front de gauche au conseil de Paris, a voulu faire interdire Xdolls, affirmant que “Cet établissement, avec des poupées humanoïdes hyperréalistes, est la dernière invention à ramener les bordels dans le paysage”. Et il va plus loin dans ses accusations, décrivant le lieu comme “l’apogée de la déshumanisation de la relation entre les femmes et les hommes” n’hésitant pas à l’accuser de banaliser l’exploitation des femmes par les réseaux de prostitution et le crime connexe de la traite des êtes humains.

Enfin pour conclure ce nouvel épisode de la première maison de poupées de sexe réalistes à Paris, à la Préfecture de Paris on précise que « Le règlement de copropriété n’interdit pas ce type d’activité ». Du côté de la préfecture de Police, on reconnait qu'il y a une absence de fondement juridique, indiquant néanmoins que les services de police resteront vigilants pour éviter tout trouble à l'ordre public.

poupées de sexe réalistes

Les poupées de sexe sont de plus en plus réalistes

Les poupées de sexe réalistes ne sont que des mannequins inertes

Aujourd’hui, les poupées de sexe réalistes peuvent être “customisées” au bon vouloir des clients qui peuvent actuellement choisir l’apparence, avant de pouvoir décidé grâce à l’intelligence artificielle, quelle voix elle aura, mais également quel type de libido et pourquoi pas la ressemblance à des personnes réelles, stars ou anciennes copines.

La démocratisation des poupées réalistes a révélé une nouvelle forme de sexualité, appelée digisexualité. Les amoureux des poupées et des robots pouvant un peu plus facilement affirmer leurs choix.

En attendant le futur et les robots sexuels, Xdolls propose dans sa maison parisienne des poupées de sexe réalistes qui sont des mannequins immobiles et silencieux “répondant” aux noms de Kim, Lily, Sofia ou Candice. Elles attendent les clients dans des chambres privées avec éclairage d’ambiance. Des clients qui sont majoritairement des hommes de 30 à 50 ans, même si certains couples ont déjà fait la démarche de venir tester un trio du futur a expliqué Joaquim Lousquy, propriétaire de Xdolls. Pour cet ancien responsable d’une boutique de cigarettes électroniques les poupées sexuelles sont uniquement des jouets qu’il ne considère pas comme dégradants pour les femmes.

poupées de sexe réaliste

Pendant ce temps, Matt McMullen présentaire Solana, la soeur de Harmony, les premiers robots humanoïdes sexuels

Une poupée d'amour pour vous

Faites l'expérience des sexdolls

Les poupées de sexe réalistes au cœur des débats éthiques

Cette histoire met en lumière les questions soulevées par l’arrivée de plus en plus importante des poupées de sexe réalistes, première étape avant l’arrivée des robots sexuels type Harmony.

De nombreuses voix se sont levées dernièrement lors de la conférence “Love and Sex with Robots” à Londres. Certains participants n’hésitant pas à alerter du potentiel risque de voir notre société détruite par les rapports sexuels entre hommes et robots. Et ils n’hésitent pas à dire que les poupées de sexe réalistes tout comme les robots sont un fléau aussi grave que la pornographie ou la prostitution.

C’est d’ailleurs un de ces arguments qui a été utilisé par Lorraine Questiaux, avocate et porte parole du mouvement “Le Nid” qui expliquait “il ne s’agit pas d’un sex-shop mais d’un lieu qui génère de l’argent où l’on viole une femme.” Rappelant que 86 000 femmes sont violées en France chaque année.

De leur côté, les partisans des robots sexuels pensent à tous ceux qui sont éloignés, en situation de handicap ou incapables d’avoir des rapports concrets avec des femmes. Pour eux, ces robots sexuels sont les solutions parfaites pour combler le manque et la solitude. Et à ce titre, ils sont même persuadés que les robots pourront jouer un rôle important dans la société permettant à ces personnes de connaître un bonheur auquel ils n’ont pas accès aujourd’hui.

Après Barcelone, Dublin, Dortmund et d’autres villes en Europe, Paris a donc elle aussi son bordel de poupées de sexe réalistes et Xdolls restera donc ouvert. Pour le moment mais on sait que les opposants ne lâcheront pas aussi facilement leur combat. Aujourd'hui, le seul exemple connu de fermeture d'un établissement de poupée sexuelle est en Chine où la société Touch proposait des poupées sexuelles chinoises en location.

Sources

Le Parisien  -  Cnet - The Sun

Répondre