L’Odyssée, entre respect révérencieux et libre transformation

Le récent ‘Minions & Monsters’ raconte que, depuis la création du monde, les Minions se sont consacrés à obéir aux personnages les plus impitoyables et les plus cruels. Entre autres, ces sympathiques êtres jaunes qui parlent une sorte de néo-indo-européen mêlant italien, roumain, espagnol, allemand et français, auraient servi Polyphème lui-même, le cyclope fils de Poséidon qu’Ulysse (Ulysse dans sa version latine) a déjoué pour s’échapper de sa grotte, après que le géant eut dévoré plusieurs de ses hommes. Au-delà de générer le soupçon inconfortable que les Minions auraient pu également collaborer avec le Troisième Reich, l’anecdote met en évidence comment les poèmes homériques, et en particulier « l’Odyssée », continuent d’être des récits actuels dans la société d’aujourd’hui, même si des milliers d’années se sont écoulées depuis leur composition.