Les Love Dolls représentent plus de 2000 ventes par an au Japon à l’heure ou l’on annonce l’arrivée de Robots sexuels dans les 10 ans à venir. Pour la société Orient Industry, la plus vieille société de fabrication de « Love Dolls » il est important de lutter contre les préjugés et redonner une image positive à ses poupées. Mais pourquoi les Japonais aiment ils autant ces poupées ?

A l’occasion d’une exposition qui s’est tenue récemment à Tokyo, pour le 40e anniversaire de la société, Junpei Oguchi, porte parole d’Orient Industry a reconnu qu’ « il y a encore des préjugés face aux Love Dolls » mais les choses semblent changer. « Nous avons eu plus de 10 000 visiteurs dont une majorité de femmes. Des personnes de tous âges qui sont venus parce qu’ils savent que nos poupées sont très belles. »

Kishin Shinoyama, un photographe japonais de renom a d’ailleurs publié un livres de photos de ces Loves Dolls sous le titre  « LOVE DOLL×SHINOYAMA KISHIN » et salué par la critique. « Les poupées sexuelles photographiées par Kishin Shinoyama ressemblent à la réalité ce qui est très énervant. Elles sont comme des humains mais ne sont pas humains. Elles semblent vivantes mais ne le sont pas. Nous ne croyons pas nos yeux d’être ainsi déçus, et nous sommes à la fois séduits et effrayés. Le pire, les photos rendent réel quelque chose de faux et faux, quelque chose de réel. La vérité des photos n’a rien à voir avec la réalité. A travers l’objectif de Kishin Shinoyama nous partons pour unincroyable voyage, passant de l’horreur à l’enchantement, de l’érotisme à la répulsion, de la vie à la non-vie, nous sommes sur des montagnes russes, traversant l’espace, ce qui est au-delà du domaine de la raison. »

Un très bel hommage rendu à ces poupées qui s’arrachent au Japon.

Love Dolls,  elles compensent la solitude

Plus de 2 000 Love Dolls sont vendues chaque année aux pays du soleil levant. Pour Junpei Oguchi, beaucoup d’acheteurs recherche autant une forme de réconfort que de satisfaction physique. « Les Japonais vivent souvent très vieux et beaucoup d’hommes perdent leur femme quand ils sont vieux. Des hommes de 70 ou 80 ans qui sont veufs se sentent seuls, ils n’ont plus d’amis. Ces hommes pourraient acheter une de nos poupées pour se sentir mieux. J’ai souvent entendu dire cela. »

Mais il n’y pas que l’âge et la solitude des Japonais pour expliquer cet engouement pour les Love Dolls, une étude publiée en Février par Le planning familiale japonais montre que l’absence de sexualité dans les couples mariés au Japon est en progression avec plus de la moitié des couples reconnaissant ne pas avoir eu de rapports sexuels au cours du mois passé. Pour 35,2 % des hommes interrogés le surmenage au travail est une des raisons majeures de leur indifférence vis à vis du sexe . Pour 22,3 % des femmes, faire l’amour est une « punition ».

Love DollsDès lors, on comprend peut être mieux, à la fois, le désir d’Orient Industry de réhabilité ses Loves Dolls et de l’intérêt des Japonais pour ces « nouvelles compagnes ».

Les prix varient entre 2 000 € et 5 500 € suivant que l’on choisisse le modèle de base ou une poupée plus complexe avec tête et appareil génital amovibles. « Quand nous avons commencé, il y a 40 ans, les visages étaient comme ceux des mannequins pour vitrines » se souvient Junpei Oguchi, « Depuis 2001 nous utilisons du silicone pour faire nos poupées. Avec cette matière, en moulant les visages et avec des techniques de maquillage, nous arrivons à un résultat beaucoup plus réaliste qu’aux débuts. »

Des critiques sévères

Mais Orient Industry doit aussi faire face à de nombreuses critiques et pas des moindres. Elle fabrique en effet des poupées qui ressemblent à des enfants. Ces poupées mesurent jusqu’à 1m 36 et sur le site de la société apparaissent en tenus d’écolières. Le « lolicom » (Le complexe de lolita très fréquent au Japon) poussé un peu à l’extrême.

« Dans toute société, il y a des abus sur des enfants et le Japon ne fait pas exception » se défend Junpei Oguchi, « Certaines personnes sont attirées sexuellement par les enfants. Certains d’entre eux achètent nos produits. C’est une manière pour eux d’éviter de passer à l’acte. D’une certaine manière c’est dissuasif. »

Une manière de penser toute japonaise qui ne supporterait probablement pas le moindre débat dans nos contrées.

Pourquoi fabriquer des “love dolls » qui si elles sont articulées, ne sont pas destinées à être animées, à devenir des robots sexuels. Oguchi apporte vitre une réponse « Nous ne fabriquons pas de robots. Notre but est de faire des poupées toujours meilleures. J’ai entendu qu’aux Pays Bas, ils intègrent de l’intelligence artificielle qui portent le prix des poupées à près de 40 000 €. Ce que des personnes ordinaires ne peuvent pas s’offrir. »

Orient Industry a été créée en 1977 par un ancien patron de sex-shop qui constattait que beaucoup de ses clients venaient se plaindre de la mauvaise qualité des poupées gonflables. Hideo Tsuchiya a vendu son sex-shop et investit tout capital dans Orient Industry avec l’objectif de faire des produits plus durables. La société compte aujourd’hui 26 salariés comprenant des maquilleurs, des sculpteurs de visages, beaucoup d’entre eux étant diplômés d’école d’art.

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