Le marché du livecam représente plus de 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Les cameuses, camgirls deviennent les nouvelles stars de l’industrie adulte, remplaçant peu à peu les stars du porno. Avec un modèle économique qui ressemble à de l’Ubérisation avant l’heure.

Pour comprendre l’industrie du LiveCam, sexhightech a décidé de faire appel à une spécialiste, en la personne de Louise Lang fondatrice sur site spécialisé planètelive, pour décrypter cette industrie aussi rentable que mystérieuse et qui attire des centaines de millions de personnes dans le monde. Explications.

Quand Jennifer Ringley a branché sa webcam, en partageant sa vie quotidienne sur internet 24/7, on était loin de penser qu’elle venait de lancer un vrai modèle économique. L’Ubérisation du travail avant l’Uber.

Aujourd’hui, des dizaines de milliers des femmes et d’hommes proposent et partagent leur quotidien via diverses plateformes de LiveCam, en espérant gagner les milliers d’euros promis par les alléchantes annonces postées par les services de marketing des sites de streaming en ligne.

Pour l’industrie de l’adulte, le LiveCam, représente un chiffre d’affaires de 2 MDS € en 2016, dont, 400 millions générés par le seul géant LiveJasmin  établi au Luxembourg et leader mondial du LiveCam.

camgirl

Jenni Riley la première camgirl. (le site n’existe plus aujourd’hui)

Pourquoi « un modèle économique » pour le LiveCam ?

C’est très simple.
Pour devenir « camgirl » ou « camboy », il faut être majeur, avoir une connexion internet, une webcam, un PC ou un bon smartphone. Eh oui, le « Mobile » à la cote.

On travaille de la maison, à son rythme, sans contraintes d’emploi du temps, sans contrat de travail, sur la base de prestations de services.
Le payement en pourcentage est fonction de la consommation du client des minutes « privées », des « pourboires »,  divers « tips » et autres « cadeaux » reçus ou encore des contenus photo et vidéo.

Les plateformes mettent a disposition la « chambre/room » virtuelle dotée d’un serveur puissant et d’une bande passante qui assure un service de streaming de qualité, mais aussi un service de support ainsi que le « trafic » nécessaire. Toutes ces prestations ont un coût, c’est pourquoi les contrats d’utilisation de la plateforme précisent le pourcentage qui sera retenu. Il varie de 40% à 70% en fonction de plusieurs paramètres et de la plateforme.

LiveCam, un système d'Ubérisation

LiveCam, un système d'Ubérisation avant l'heure et des règles assez floues

Aucun lien de subordination de travail n’existe entre les « cameuses » et les plateformes.
Ce qui laisses une bonne marge de profit aux sites de streaming, car il n’existe pas de charges ou taxes sur le travail et les heures passées en ligne.

Il serait difficile d’établir une base de taxation, car, les « cameuses » viennent de pays différents, avec des lois différentes en matière de droit social et de droit du travail. De plus, la plupart des plateformes utilisent des artifices d’optimisation fiscale, certaines sont établies dans des paradis fiscaux.

Il est difficile aussi de savoir qui sont les vrais patrons. Rares sont ceux qui se montrent, car en dehors du business de la « cam », ils sont souvent impliqués dans d’autres affaires plus « orthodoxes » et utilisent le profit de la « cam » pour le réinvestir, en particulier dans les FinTech.

Les payements des cameuses sont faits par transferts bancaires ou via des cartes prépayées, ce qui donne l’impression d’un certain anonymat pour les « camgirls », qui peuvent ainsi ne pas déclarer leur activité aux services fiscaux.

Le manque de régulation du métier de « camgirl » dans plusieurs pays, dont la France, n’aide pas. Les plateformes, dans les contrats entre les « cameuses » et elles, spécifient l’obligation qui leur est faite de déclarer leurs revenus aux services fiscaux de leur pays, ainsi le NON lien de subordination du travail.

Et c’est là qu’on voit arriver le modèle économique d’Uberisation… Pas de frais d’emplois, ce qui procure une marge convenable de profit aux plateformes et laisse les cameuses sans assurance ni couverture sociale.

Si il y a 15 ans, il y avait très peu de plateformes, Ifriends, CamContacts, ImLive, Streamate puis LiveJasmin, aujourd’hui, la concurrence est rude !

Quelle plateforme de LiveCam choisir ?

live cam

LiveJasmin, le leader mondial installé au Luxembourg

Si au début toutes les plateformes avait l’option de « Premium » depuis quelques années, on assiste au développement des site « freemium » comme MyFreeCams, Chaturbate, Stripchat, Bongacams, PantiBay, FreeWebCams et, pour la France, Cam4, qui en offrant les « shows gratuits », basés sur des pourboires et avec option de « privé » a trouvé son public.
Ces plateformes ont été parmi les premières à intégrer les « sextoys » connectés, ce qui a donné au client la sensation d’interaction et d’un certain contrôle. Le succès de cette formule a eu pour conséquence d’obliger les plateformes « premium », plus traditionnelles à leur emboiter le pas.

