La Commission européenne a menacé ce lundi d’imposer des mesures contre le géant technologique Meta pour violation des règles antitrust en ne permettant pas à ses rivaux de déployer des assistants d’intelligence artificielle sur WhatsApp, l’application de messagerie instantanée dont il est propriétaire.
L’opinion préliminaire de Bruxelles est que l’entreprise dirigée par le magnat Mark Zuckerberg a violé les lois communautaires depuis que, le 15 octobre 2025, elle a annoncé une mise à jour de ses politiques interdisant l’utilisation d’assistants IA tiers dans son application. Cela signifie qu’à compter du 15 janvier 2026, le seul chatbot disponible pour les utilisateurs est le vôtre, Meta AI.
L’Exécutif de l’Union européenne considère que cette restriction empêche l’entrée de concurrents sur un marché, celui de l’IA générative, en croissance de plus en plus rapide. Leur enquête conclut à titre préliminaire que, de cette manière, « il est probable » que Meta « abuse de cette position dominante » pour s’attaquer à la libre concurrence. « Le comportement de Meta risque de créer des barrières à l’entrée et à l’expansion, et de marginaliser désespérément les petits concurrents sur le marché des assistants IA à usage général », indique-t-il.
La vice-présidente de la Commission européenne pour une transition propre, équitable et compétitive, Teresa Ribera, lors de la conférence de presse ce mercredi à Bruxelles /EFE
« Avantage injuste »
« Nous devons protéger une concurrence efficace dans ce domaine dynamique, ce qui signifie que nous ne pouvons pas permettre aux entreprises technologiques dominantes de profiter illégalement de leur position pour obtenir un avantage injuste », a déclaré Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de Transition propre, équitable et compétitive, dans un communiqué.
Pour éviter que cela ne se traduise par « des dommages graves et irréparables au marché » et par une consolidation monopolistique du pouvoir de Meta, la Commission a prévenu qu’elle étudiait la possibilité d’imposer des mesures correctives provisoires. L’entreprise peut faire appel de la décision ou déposer une réponse pour corriger sa trajectoire.