Chaque plateforme a cependant ses spécificités. Un style, des outils (vrais tunnels d’achat), du contenu multimédia, photos et vidéos, et des « cameuses » des quatre coins du monde. Belles, jeunes, matures, domina, couples, gay, etc. de tout pour tous les goûts.

Les sites « premium » et les sites européens restent leaders du marché, car sans doute, la qualité de la technologie et du contenu est parvenue à fidéliser ses visiteurs.

Du coté français et francophone, on dénombre aujourd’hui six plateformes :
⁃ Désir-Cam, établie en Espagne et avec une équipe à Toulouse en France ;
⁃ CamCokine, qui propose des sessions skype, dites  » payement-per-minute » ;
⁃ Eurolive, appartenant au réseau Carpe Diem du groupe Rentabiliweb, avec des bureaux en Belgique à Bruxelles ;
⁃ Xcams, (anciennement Enjoy) appartenant à la DNX Corp., entreprise cotée en bourse et basée en Suisse, dont une parte des équipes techniques se trouve a Budapest ;
⁃ XloveCams, plateforme appartenant à ACW Connecting et établie aux Antilles Néerlandaises, sur l’Ile de Curaçao, ayant des équipes à Curaçao, Bucarest, (Roumanie) pour le support technique et le développement, et à Marseille pour le développement et le management ;
⁃ et enfin le nouveau UfancyMe, établie au Luxembourg et avec des prestataires de services en France (développement) et au Canada (recrutement).

Chaque plateforme francophone est différente, avec des outils et fonctionnalités diverses et un reversement différent.

Si parmi les plus anciennes, Xcams, a été la première a intégrer une boutique en ligne, elle a été suivie par Désir-Cams grâce au rachat de JolieFanny. La dernière plateforme à intégrer un boutique est UfancyMe.

camgirls stars du net

Les camgirls sont les nouvelles stars du divertissement adulte sur le net

Il y a eu aussi, le plus connu site francophone et peut être le plus ancien, Francolive, site canadien qui a fermé ses portes cette année, en oubliant de payer ses « camgirls », salariés et webmasters. Aujourd’hui, le nom de domaine Francolive, est lié à Chaturbate en affiliation. Les détails de la transactions restent assez flous et on ne parvient pas à savoir exactement si un rachat a eu lieu.

Le marché francophone du LiveCam a son public et se retrouve en troisième position de « consommation » ce qui fait de la « francophonie » le marché convoité.
Car plusieurs plateformes ont réussi à y percer : Stripchat, par exemple, talonné par Bongacams.

Les Camgirls françaises ne sont pas en grand nombre, vis à vis de pays comme la Colombie, la Roumanie, l’Ukraine ou la Russie, mais certaines ont réussi à se faire une belle place et sont devenues de vraies professionnelles par les sommes gagnées et par le développement de leurs sites personnels. Certaines d’entre elles ont fait les titres des magazines spécialisés, ont été les vedettes de reportages télévisés ou ont fait la couverture de magazines célèbres dans le monde de l’adulte.

Certaines d’entre elles, enfin, utilisent les plateformes développées par Skyprivate ou AdultCentro (ModelCentro et SnapCentro), et n’ont pas hésité à construire leur site personnel en intégrant la solution de streaming et en contrôlant toute la chaine de vente de contenu photo et vidéo.
C’est probablement ce qui les démarque vis à vis de Roumaines ou Colombiennes, qui sont essentiellement des cameuses studio.

Quel futur pour l’industrie du LiveCam ?

Un marketing plus « personnel », un développement de « Brand Modèle », une vente « directe » où la cameuse contrôle la chaine. En fait comme au début de JenniCam mais avec beaucoup d’argent en jeu et des investissements.
Car les « cameuses » d’aujourd’hui savent se promouvoir via les Réseaux Sociaux, utilisent les sites comme SocialPorn, Patreon, Onlyfans et IndieBill, vendent leurs « dialogues » grâce aux nouveaux développements des solutions « SMS » et d’échange de messages en utilisant les solutions de Messenger crées par NewMediaServices, ou intégrant les solutions de Virtual Reality avec des caméras de haute précision, comme celles de Terpon ou Kiroo. Elles vendent  aussi leurs contenus multimédia, leurs vêtements ou tous autres produits intimes sur leur site personnel et bien sur valorisent leur notoriété acquise en gagnant des prix, trophées et Awards sans passer par les plateformes traditionnelles.

Louise Lang – Planète Live

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